Première signature du tout jeune label parisien Pont Neuf Records (anciennement Sprëe Factory), le duo ALVA rassemble quatre pistes sans réel fil conducteur, si ce n’est cette touche 80’s revue selon les standards de notre époque. En résulte « Mental Scapes », un premier EP moderne et saisissant.

Étudiants en architecture à Paris, Raphaël et Alexandre se sont très vite liés d’amitié et tentent aujourd’hui de se faire un nom au sein du deejaying hexagonal. Début 2012, ils débarquent sur le roster de Sprëe Factory et entament une tournée dans les clubs de la capitale, armés de leurs vinyles favoris. Des remixes de « 100% Pure Love » de Crystal Waters et « Keep Pushin » de Inaya Day les font connaître au sein de la nuit parisienne. Ils nous livreront ensuite « »Disco Inferno » sur la compilation « PNC001- Habemus Paname », qui signe le lancement de Pont Neuf Records. Et nous voilà aujourd’hui en 2016, avec leur premier EP dans les oreilles.
Au fil de l’écoute, nous pénétrons dans une production classieuse, qui s’amourache des sonorités club de la fin des 80’s et du début des 90’s. « Downtown » ouvre le bal sur une house teintée de funk, qui sample un extrait de « Let No Man Put Asunder » du trio First Choice. « The Shore » continue d’enlacer nos corps et nos esprits, avec une plage sonore en lévitation qui intègre avec panache des samples vocaux très soul. Faisant preuve d’une réelle dextérité, ALVA transforme les débuts de la house en deep-house résolument moderne. Puis, nous quittons les énergies de Chicago et faisons un bond géographique avec « Lighthouse », qui s’entiche des sonorités old school du berceau de la techno. Conjuguant les beats 90’s de Juan Atkins avec la prose et la frénésie moderne, ALVA nous emporte sur un dancefloor sans fin. « Playground » termine l’écoute sur une note un peu plus downtempo, qui distille des nappes de synthés cristallines et enivrantes à souhait.
En bref, voilà un voyage dans les années 80-90 des plus enthousiasmants. Les créations d’alors continuent d’allumer les dancefloors et les esprits, qui tentent de reproduire avec leur propre vocabulaire ce qu’ils en retiennent. Et les adeptes de la French touch y reconnaîtront tout de suite l’influence d’artistes comme Laurent Garnier. Néanmoins, si les grandes lignes de cette époque bénie, pour les aficionados de la house et de la techno, sont complètement digérées et respectées, nous décelons encore un certain manque de cohérence chez ALVA. En effet, « Mental Scapes » se termine sur un titre assez léger, en comparaison de l’épopée cybernétique que nous vivons à l’écoute des trois autres morceaux. Et si certains reprocheront un manque d’originalité, ce n’est pas obligatoirement un défaut lors d’un premier EP ; loin de là. Nos deux jeux artistes nous communiquent leur goût d’une musique qui a vécu et qui continue d’agrandir ses perspectives, avec un véritable rafraîchissement sous leurs platines expertes. Raphaël et Alexandre savent d’où ils viennent, maîtrisent impeccablement les bases et peuvent maintenant entamer leur évolution vers d’autres horizons. Ce que symbolise, au bout du compte, cette belle découverte, c’est que l’histoire de la musique n’est pas est une suite de modernisations, un progrès continu, mais bel et bien une pluralité toujours croissante. Alea Jacta Est ALVA !

« Mental Scapes » d’ALVA est disponible depuis le 8 avril 2016 chez Pont Neuf Records.