Qu’attendre aujourd’hui de Placebo ? Raillé en Angleterre, complètement ignoré aux USA, le groupe semble faire son beurre sur le reste de l’Europe.
Étonnant pour un groupe dont l’ambition était de » devenir les nouveaux U2 « .

Suite aux impeccables succès artistiques qu’étaient les 3 premiers albums (trilogie géniale qui n’a pas pris une ride, véritable photographie glam de son époque), une mutation plus mainstream s’est produite, au détriment de la qualité de la musique.
Las, les albums de Placebo se sont succédés dans une médiocrité loin de leur fulgurance initiale, dans un interminable déclin. Prisonnier de sa propre conception du star-system, le groupe ne semblait jamais pouvoir trouver la clé de ses ambitions démesurées, se permettant même pour ça toutes les concessions artistiques les plus désastreuses, en témoigne la production putassière de leur dernier disque, le bouffi « Battle for the Sun ».
C’est donc plus par nostalgie d’une époque révolue qu’on jette une oreille distraite sur cet EP venu de nulle part.
Et là, surprise, le tout n’est pas si mal que ça, porté notamment par un single efficace, aperçu lors de leur dernier concert parisien à Rock en Seine.
B3 est engageant, débarrassé de ce besoin de trop-plein qui avait fini par rendre leur œuvre agaçante.
Décidément Placebo est plus intéressant quand il se lâche sans faire de manière comme sur le nerveux « I Know you want to stop » ou un « K.W.Y.L » aux accents d’Interpol, que sur la ballade électro un peu ennuyeuse (devenue une de leurs marques de fabrique) « The Extra ».

Bonne surprise aussi que ce cinquième et dernier morceau, « Time is Money », proposant une ballade, cette fois-ci organique, hypnotique de 7 minutes qui montre que Placebo en a encore sous la semelle.
Pas suffisant pour s’attendre à un futur doré, mais convenable pour subrepticement raviver quelques glorieux souvenirs du temps passé.