[Interview] The Yokel

The Yokel, c’est ce qu’il faut de poésie et de fraicheur pour jouir d’une bonne journée. La petite dose de sérénité et d’enthousiasme alliée à un peu de chaleur pour te dire que la vie vaut le coup d’être vécue. The Yokel, c’est deux jeunes adultes, Tibo et Lulu, qui en toute simplicité livrent un peu de leur histoire à travers leur musique, leurs projets et leurs concerts.

  • Salut Tibo et Lulu. Un yokel, si j’ai bien compris, c’est le paysan, celui qui n’a jamais reçu d’éducation et surtout qui s’en fout pas mal de son apparence. Comment vous est venue l’idée de ce chouette nom ?

Salut Fred ! Oui ! Yokel, c’est l’esprit péquenaud dans son excellence. La terre, la nature, la simplicité, l’alcool et d’autres choses qui font passer le temps. Pas forcement sans éducation, mais qui préfère avoir une vision erronée de la vie, plus naïve, mais toujours avec une part de curiosité, à l’encontre de tous les courants actuels. On voulait un nom simple, court, qui corresponde à notre musique et à notre état d’esprit.

  • Votre projet The Yokel existe depuis combien de temps ? C’est parti de quoi, de quelle envie commune ?

The Yokel existe depuis un an environ, mais c’est aussi le résultat de quatre années d’expérimentation, de travail , de tri et de questionnements musicaux. Une rencontre à un concert dans un bar, quelques verres dans le gosier ; on s’est découvert des univers communs, le projet était lancé.

  • Vous n’avez révélé pour l’instant qu’un seul titre « You roll and kick your bucket Billy » (à ceux et celles qui ne vous ont pas encore vu en concert, j’entends bien). Vous me présentez la chanson, l’histoire que vous racontez dedans ?

Billy, c’est le type lambda, le mec qui veut être tranquille, découvrir le monde, mais partout où il pose les pieds il se sent rattrapé et agressé par la nature humaine et sa haine (Vincent Cassel) qu’il tente en vain de fuir. Il faut lui faudra faire face à sa catharsis avant de fuir. C’est un texte inspiré d’une nouvelle de Dino Buzzati.

  • Ce projet, ça semble avant tout un projet folk, avec des racines très country et blues par moments. Avant de lancer The Yokel, aviez-vous d’autres projets liés à la musique ?

Tibo: Je suis dans un groupe de métal hardcore depuis 2006 qui s’appelle TESS, à côté de ça j’ai fait quelques dates en acoustique par le passé avec des potes pour triper, mais rien de sérieux dans le domaine de l’acoustique.
Lulu: Je travaillais dans mon coin pour le plaisiiir (Herbert Leonard) de la musique. Je n’avais pas de projet sérieux avant ma rencontre avec Tibo, quelques essais… ratés.

  • Quand vous aviez 15 ans, vous écoutiez quoi en boucle dans votre baladeur ou à la radio ? Qu’est-ce qui à cette époque peut avoir influencé ce que vous faites maintenant ?

Tibo : Quand j’avais 15 ans, j’écoutais Blink, Ricou Clapton(l’Unplugged ), NTM et Ray Charles.
Lulu : Moi, c’était plus de Craig Armstrong à Missy Elliott, large quoi.

  • J’imagine que votre philosophie de vie colle assez à cette idée de Yokel, de personnes qui ne se prennent pas la tête avec les artifices et qui veulent juste vivre leur vie tranquillement ? The Yokel, c’est un peu la philosophie du bonheur non ?

On part du principe que l’expression « imbécile heureux » n’existe pas pour rien , se contenter de choses simples permet de vivre mieux. On voit le projet de cette manière.
Peut-être pour se rassurer… parce que nous, de manière générale, on est vraiment au bois.

  • On va aborder un peu l’album ? Où ça en est dans le processus d’enregistrement ?

Actuellement quatre chansons sont déjà enregistrées, elles figureront dans un EP (enregistré cher Cadillac Prod, merci à Guillaume Thillot) qui sortira si tout va bien à la rentrée.
Pour l’album, nous sommes en pleine composition et on part enregistrer à Nice dans quelques jours avec Charles Massabo au studio Kallaghan. On a super hâte de sortir ce CD qui a été en partie financé grâce aux dons sur Ulule (merci énormément pour le soutien).

  • D’ailleurs, comment ça se passe entre vous quand vous abordez la composition et l’écriture de vos titres ?

Au départ, nous travaillons chacun dans notre coin , Tibo bosse les riffs et moi, Lulu, les mélodies au chant. On se connait très bien donc on sait ce que chacun sait faire. Ensuite, on met tout en commun, quelques rafistolages, puis on laisse le tout mûrir pour avoir du recul. On teste ensuite le morceau en concert ou dans la rue, histoire de voir si l’émotion passe ou s’il y a quelque chose à changer. Voilà, mais tout se fait naturellement, au feeling comme ils disent là bas.

  • Pour avoir une idée un peu plus précise de l’album à venir, qu’est-ce qui nous attend au niveau des thèmes abordés et de l’univers musical ? Y-a-t-il une direction particulière que vous voulez donner à cet album ?

Pour l’univers, il faut s’imaginer un vieux trombinoscope (type scolaire, le truc intemporel) de plusieurs personnages qui en apparence n’ont rien en commun, mais qui au final, aspirent chacun à des buts communs : la recherche de soi, l’ouverture sur le monde, la découverte et l’apprentissage.
Une façon personnelle de façonner sa propre conception des choses qui nous entourent. Pour la direction, on ne sait pas encore vraiment où nous irons, nous faisons les morceaux comme on les sent. Ils parlent de la vie avec ses hauts, ses bas, ses joies, ses peines et la façon de percevoir les sentiments.

  • Avez-vous déjà trouvé un nom à votre album (en omettant l’idée qu’il soit éponyme, ça ne serait pas du jeu) ?

Pour l’album, nous n’avons pas encore le titre vu qu’à cette heure, les textes ne sont pas encore totalement finis. Par contre en ce qui concerne le nom de l’EP, ça sera : » The yokel’s puke » soit en français « le vomi du péquenaud ». On trouvait ce nom marrant pour présenter notre première petite « galette » ; une façon de présenter notre travail aux gens sans en faire des caisses.

  • J’ai vu que Théo Gosselin a participé à votre projet à sa manière en réalisant pour vous le clip de votre premier titre et vos photos promotionnelles. Qu’est-ce qui a provoqué cette rencontre ?

C’est l’équipe d’Alaska Management qui travaille avec nous sur The Yokel qui nous on fait découvrir le travail de Théo Gosselin. On est tout de suite tombés sur le cul devant la qualité de son travail et on trouvait que son univers visuel correspondait à ce qu’on voulait coller sur notre musique. On y a donc été au culot, l’équipe lui a envoyé une requête pour une éventuelle collaboration et Théo a accepté. Et bien sûr on est super contents du résultat, c’était une expérience vraiment sympa.

  • Et la scène dans tout ça ? Qu’est ce que ça donne The Yokel en concert ? Qu’est-ce qui vous plait dans cette manière de défendre vos titres devant un public ?

Pour le moment, nous n’avons pas fait beaucoup de dates, mais ce qui nous plait c’est la proximité en concert.
Nous avons eu la chance de faire plusieurs concerts en appartement grâce à Helska and Sasha. Nous avons aussi pu partager des dates avec des musiciens de talent comme Old Seed ou encore Michelle Blades et Glass Cake, puis aussi échangé avec eux et les gens présents.
Cet état d’esprit un peu « autour du feu », à la bonne franquette nous plait vraiment ; quelque chose d’intimiste.
De plus, nous n’avons pas l’habitude de nous électrifier, pour le moment on trouve que l’on perdrait de l’émotion vu l’état d’esprit de nos compos. On commence tout doucement, mais on a plein d’idée pour le live et on espère avoir l’occasion de présenter tout ce qu’il y a dans nos têtes aux gens dans un futur proche.
En ce qui concerne le niveau musical, nous allons surement demander de l’aide à des potes musiciens de nous accompagner pour différents projets, car on ne voudrait pas balancer des samples de percus ou autre ; on ne voudrait pas perdre les spectateurs dans la monotonie du duo, puis toujours dans l’idée de faire quelque chose qu’on a pas encore explorés.

  • Allez je vais vous poser une question totalement dingue, si on vous disait qu’on allait effacer votre mémoire et si on vous laissait le droit de garder juste trois souvenirs en tête, que choisiriez-vous de garder ?

Tibo : Le jour où, lors d’une discussion avec mon pote, nous avons émis l’hypothèse de nous mettre à la musique.
Lulu: Le jour où, toute petite, mon père m’a fait découvrir le piano.
Les deux: Les jours où on fait la fête ou de la musique avec les gens qui comptent pour chacun.

  • Dernière question pour la route, c’est quoi vos albums préférés communs ?

Sufjan Stevens : Michigan
The Chariot : War and Rumor of War
The Doors : The Doors

  • Merci pour vos réponses pleines de légèreté et de bonne humeur, et bonne chance avec la sortie de votre EP!

Merci à toi Fred, les questions sont super cools, c’était un plaisir d’y répondre !
Merci d’avoir pensé à nous pour indiemusic, au plaisir de te croiser, à bientôt et bonne bourre !

http://theyokelmusic.com
http://yourollandkickyourbucketbilly.viinyl.com
http://www.facebook.com/theyokelmusic

Crédits photos : Théo Gosselin

Rencontre avec Andrew Belle, songwritter à la plume dorée

Andrew Belle est aujourd’hui l’une des valeurs montantes de la scène pop nord-américaine. Après un premier EP « All Those Pretty Lights », qui a caracolé en tête des charts, il est revenu sur le devant de la scène avec son premier album « The Ladder » sorti au printemps 2010 qui a vite eut, chez eux un succès semblable.
En toute simplicité, Andrew a accepté de m’accorder de son temps pour répondre à mes questions sur son parcours, son groupe, la scène, son public et ses projets.
Place à la rencontre…

crédit : Luca Venter
  • Salut Andrew, les français ne te connaissent pas encore beaucoup, je te laisse te présenter : toi et ta musique !

Je m’appelle Andrew Belle, songwriter américain du haut de mes 26 ans. Je me suis consacré à la musique après avoir été diplômé de mon université en 2006. Dans ma musique, la plupart de mes chansons sont tristes et calées sur des airs emprunts d’optimisme, des chansons à la fois intenses et douces. J’ai enregistré et sorti mon premier album « The Ladder » en 2010 et depuis sa sortie, je suis régulièrement en tournée pour le défendre sur scène.

  • Ça fait maintenant, un peu plus d’un an que ton album est sorti. Quel bilan fais-tu de ce dernier ?

J’ai toujours beaucoup de plaisir à écouter le travail réalisé sur cet album. Il a été vraiment très bien accueilli par mon public – bien mieux que je n’aurais pu l’imaginer. C’était mon premier essai et ça m’a réussi, mais maintenant j’ai vraiment hâte d’avancer et d’évoluer en tant qu’auteur compositeur sur mon futur album.

  • Ton groupe porte ton nom . Si tu devais lui donner un autre nom, qu’est-ce que tu choisirais ?

Andrew Belle and the Invisible Hand Band.

  • Comment s’est déroulé l’enregistrement de « The Ladder », ton premier album ? Peux-tu, au passage, présenter l’équipe qui a travaillé avec toi sur cet enregistrement ?

Avancer sur cet album s’est révélé être très amusant. Nous étions essentiellement trois lors de l’enregistrement ; mon producteur et ingénieur du son Thomas Doeve et mon co-producteur, Adam Agin en studio et moi-même. J’ai écris la grosse majorité des titres, j’avais déjà pas mal bossé en amont. Des amis m’ont rejoins sur cet album, je pense à Katie Herzig et Erin McCarley, qui toutes deux chantent avec moi sur cet album. Ça a aidé le rendre spécial .
Il me restera toujours plein de bons souvenirs de l’enregistrement de cet album : parce qu’on l’a réalisé entres amis, dans un sous-sol en utilisant des matelas pour obtenir une pièce insonorisé. En fait, on n’a jamais pensé que ça aurait tant de succès. Ce fut définitivement un grand moment pour tout ceux qui y ont pris part.

  • Sur scène, c’est avec un groupe formé autour de quelques uns de tes amis que tu joues tes titres. Peux-tu nous les présenter ?

Mon groupe a existé sous différentes formations, plus ou moins réduite, en fonction de l’événement. Mais, il est le plus souvent regroupé autour de trois de mes amis qui occupent à chaque fois des postes différents, en fonction des titres de l’album. Ces trois amis m’ont vraiment aidé dans l’avancement de ce projet et on permit de révéler tout le potentiel des morceaux sur scène, et je leur suis vraiment reconnaissant pour cela.

  • On peut entendre certains de tes titres dans des séries US de Greys Anatomy aux Frères Scott. Comment expliques-tu un tel succès ?

Je pense que j’ai juste été vraiment très chanceux à ce niveau . J’écris des chansons qui touchent vraiment aux émotions, et je pense que c’est pour cela qu’on les retrouve particulièrement dans des séries dramatiques pour ados – et ça me convient tout à fait, haha !

  • Sur ton single « Static Waves », tu es en duo avec Katie Herzig, peux-tu me parler de la rencontre avec cette artiste ?

J’ai écris cette chanson lors de l’enregistrement de mon album et j’ai immédiatement pensé à Katie pour m’accompagner sur ce titre. Le seul problème alors était que je n’avais jamais fait sa rencontre ! Bien-heureusement, j’ai pu rapidement me mettre en relation avec elle et elle a accepté de me rejoindre sur ce projet. On s’est rencontré pour la première fois lors de son arrivée au studio pour chanter, et nous avons fini sa partie en à peine deux heures. Et depuis ce temps, nous sommes partis en tournée ensemble et sommes de bons amis depuis.

  • Pour l’instant, tu n’as pas encore joué en France, à quand une tournée en Europe ?

J’adore l’Europe et j’adorerais venir et jouer ici très prochainement.
Mais je suis bien conscient qu’avant de jouer et de trouver mon public chez vous, il faut faire parler de moi. J’espère sincèrement que grâce à vous, à indiemusic, ma musique pourra toucher pas mal de monde en France et qu’ainsi je pourrais venir jouer pour vous bientôt !

  • De part le nombre impressionnant de festivals dans lesquels tu joues, arrives-tu à trouver du temps pour te consacrer à l’écriture de nouveaux titres durant ta tournée ? Sais-tu d’autre part quelle direction pourrais prendre ton futur enregistrement ?

Je n’écris pas quand je suis en tournée – ou plutôt je ne peux pas. Écrire me prend beaucoup de temps et m’oblige à me focaliser essentiellement sur la composition. C’est aussi pour ça que je n’écris qu’entre 10 et 12 titres chaque année. J’ai cependant commencé l’écriture de ce prochain album et ça démarre plutôt bien. Je peux déjà affirmer que mon son prendra une direction plus mature, plus alternative, mais utilisera encore et toujours la même formule – des paroles réfléchies sur des mélodies efficaces.

crédit : Reid Rolls
  • Une idée de la date de sortie de cet album ? Et s’il y a des collaborations en vue ?

A vrai dire, il est un peu tôt pour fixer une date de sortie. En tout cas, j’espère collaborer avec encore davantage d’amis sur cet album – après je ne sais pas encore qui sera de la partie !

  • Es-tu déjà venu en France ? Et que connais-tu de la France et des français ?

J’ai étudié le français durant quatre ans à l’école, mais je n’arrive plus qu’à dire quelques phrases correctement aujourd’hui ! Je sais que les français adorent la musique et sont renommés pour leur technique culinaire dans le monde entier. J’ai visité Paris pour la première fois l’hiver dernier et j’ai vraiment adoré ! C’était tellement dingue de voyager là bas durant la période d’avant-Noël. J’espère revenir chez vous prochainement – peut-être quand il fera moins froid !

  • Pour finir, parmi les chansons que tu as écris, peux-tu choisir une phrase, une expression pour nos lecteurs d’indiemusic ?

« … I would have let you leave » (extrait de Static Waves, avec Katie Herzig).

  • Merci infiniment Andrew et à bientôt en France alors !

Retrouvez Andrew Belle sur son site officiel : www.andrewbelle.com


Pour tous ceux et celles qui souhaitent lire l’interview en version originale, c’est ici et maintenant :

  • The frenchies don’t know so much about you, can you introduce yourself and your musical world?

My name is Andrew Belle. I am a 26 year old american song writer. I’ve been performing since I graduated college in 2006. I write mostly sad songs set to upbeat music – heavy mellow, if you will. I recorded and released a full length album called ‘The Ladder’ in 2010 and have been touring in support of it ever since.

  • Your first album released more than a year ago, what is your balance-sheet about it?

I am very pleased with my album. It has been received very well – better than I had ever imagined it would be. I think it is a great first effort but I am excited to build upon it and grow as a songwriter on my next album.

  • Andrew Belle is your name and the name of your band. If you have to choose another name for this project, what could he be ?

Andrew Belle and the invisible hand band.

  • How was the recording of this album « The Ladder » ? Can you introduce the people who worked with you on this album?

Making this album was very fun. it was pretty much just me, my producer/engineer Thomas Doeve, and my co-producer Adam Agin. I wrote the majority of the songs and had them pitch in on a few as well. I had many good friends perform with me, including Katie Herzig and Erin McCarley, who both sang on songs with me on this album; helping to make it really special. Making this album will always be a fond memory to me because we made it with just a few friends in a basement – using mattresses to build a vocal booth – and really never expected it to be a successful as it has been. It was truly a defining moment for everyone involved in the project.

  • You’re performing with a band of friends ? Can you tell us more about the band?

My band comes in many different shapes and forms, depending on the show, but it mainly consists of 3 friends that I met in random places shortly after the completion of this album. They have really helped me realize the songs to their fullest potential in a live performance setting and I am very grateful for that.

  • Many of your songs are used for US TV shows, how can you explain this success?

I have just been very blessed in this area with this album. I write very emotional songs that, for some reason, seem to lend themselves well to teen dramas – and I’m fine with that, haha!

  • Your single « Static Waves » is a duet with Katie Herzig, can you tell me more about the way you met her?

I wrote the song while we were recording the album and I knew immediately that I wanted Katie to sing on it with me. The only problem was that I had never met her! Thankfully I was put in contact with her and she agreed to join me on the project. We met for the first time when she arrived at the studio to sing, we finished her part in about 2 hours, and we have toured together and become good friends since that day.

  • By now, you haven’t yet performed in France. What about an European tour for the years coming?

I love Europe and would love to travel and perform there very soon. I have learned, however, that you cannot just show up and expect an audience, so hopefully you guys will help my music become known in France so I can come and perform as soon as possible!

  • You are doing a lot of festivals. Do you find some time to score during the tour? Do you have any idea about the artistic direction of your future record?

I don’t write when I tour – I just can’t do it. for me, writing takes a lot of time and focus and that’s probably why I only write 10-12 songs every few years. I’ve begun writing for my next album and it is going well so far. I think the songs can be expected to sound a little more mature, a little more alternative, but still incorporating the same formula I’ve always gone to – clever/thoughtful lyrics and memorable/interesting melodies.

  • Do you know when it will be released ? And if this will have some great collaborations?

It’s really too early to tell when it may be released and i hope to collaborate with some more friends on this one – just not sure who yet!

  • Did you already come to France ? What do you know about France and frenchies?

I studied 4 years of French language in school, but I can barely speak more than a few sentences now. I know that the French love music and are famed for the best culinary technique in all of the world. I visited Paris for the first time this past winter and i loved it! it was so fun to travel there right before Christmas. I hope to come back very soon – maybe when it is not so cold though!

  • Among the songs you’ve written, can you choose one lyric to end this interview for the readers of indiemusic?

« …I would have let you leave. »

  • Thanks a lot Andrew and hopefully you will be back in France soon!

The Aerial – Interview

Il y a quelques jours, j’avais rendez-vous avec le groupe The Aerial avant leur premier concert sur Paris. Autour d’une bière dans un bar à deux pas du Nouveau Casino, je découvre un groupe ouvert à la discussion qui se prend au jeu de l’interview. The Aerial nous apporte un son frais et celui-ci fait du bien au paysage pop français. Un petit bout du son anglais vient de se déposer sur notre hexagone.  Ils seront à la rentrée en concert sur Paris avec un set acoustique et croyez-moi ça vaut le détour !

  • Bonjour les gars ! j’ai entendu dire que c’était votre première date parisienne, comment cela se fait-il vu le nombre de dates que vous avez au compteur ?

Nicolas : Le groupe a un an et on a décidé de travailler les morceaux avant de venir sur Paris car c’était une étape importante pour nous. On a attendu d’avoir un set qui tienne la route, d’avoir un petit paquet de chansons. On voulait être content de ce qu’on fait même si on n’est jamais satisfait.

  • Votre rencontre est assez atypique, un chanteur anglais et trois musiciens français. Comment s’est déroulée la rencontre et l’échange entre les deux cultures ?

Aleksi : Je ne sais pas s’il y a vraiment eu un échange de culture. Joe était mon prof’ d’anglais à la fac. On cherchait un chanteur et il m’a répondu en me disant qu’il avait déjà eu un groupe à Liverpool et qu’il en cherchait un ici. Le courant est très vite passé. On lui a passé des maquettes et il a mis sa voix dessus. Après je ne sais pas s’il y a eu un mélange des cultures. On était juste dans la même vague.

  • Joe, tu es juste venu à Nancy pour donner des cours ?

Joe : Oui, donner des cours d’anglais à la fac. C’est la deuxième année que je fais ça. C’était un coup de bol qu’Aleksi cherche un chanteur. Pour l’échange, moi je dois accepter le côté immature des français, leur saleté, leurs conneries et leur mauvais goût. Et eux, ils doivent accepter mon côté anglais. J’aime la bière (Rires). En venant en France, j’ai découvert une nouvelle façon de travailler la musique. En Angleterre, on joue souvent dans des bars sans régler nos sons. En France il y a beaucoup plus un travail en amont.

  • Contrairement à d’autres groupes, vous ne restez pas dans un seul style. Ça a toujours était un choix ou alors c’est venu naturellement ?

Joe : C’est une évolution naturelle. Au début, on se disait qu’on allait faire de la pop. Mais qu’est-ce que la pop ? Je parlais avec une fille la semaine dernière de ma musique en disant que c’était de la pop. Et elle me demandait ce que c’était la pop. Et c’est dur de définir réellement la pop. Est-ce que c’est Anglais ? Je ne sais pas. Sur Wikipédia, la pop est décrite comme musique anglaise parlant souvent d’amour. Mais finalement, on écoute un peu de tout. On est ouvert donc on n’a pas peur de mettre des influences hip-hop. Il n’y a pas de règles.

  • Il y a quelques jours vous étiez au M6 Music Live devant 25 000 personnes environ. Comment vous l’avez vécu ?

Nicolas : C’était assez spécial pour nous car c’est un tremplin. On n’est pas vraiment fan de ce genre de choses mais on l’a fait quand même. On a eu le malheur d’être sélectionnés (Rires). On s’est alors retrouvés là-bas à jouer avec Christophe Maé, Colonel Reyel, etc. C’était comme être dans un autre monde. Sur le plateau, les régisseurs, c’étaient ceux de Taratata. Je pourrais dire une fois dans ma vie que j’ai travaillé avec les ingénieurs sons de Taratata ! Le public était dingue.

  • The Aerial est dans la logique de gratuité de sa musique. C’est quelque chose que vous voulez pousser jusqu’à l’extrême ?

Nicolas : Ce qui est important pour nous, c’est que la musique soit gratuite. On n’a jamais acheté de CD. Si aujourd’hui on a la chance d’avoir des influences c’est grâce à Napster. On n’a pas la prétention de dire que notre musique se paye donc on donne. Mais par contre, si les gens veulent donner de l’argent en retour, ils le peuvent. Le plus important, c’est que notre public ait notre musique. Si un jour on a un label, on devra faire des concessions de ce point de vue-là. Mais on essayera toujours de lâcher des titres gratuits.

  • Petite parenthèse instrumentale : Aleksi, j’ai vu que tu utilisais des cymbales électroniques. C’est quelque chose de très singulier, comment es-tu arrivé à ce procédé ?

Aleksi : C’est pour faire chier les gens ! (Rires). Je ne sais pas trop d’où ça vient. D’expérience, quand tu joues dans des petits clubs, la batterie n’est jamais sonorisée donc ça devient très vite dégueulasse surtout quand tu tapes fort. Un jour j’ai décidé de passer à quelque chose d’électronique et c’est venu comme ça.

  • Tu as aussi deux kits : un classique et un multi-pads au même niveau que les autres. Pourquoi ce choix ?

Aleksi : J’ai envie de dire que j’existe aussi. Il y a souvent un leader dans un groupe comme le chanteur. Mais chez nous, on est tous à égalité.

  • Vous enregistrez des sessions le plus souvent possible. Vous faites une différence entre le live et le studio ?

Antoine : C’est différent dans les arrangements. Vu qu’on écoute beaucoup de pop sophistiquée, sur CD on essaye de mettre pas mal de couches de sons. Mais en live, il faut que ça reste très brut. C’est Joe qui l’a souvent souligné.

  • Premier concert sur Paris, premier contact avec ce public. Impatient ?

Aleksi : On vient de se faire un super pote là, c’est cool ! (moi en l’occurrence) On est surtout impatients de jouer. On a la pêche !

  • On vous met souvent dans la catégorie électro-pop, c’est quelque chose qui vous convient ?

Nicolas : Ça nous dérange pas après ce qu’on aime nous, c’est la démarche pop. C’est ce qu’on recherche en premier. Notre son est aussi électro, donc c’est logique que l’on nous mette dans cette catégorie.

Merci à eux !

Rencontre avec Garciaphone, l’héritier auvergnat d’Elliott Smith

Garciaphone, c’est le projet d’Olivier Perez, artiste indie folk clermontois.
Avec son songwritting maitrisé et sensible, l’Auvergne est tombé sous son charme. Rencontre.

Crédit : Jean-Charles Belmont
  • Ma première question va concerner tes nouveaux titres. J’ai senti une réelle évolution vis à vis de ton premier EP « Everyone Goes Home In October ». Tes titres semblent avoir pris un nouveau tournant, tu as quitté le pop-folk intimiste pour un résultat plus indie-rock. Est-ce que je me trompe si je dis ça ?

Ce n’est pas tout à fait ça. Les influences indie-rock ont toujours été là. C’est une évolution normale pour moi. Le côté folk et intimiste était surtout dû au fait que j’étais seul avec une guitare et un sampler sur scène et sur disque. Mais beaucoup de chansons contenaient déjà une rythmique plutôt rock. Le fait de jouer en groupe maintenant accentue ça.

Crédit : Nicolas Auproux
  • Je voudrais savoir une chose ; Garciaphone est-il un projet en solitaire ou au contraire celui d’un groupe ?

C’est vraiment un projet solo à la base. Je suis maintenant accompagné de deux musiciens sur scène (basse-batterie). La formation pourra évoluer, s’agrandir à l’avenir.

  • Si tu devais définir l’univers de Garciaphone tel qu’il est aujourd’hui, comment le présenterais-tu?

C’est toujours difficile définir ça clairement, de regarder ce qu’on fait d’une manière figée. Mais il y a quand même des lignes directrices. C’est un univers qui est fait de contrastes, par exemple de mélodies pop qui cachent des choses beaucoup plus sombres.

  • Tu vis entre Paris et Clermont-Ferrand, tu as forcément des anecdotes en lien avec la musique liées à ces deux villes, tu m’en fais part ?

Il y en a beaucoup… Je crois que la meilleure reste cette journaliste parisienne qui croyait vraiment que j’étais berger à mi-temps en Auvergne (suite à une blague sur la photo de ma page myspace) et qui me demandait comment je gérais mon temps entre les pâturages et la scène.

  • On va parler de toi sur scène. Comment se présente un concert de Garciaphone ? Comment fonctionnes-tu avec ton public ?

Pour moi le lien avec le public doit se faire par la musique. Je parle peu entre les chansons, parce que c’est aussi mon tempérament. Mais ça n’empêche pas de créer un lien avec le public s’il est réceptif à la musique. On n’est pas obligé de faire taper les gens dans les mains ou de les faire chanter pour qu’il se passe quelque chose.

  • Tu as partagé des scènes voire des tournées avec d’autres groupes, je pense notamment à la joyeuse bande des Niandra Lades ? Peux-tu me faire parler de quelques rencontres que tu as pu faire lors de ces concerts ?

C’est surtout les rencontres après-concert qui marquent je crois. Des gens qui vous disent ce qu’ils pensent de votre musique et qui, alors qu’ils découvrent totalement, peuvent faire des remarques d’une perspicacité troublante.

  • Avec ces nouveaux titres dont on parlait en début d’interview, peut-on entrevoir la sortie d’un nouvel EP voire d’un nouvel album ? Et si oui, quelle forme prendra-t-il ?

Ce sera sans doute un nouvel EP pour la fin de l’année ou début 2012. Peut-être une édition vinyle d’ailleurs.

  • Parmi tous les titres que tu joues sur scène, y a-t-il un titre qui t’émeut plus que d’autre lorsque tu le joues ?

Il y a des morceaux dans lesquels j’ai mis plus de choses personnelles et que je joue forcément différemment des autres, « Robinsons » par exemple.

  • Pour rester sur le sujet du live, as-tu quelques dates de concert à annoncer dans les prochaines semaines ?

On va monter une tournée pour la sortie de l’EP. Pour l’instant ce qui est sûr, c’est quelques dates dans des clubs en Californie cet été.

Crédit : Nicolas Auproux
  • D’autres projets musicaux en parallèle de Garciaphone ?

J’ai voulu faire une pause dans les projets parallèles pour me consacrer à l’EP et l’album qui suivra.

  • Enfin, si tu devais reprendre un groupe assez éloigné de tes références musicales à ta manière, tu penserais à quel titre ?

Ce n’est pas un groupe mais c’est la chanson qui me vient à l’esprit : “If I Only Had A Heart”, une des chansons du film Le Magicien d’Oz.

  • Que te souhaiter pour Garciaphone ?

De continuer à faire des concerts et des disques le plus longtemps possible.

Retrouvez Garciaphone sur facebook et sur myspace.