[Live] Bigott au Badaboum

Déjà 15 ans, sept albums et une belle histoire d’amour avec la musique et… Carla (bassiste du groupe) pour l’Espagnol Bigott qui se décide enfin, depuis une poignée vigoureuse de mois et de doigts, à venir affirmer sa voix et sa guitare jukebox à Paris.

Bigott © Nicolas Nithart
Bigott © Nicolas Nithart

Grand voyageur dans l’âme et dans tous les sens du terme, celui qui a un coefficient de déconnade inversement proportionnel à celui du sérieux de sa musique a été très inspiré le jour où il a consenti à se laisser convaincre de venir agiter ses mélodies planantes et revival dans les arènes musicales françaises.
En ce jeudi 28 mai, Bigott n’aurait pas pu choisir plus bel endroit que le très cosy et accueillant Badaboum de Paris pour nous faire entrer, à bras grands ouverts, dans son auberge espagnole où cohabitent les meilleures mélodies 60’s, 70’s, pop, indie, à la sauce saragosse.

Avec une bonne dose d’humour et de nonchalance, accompagné sur scène de sa muse à la basse, d’un batteur métronome et d’un guitariste-claviériste aussi agité qu’agile, le troubadour hirsute va enchaîner une petite vingtaine de chansons, au format souvent court, certes, mais au contenu inspiré, précis et sans fioritures. Car Bigott a beaucoup de choses à dire – et à rire – et chacun de ses titres est un concentré d’efficacité – souvent déluré mais jamais dilué.
Le bonhomme ne s’embarrasse pas d’artefacts et, tel un torero qui mesure et économise le moindre de ses gestes, Bigott joue l’efficacité en 200 secondes avec des chansons qui nous emmènent à 200 km/h… ou 200 m/h, selon l’inspiration.

Toutes en anglais (« parce que, comme ça, il ne pense pas à ce qu’il chante », nous aura soufflé – off the record – sa Carla amusée), des sons défilent devant nos yeux, des images se déroulent dans nos oreilles, une sorte de déstabilisation spatio-temporelle nous perturbe et nous enchante tout au long de ce concert concis mais totalement circonscrit.
Car il maîtrise à fond ce qu’il interprète, sans aucune mise à mort mais en misant sur l’amour. L’amour de ces partitions devenues des standards depuis les années 60/70, évoquant pêle-mêle les Beatles, Bob Dylan, Neil Young. Puis les années 80/90 avec Jeff Lynne (Electric Light Orchestra), les Traveling Willburys… Jusqu’à (nous) sonner parfois comme des contemporains tels Belle and Sebastian, Giant Sand, Ghinzu (sur « Cannibal »), Pavement ou Yo La Tengo (titre d’une de ses chansons à invocation noisy).

Bigott reste cool tout le long – et sans alcool, s’amuse-t-il à le répéter, ce qui pour lui représente un geste « ecological » – et nous sert la fraîcheur et la richesse de sa playlist dont la sélection – en dehors des titres phares du superbe nouvel album « Pavement Tree » – lui aura peut-être causé quelques tracas, à entendre le public le suppliant de couvrir également certaines autres chansons.

Mais la seule quête de Bigott après l’amour est la liberté. « I wanna stay free », se plaît-il à répéter. Il a bien raison ; et nous, on l’a compris.

Retrouvez Bigott en concert samedi 30 mai au Ferrailleur à Nantes à 16h00 dans le cadre du warm-up du Festival Indigènes.


Setlist de Bigott au Badaboum jeudi 28 mai 2015 :

She Is My Man
Echo Valium
First Local Recording
Gipsy Loop
God Is Gay
Dead Mum Walking
Yo La Tengo
Baby Lemonade
We Make Sense
Have You Ever
Cool Single
Paper Kane
Pavement Tree
Play
We’ll Dance
Cannibal Dinner
Jeremy
It’s OK


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Nicolas Nithart

grand voyageur au cœur de la musique depuis plus de 20 ans