Le producteur allemand Christian Löffler, auteur d’une techno immaculée, s’hybridant aux énergies de l’electronica, revient avec un second LP dans lequel il s’évertue à capter toutes les nuances du spleen, qu’il subjugue dans un écrin de pureté et de minimalisme. L’essentiel, rien que l’essentiel.

Co fondateur du label Ki Records, sur lequel il explore toutes les délicates nuances de la dance music, Christian Löffler est aussi l’auteur d’une œuvre électronique délicate et rêveuse. Après un premier long format en 2012 baptisé « A Forest », acclamé par la critique et le public, ainsi qu’une poignée d’EPs chez divers labels comme 20 : 20 Vision ou Just This, il est de retour au sein de sa propre écurie avec « Mare », enregistré en solitaire dans une cabane transformée en home studio, au fin fond de la nature, non loin de la mer Baltique. Une expérience qui le pousse à s’accaparer les bruits environnants, ceux qu’il provoque ou qui retentissent naturellement autour de lui. Cet aspect organique a complètement pénétré sa musique, jusqu’à transformer çà et là sa techno minimale en une electronica en clair-obscur.
Si l’on croise Mohna, chanteuse du groupe hambourgeois Me Succeeds, sur pas moins de quatre morceaux, le producteur sublime surtout sa voix avec des titres comme « Wilderness » et « Vind », avec leur magnétisme volubile se lovant au creux de nos oreilles. La sophistication des compositions peut également faire place à de puissants élans symphoniques, comme en témoigne l’entêtant « Krone 1 » qui n’est pas sans rappeler le premier album de Superpoze.
Les amateurs de techno minimale étancheront leur soif sur des titres comme le très pop « Lid 1 » ou le plus radical « Silk ». Löffler termine son album sur une note élégiaque avec les claviers atmosphériques du titre « The Great White Open 1 », une osmose entre l’ambient et l’electronica frappant l’esprit d’une éclaircie salvatrice. En 17 titres, l’artiste brasse les ambiances et les styles de son choix dans une même esthétique, mêlant synthétique et organique au sein de ses machines affûtées avec lyrisme.
Au final, que dire de ce nouvel album si ce n’est qu’il est composé avec le talent d’un poète, ce que Löffler a probablement été dans une autre vie. À ceux qui cherchent un peu de poésie sur le dancefloor, préférant rêver au lieu de « raver », ce disque est fait pour vous, de même, la discographie de cet artiste ne doit plus vous être inconnue. Aux autres, pour qui ce nom est déjà synonyme d’euphorie auditive, vous ne tomberez pas des nues, mais serez probablement très rapidement amoureux de cette nouvelle œuvre, à écouter avec une excellente sono ou un casque, afin d’entendre les plus infimes grains sonores implantés sur chaque mélodie.

« Mare » de Christian Löffler est disponible depuis le 7 octobre 2016 chez Ki Records.
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