The Aerial – Interview

Il y a quelques jours, j’avais rendez-vous avec le groupe The Aerial avant leur premier concert sur Paris. Autour d’une bière dans un bar à deux pas du Nouveau Casino, je découvre un groupe ouvert à la discussion qui se prend au jeu de l’interview. The Aerial nous apporte un son frais et celui-ci fait du bien au paysage pop français. Un petit bout du son anglais vient de se déposer sur notre hexagone.  Ils seront à la rentrée en concert sur Paris avec un set acoustique et croyez-moi ça vaut le détour !

  • Bonjour les gars ! j’ai entendu dire que c’était votre première date parisienne, comment cela se fait-il vu le nombre de dates que vous avez au compteur ?

Nicolas : Le groupe a un an et on a décidé de travailler les morceaux avant de venir sur Paris car c’était une étape importante pour nous. On a attendu d’avoir un set qui tienne la route, d’avoir un petit paquet de chansons. On voulait être content de ce qu’on fait même si on n’est jamais satisfait.

  • Votre rencontre est assez atypique, un chanteur anglais et trois musiciens français. Comment s’est déroulée la rencontre et l’échange entre les deux cultures ?

Aleksi : Je ne sais pas s’il y a vraiment eu un échange de culture. Joe était mon prof’ d’anglais à la fac. On cherchait un chanteur et il m’a répondu en me disant qu’il avait déjà eu un groupe à Liverpool et qu’il en cherchait un ici. Le courant est très vite passé. On lui a passé des maquettes et il a mis sa voix dessus. Après je ne sais pas s’il y a eu un mélange des cultures. On était juste dans la même vague.

  • Joe, tu es juste venu à Nancy pour donner des cours ?

Joe : Oui, donner des cours d’anglais à la fac. C’est la deuxième année que je fais ça. C’était un coup de bol qu’Aleksi cherche un chanteur. Pour l’échange, moi je dois accepter le côté immature des français, leur saleté, leurs conneries et leur mauvais goût. Et eux, ils doivent accepter mon côté anglais. J’aime la bière (Rires). En venant en France, j’ai découvert une nouvelle façon de travailler la musique. En Angleterre, on joue souvent dans des bars sans régler nos sons. En France il y a beaucoup plus un travail en amont.

  • Contrairement à d’autres groupes, vous ne restez pas dans un seul style. Ça a toujours était un choix ou alors c’est venu naturellement ?

Joe : C’est une évolution naturelle. Au début, on se disait qu’on allait faire de la pop. Mais qu’est-ce que la pop ? Je parlais avec une fille la semaine dernière de ma musique en disant que c’était de la pop. Et elle me demandait ce que c’était la pop. Et c’est dur de définir réellement la pop. Est-ce que c’est Anglais ? Je ne sais pas. Sur Wikipédia, la pop est décrite comme musique anglaise parlant souvent d’amour. Mais finalement, on écoute un peu de tout. On est ouvert donc on n’a pas peur de mettre des influences hip-hop. Il n’y a pas de règles.

  • Il y a quelques jours vous étiez au M6 Music Live devant 25 000 personnes environ. Comment vous l’avez vécu ?

Nicolas : C’était assez spécial pour nous car c’est un tremplin. On n’est pas vraiment fan de ce genre de choses mais on l’a fait quand même. On a eu le malheur d’être sélectionnés (Rires). On s’est alors retrouvés là-bas à jouer avec Christophe Maé, Colonel Reyel, etc. C’était comme être dans un autre monde. Sur le plateau, les régisseurs, c’étaient ceux de Taratata. Je pourrais dire une fois dans ma vie que j’ai travaillé avec les ingénieurs sons de Taratata ! Le public était dingue.

  • The Aerial est dans la logique de gratuité de sa musique. C’est quelque chose que vous voulez pousser jusqu’à l’extrême ?

Nicolas : Ce qui est important pour nous, c’est que la musique soit gratuite. On n’a jamais acheté de CD. Si aujourd’hui on a la chance d’avoir des influences c’est grâce à Napster. On n’a pas la prétention de dire que notre musique se paye donc on donne. Mais par contre, si les gens veulent donner de l’argent en retour, ils le peuvent. Le plus important, c’est que notre public ait notre musique. Si un jour on a un label, on devra faire des concessions de ce point de vue-là. Mais on essayera toujours de lâcher des titres gratuits.

  • Petite parenthèse instrumentale : Aleksi, j’ai vu que tu utilisais des cymbales électroniques. C’est quelque chose de très singulier, comment es-tu arrivé à ce procédé ?

Aleksi : C’est pour faire chier les gens ! (Rires). Je ne sais pas trop d’où ça vient. D’expérience, quand tu joues dans des petits clubs, la batterie n’est jamais sonorisée donc ça devient très vite dégueulasse surtout quand tu tapes fort. Un jour j’ai décidé de passer à quelque chose d’électronique et c’est venu comme ça.

  • Tu as aussi deux kits : un classique et un multi-pads au même niveau que les autres. Pourquoi ce choix ?

Aleksi : J’ai envie de dire que j’existe aussi. Il y a souvent un leader dans un groupe comme le chanteur. Mais chez nous, on est tous à égalité.

  • Vous enregistrez des sessions le plus souvent possible. Vous faites une différence entre le live et le studio ?

Antoine : C’est différent dans les arrangements. Vu qu’on écoute beaucoup de pop sophistiquée, sur CD on essaye de mettre pas mal de couches de sons. Mais en live, il faut que ça reste très brut. C’est Joe qui l’a souvent souligné.

  • Premier concert sur Paris, premier contact avec ce public. Impatient ?

Aleksi : On vient de se faire un super pote là, c’est cool ! (moi en l’occurrence) On est surtout impatients de jouer. On a la pêche !

  • On vous met souvent dans la catégorie électro-pop, c’est quelque chose qui vous convient ?

Nicolas : Ça nous dérange pas après ce qu’on aime nous, c’est la démarche pop. C’est ce qu’on recherche en premier. Notre son est aussi électro, donc c’est logique que l’on nous mette dans cette catégorie.

Merci à eux !

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