Rencontre avec un prince noir du néo-folk, Kentin Jivek

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Kentin Jivek est un artiste pour le moins intriguant et mystérieux. Depuis plusieurs années, ce troubadour voyageur né à Bordeaux, a adopté Paris pour y pratiquer son art.
Auteur, compositeur, il propose à qui veut l’entendre des textes aux parfums de ses rencontres, de ses voyages et des mythes qui l’ont toujours inspiré.
Rencontre avec un artisan de la néo-folk, Kentin Jivek.

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  • Bonsoir Kentin ! Comment vas-tu et quelles bonnes nouvelles as-tu à annoncer ?

Très bien, merci. En ce moment, je prépare pas mal de choses ; principalement le live et le prochain album. Il y aura des collaborations dessus. Les dates à l’étranger ouvrent aussi d’autres perspectives.

  • Pas mal de projets ! Tu es maintenant rendu à ton 7ème album. Tes débuts musicaux, ça date de quand ?

Véritablement en 2004, quand je suis monté sur Paris pour y vivre et me rapprocher de certaines personnes.

A l’époque, je commençais à produire moi même les albums. Il faut croire que plus je fais d’albums, plus je me bonifie. J’en suis à mon septième album comme tu l’as dit, et à chaque fois le concept de l’album tire ses origines de choses personnelles, et de l’histoire de certains pays qui me touchent particulièrement.

  • Ta musique est, il est vrai, très marquée par les voyages et les rencontres. Peux tu me proposer un panorama de ces voyages que tu as pu faire ?

J’ai voyagé en Grèce ; le berceau des mythes, en Norvège dont je voue une certaine obsession depuis tout petit et en Allemagne. L’Allemagne est un pays qui m’a toujours soutenu, et son passé fait que les gens sont, selon moi, plus sensibles à toute forme de création artistique. Depuis Berlin, je ne suis plus le même homme.

J’ai également pas mal été à Londres ; le berceau du neo-folk, qui est mon style musical. Là-bas, les concerts te changent la vision d’une performance. Il y a une spontanéité du lien chez eux. Et puis à Londres, il y a les punks, Camden et ses bières.

Me déplacer et bouger, c’est ma vie, pour discuter partager des choses en tant qu’être, avant d’être demandeur pour une date.

Par exemple, Porto et le Portugal j’y pensais depuis un an et ça se fait ce mois ci. L’Argentine est un pays où je garde contact avec beaucoup de gens, malheureusement j’ai dû annuler une date pour causes logistique et budget.

Mon style regroupe tout ce qu’un pays et ses gens vivent, et puis si on cherche bien le folklore des musiques traditionnelles est très présent dans ces lieux. En France, c’est plutôt le pop-folk bien formaté pour le grand public. Mais je ne peux en vouloir à personne, au contraire.

  • Tu as toujours eu cette passion pour le voyage ou peut-on dire que c’est grâce à la musique que cette envie de découvrir le monde est véritablement apparue ?

Je pencherais plus pour la seconde option. Il n’était pas concevable pour moi de m’en tenir à un vase clos pour écrire et composer mes morceaux. C’est pour cela que j’ai toujours veillé à travailler aussi les langues et en apprendre de nouvelles. Je veille à m’adapter et après écrire en ayant des réflexes différents que lorsque je m’exprime en français.

Dans mon processus de création, je commence toujours par les textes, et la musique vient après.

Je n’aime pas la frustration alors j’emprunte des chemins de traverses et je me donner les moyens de mener à bien mes projets.

Pour continuer à exister et à évoluer, je considère qu’il faut chercher la confrontation, avoir peur et parfois se perdre, puis se retrouver et parler. Je lutte contre toute forme de rétention, s’il y a bien une chose que je déteste c’est le silence, il n’y pas pire sentence.

  • Ce qui explique ta propension à l’écriture et la composition, je me trompe ?

Exact.

Mais aujourd’hui, j’en suis encore plus content car je collabore avec d’autres musiciens et j’opte plus pour des textes comme participation et un certain jeu de guitare pour des mélodies. Toujours garder l’essentiel.

Et il est vrai que si je n’écrivais pas tout cela, je serai déjà à l’asile ; il m’est impossible de rester inactif.

J’ai un fort besoin d’expression, et donc quand on ne peut pas jouer sur scène, on le fait ailleurs ou on répète pour compenser.

Et, ainsi on produit.

  • On va parler des collaborations dont tu parlais en début d’interview ? En quoi consistent-elles ?

J’utilise ce que je fais de mieux avec le groupe ou la personne, nous avons des goûts communs mais un savoir faire différent.

Pour ma part, je m’occupe des textes et je manifeste un certain savoir faire à la guitare, surtout douze cordes en ce moment.

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  • D’accord. Si tu devais retenir quelques titres de tes albums précédents, lesquels choisirais-tu et pourquoi ?

« La Maigreur élégante » car elle représente les prémisses de mon style, « Little Black Scorpions » qui dégage une atmosphère douce et simple, « Quelle Importance » étant donné qu’elle permet de faire jouer un maximum de gens dessus, et encore dessus, j’aborde le thème de l’amour fantasmé. Il y a aussi « Et vogue la Verve » qui est pour moi une victoire sur le fait d’écrire une chanson en français avec une démarche anglo-saxonne.

« Eight New Prophecies » et « Ode to Marmaele » sont des albums qui ont sauvé ma vie.

  • Sauvé ta vie, comment ça ?

Ils m’ont rassuré sur le fait que je savais évoluer et sortir des chansons que j’aime écouter chez moi, ce que je ne faisais jamais avant sur mon travail, avant qu’on attaque la scène.

En les enregistrant, j’ai frôlé divers problèmes, histoire d’être sur le fil du rasoir, et j’ai tenté d’y mettre le maximum de sensibilité.

Je me suis dis, si tu cherches à te détruire mieux que personne, tu n’auras rien à craindre du reste désormais. Et j’ai ainsi passé des mois entiers à travailler mes textes et mes compositions pour ces deux albums.

  • Je comprends mieux. Merci pour cette explication. Ce nouvel album que tu vas enregistrer prend-il la même direction ?

Non. Il sera plus posé et libre, mais il prendra la forme d’un double album, avec disons 11 titres CD1 5 titres et CD2 6 titres.

Il y aura plus d’ambient et de mélodies qui tournent ; j’utilise deux nouveaux instruments qui me permettent de coller au concept que je me suis fixé.

Les thèmes auront tous un noyau commun.

  • Et ce noyau sera ?

Je ne veux pas en dire plus pour le moment

  • Laissons le temps nous le révéler !

Oui et puis ça me perturberait de dire ce qu’il en est, ça ne me donnerait plus envie de faire cet album…

Même s’il est vrai que je laisse en suspend en filigranes des indices. Pour cela, il faut suivre mon twitter par exemple, ou ma page perso facebook.

  • Très bien, les lecteurs de indiemusic pourront ainsi faire leurs curieux !

Bien vu !

As-tu quelques coups de cœurs musicaux à partager ? Ou autres d’ailleurs ?

Le nouvel album de Death in June – Peaceful Snow, le mouvement cobra en peinture post seconde guerre mondiale et Jakob Böhme, un illuministe, le premier philosophe allemand.

  • Des coups de cœurs qui sont autant d’influences à ta musique et à ta créativité artistique plus généralement ?

Plutôt des choses qui participent à mon bien-être pour travailler dans de bonnes conditions. Je « n’aspire pas » ces artistes, ils voguent dans mon habitat et me permettent d’apprécier le temps qui passe.

  • Pour quand ton prochain album est-il prévu?

En juin 2011 et certain titres de cet album seront joués avant, en live.

  • Je ne te demande pas le nom de cet album bien évidemment.

Le titre est déjà trouvé mais il faut l’intégralité de l’œuvre pour le cerner, c’est mieux…

  • Et sinon, des dates de concerts à venir pour toi ?

Je serais à Porto le 25 février, et en Juin à Bucarest – une date en Pologne est en discussion en ce moment, et je vise New York et Buenos Aires pour la fin d’année.

  • Et la France dans tout ça ?

C’est pas encore le moment, je pense.

  • Très bien. Une citation, un message aux lecteurs pour finir l’interview ? Libre à toi !

Nul n’est prophète en son pays, et le meilleur reste à venir, toujours !

  • Merci infiniment Kentin. Et bonne chance avec tes nombreux projets !

Merci Fréd !

Retrouvez Kentin Jivek sur :
www.myspace.com/kentinjivek
http://twitter.com/KENTINJIVEK
www.kentinjivek.blogspot.com

Fred

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques

God save The Twins, le rock anglo-parisien n’est décidément pas mort.

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The Twins, c’est quatre potes d’enfance bercés par le blues, la pop anglo-saxonne et le rock d’aujourd’hui mais surtout d’hier.
The Twins, c’est également quatre gars parisiens d’origine anglo-saxonne qui ont naturellement choisi d’écrire leurs titres dans la langue des Beatles et de Mick Jagger.
The Twins, c’est une musique qu’on aurait pu sortir d’une malle à vinyles du milieu des années 70.
The Twins, c’est aussi un groupe qui envoie furieusement sur scène, avec un set live puissant et maitrisé, qui montre que décidément le rock n’est pas prêt de mourir.
The Twins, c’est enfin l’histoire des jumeaux, Douglas et David, respectivement bassiste et guitariste du groupe.

Rencontre avec l’un des jumeaux, Douglas pour parler autour de la sortie du premier EP du groupe.

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de gauche à droite : Douglas (basse), Joseph (batterie), David (guitare) et Pascal (guitare et chant).
  • Salut Douglas. Tu fais partie du groupe rock parisien The Twins. Tu peux m’en faire une petite présentation ?

On a commencé à la rentrée scolaire 2007, ça fait 3 ans que le groupe existe. On se connaissait tous du collège, où on en était en section internationale anglaise. On a en commun d’être bilingue et d’avoir chacun un parent anglais ou américain.
On a une formation de rock n’ roll classique, deux guitares, basse, batterie.
Pascal chante principalement, David et moi faisons les harmonies.
Si je devais décrire notre approche de la musique, je dirai qu’on est des obsessionnels de la mélodie. Et qu’on fait du rock n’ roll au sens le plus riche, avec tout ce que ça comporte d’influences blues, soul et folk.

  • Si tu devais citer les influences les plus marquantes au niveau musical qui ont poussé à la construction du son de The Twins, ça serait quoi ?

Hum, alors notre son, c’est quelque chose qu’on va essayer de faire évoluer en fonction des différentes chansons qu’on va faire. A chaque intention de chanson correspondra un certain son. Donc la question des influences se pose plus au niveau de la composition des chansons que de la poursuite d’un son.
D’ailleurs si certains poursuivent un son plutôt qu’une écriture, ils se cantonneront à un certain style, et ils en pâtiront au niveau de la composition.
Avec le groupe, on a en commun d’être des puristes de la chanson. Des obsédés du couplet/refrain, de la mélodie simple et parfaite. Donc on admirera tous les groupes ou artistes à même de produire de bonnes chansons, sans restriction de style ou de son. Il y a les incontournables que tout le monde vénère, comme les Beatles, les Stones et Dylan. Mais aussi des bluesmen comme Howlin’ Wolf, Skip James, Muddy Waters, Leadbelly. La folk de Woody Guthrie, la Soul de Sam Cooke, d’Otis Redding ou de Wilson Pickett et bien d’autres.
On nous traite souvent de nostalgiques alors qu’on a juste l’impression de chercher le meilleur de la musique pop.

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  • Tu viens de nous décrire le style musical du groupe et ses influences, on va un temps se pencher sur la sortie de ton premier EP, énonyme. Peux tu me parler un peu de la manière dont s’est fait l’enregistrer des cinq titres présents sur cette galette ?

Haha c’est notre premier EP, c’est un truc très collectif. On a fait appel à Aslak Lefèvre, (guitariste dans Bonjour Afrique et copain de Dorothé / The Rodeo) et on s’est enfermé pendant 3 jours au studio Mélodium, un studio analogique. On a joué les 5 morceaux en live, tout est allé très vite. Puis on a fait les prises voix au Grenier, le studio d’Aslak. Même si une cohérence certaine se dégage de notre EP, on a essayé autant que nous le permettait les conditions, d’enrichir notre son et de varier les intentions de chanson. On trouve un orgue hammond sur The Things That We Do, une guitare acoustique aux accents Stonesiens sur Water Under Our Bridges, etc.

  • Y’avait-il une volonté dans cet enregistrement de retranscrire au mieux une ambiance proche d’un de vos concerts ?

Non, pas vraiment. L’enregistrement en live nous permet une spontanéité dans les prises qui sied bien au style qu’on fait, mais ça n’a rien à voir avec un concert. En studio, tu t’efforces d’être précis. En live aussi, mais c’est le mouvement général, la présence qui prime. Et tant mieux si l’on s’emporte.

  • Avec ton groupe, tu as déjà fais de belles dates sur Paris ; l’International, la Loco ou encore le Gibus. Quels souvenirs en gardes-tu ?

De bons souvenirs !
L’international, on l’a fait 3 fois, et à chaque fois c’était mémorable. C’est là qu’on a fait la Release Party de notre EP. C’était blindé. Jouer devant du monde est un plaisir que « les civils » (comprendre les gens qui ne font pas de musique ou de concert) ne soupçonnent pas. C’est un don de soi avec un retour au centuple. Trop peu de groupes suent assez en concert. Le public ne s’y trompe pas. Il ne rend que si tu donnes. C’est ce que l’on s’efforce de faire.

  • On sent que la scène est ton terrain de jeu voire la raison d’être du groupe. Quel serait le lieu où tu rêverais de jouer avec The Twins ?

La scène c’est 50% du travail. Notre raison d’être c’est avant tout de tenter d’écrire les meilleures chansons possibles. La scène c’est là où ça prend vie, ça se « manifeste ».
Pour ce qui est du lieu, faudrait voir avec les autres, mais l’Olympia, dans de bonnes conditions ça m’attire pas mal. Et si on pouvait rencontre Paul Mac Cartney par la même occasion ça nous dérangerai pas !

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  • Des dates de concert à venir ?

Alors, on a une date de prévue le 16 avril au Hideout, Gare du Nord à Paris. On annoncera d’autres dates bientôt, sur notre facebook.

  • Et concernant les autres projets du groupe, y-a-il un futur album en préparation ou d’autres bonnes nouvelles à annoncer ?

On va sortir un single avant d’attaquer l’album. Mais nous y travaillons déjà. On prend notre temps pour tâcher de faire quelque chose dont nous serons fiers, durablement.

  • En attendant, il y a le premier EP éponyme du groupe qui est dans les bacs. Où peux-t-on se le procurer ?

Il suffit de m’envoyer un mail, douglas@thetwins.fr avec une demande d’EP et je m’en occuperai. Pour ceux qui seraient intéressés il est en écoute intégrale ici : www.noomiz.com/thetwins

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  • Pour terminer cette interview, aurais-tu une petite sélection de groupes indépendants à faire connaitre à nos lecteurs ?

Alors alors. Les Lipstick Traces, des amis avec qui on a partagé la scène plus d’une fois. Du rock n’ roll fait avec beaucoup de goût.

  • Très bien, on ira écouter ce qu’ils font. Eh bien merci Douglas pour cette interview que tu m’as consacré pour indiemusic. Très bonne continuation à toi et à ton groupe.

Merci à toi.

Fred

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques

A moment with Morgan Manifacier

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Je l’ai découvert avec son premier EP « The Seed Became A Tree », sorti en 2009, qu’il m’avait envoyé dans sa pochette carton blanche décorée à la main.
Pourquoi vous raconter cela ? Parce que Morgan aime faire les choses par lui-même et a surtout le talent de les accomplir avec brio.

La musique folk est un immense terrain de jeu pour ce frenchy expatrié sous le soleil californien. Avec son nouvel album « Grande », qui sortira au mois de mars prochain, Morgan Manifacier explore de nouveaux sentiers.
Il nous livre tout d’abord un album touchant, en abordant des thèmes qui lui sont personnels, souvent intimes, avec une sincérité incroyable. Rien que pour cela, Morgan mérite toute notre attention.

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Et au delà de son parcours peu ordinaire, il nous montre également que sa musique a elle aussi bien muri. Fini les airs légers et aériens du premier EP, ici l’univers se veut décidément adulte et terriblement difficile à qualifier tant il est riche musicalement.

On voyage beaucoup au pays de l’oncle Manifacier avec ses morceaux principalement animés de riffs acoustiques et habités par des chœurs qui viennent donner du corps aux titres.

On n’en attendait pas moins du talent de Morgan et il nous livre avec Grande un grand et merveilleux travail de composition.
J’ai décidé pour accompagner cette chronique sur « Grande » de vous proposer une rencontre avec mon ami Morgan au travers d’une interview, à l’occasion de la sortie de cet album sur le label Tape Club Records.

Place à la rencontre…

  • Salut Morgan, tout d’abord comment vas-tu ?

Très bien, en ce moment. J’ai repris la fac à Oakland, j’ai retrouvé mes bons amis, et je viens d’annoncer une très bonne nouvelle aux gens qui me suivent musicalement. Un bon début 2011 pour ainsi dire.

  • Sacré début d’année tu l’as dit ! Tu signes sur un label indé anglais Tape Club Records. Tu peux nous en dire plus ?

En effet, je leurs avais envoyé une copie de mon album, et ils m’ont tout simplement répondu positivement. S’en sont suivis signature de contrats etc, et mot final de l’histoire, l’album sortira le 14 mars prochain!

Ils ont toujours été très ouverts au dialogue, ce sont des gens très généreux humainement, ce qui a beaucoup aidé le processus de signature.

  • L’album a été enregistré cet été, c’est bien ça ?

Pas tout à fait.

L’année dernière en réalité. J’ai mis a peu près sept mois. Je l’ai enregistré à la fac, entre ma chambre d’étudiant, et un théâtre qu’ils venaient de rénover.

C’était une expérience très enrichissante.

  • Pour ton premier EP « The Seed Became A Tree », tu t’étais entouré d’amis pour l’enregistrer, je pense notamment à Travis Vick. Cela a-t-il été le cas pour ton album « Grande » ?

Pas du tout. J’ai enregistre cet album seul.

Vraiment tout seul, du début jusqu’a la fin.

De l’écriture, à la composition, à l’enregistrement, au mixage, tout. C’est pour ca que j’en suis un peu fier.

  • Par rapport à ton EP, cet album propose une évolution au niveau de l’univers musical, même si de manière générale, c’est toujours de la folk. Comment peux tu décrire cette évolution dans ta musique ?

C’est une évolution particulière en effet. Cet album est beaucoup plus « roots » en un sens, et beaucoup plus acoustique aussi.
Le but était vraiment de créer quelque chose d’entier. Quelque chose qui puisse marquer un peu de mon histoire.
Cet album est vraiment un tout, et l’ambiance qui y est présente est vraiment différente de celle du premier EP.
Dans Grande, il y a une véritable nuance d’entité, dans le sens où c’est un vrai album, pas une compilation de chansons.
Les chansons sont toutes liées les unes aux autres, vraiment.

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  • Et du coup, quels sont les thèmes principaux de cet album ?

On y trouve beaucoup de solitude, beaucoup de voyage, un soupçon de religion, une pincée d’amour fraternel et un hommage à la mort et au passé.

  • Des voyages, parlons-en ! Tu es français mais aujourd’hui tu vis à l’heure américaine, sur la côté Ouest des Etats-Unis, en Californie. Comment tout cela est-il arrivé ?

En fait, je suis tout simplement étudiant en musique. Une sorte de conservatoire aux Etats-Unis. Je leur ai proposé mon dossier, et ils m’ont offert une bourse ! C’est une grande chance pour moi de vivre cette aventure.

C’est une expérience étonnante, qui pose beaucoup de problèmes quotidien, mais qui t’aide à grandir d’une façon incroyable. C’est un moyen de s’éloigner de ses faiblesses, et de se rapprocher de ses qualités.

  • C’est évident que vivre éloigné de sa famille et de ses amis amène à une autre conception du quotidien. Si tu devais garder un souvenir, un seul du lieu où tu vis actuellement, ce serait quoi ?

Un souvenir? Je pense la rencontre de mes amis d’aujourd’hui. Ceux qui le resterons pour la reste de ma vie.

Un lieu, je ne pourrai même pas choisir !

  • Tu me tends une perche là ! Quels sont du coup les lieux incontournables en Californie pour toi ?

San Francisco ! Cette ville est vraiment magique. Bien sûr, il y a des endroits un peu plus ghettos que d’autres, mais c’est une ville resplendissante.
Lake Tahoe, et le park Yosemite, sont deux endroits naturels et extraordinaires. Des parks naturels gigantesques. A voir pour le croire, un peu dans la lignée d’endroits comme le Grand Canyon.
Les jolies ville américaines comme Monterey ou Napa aussi.
Ou encore le désert le plus aride de la vallée centrale.
Et j’en passe.

  • Merci Morgan pour cette petite invitation au voyage. On va revenir sur un peu sur ton album. Il se compose de dix titres. Si tu le veux bien, on va revenir sur quelques uns de ces morceaux. Ton album commence avec LAP. Ça veut dire quoi ?

Je vais devoir garder ça pour moi…

  • On n’en saura pas plus ?

Il faut toujours un brin de mystère !

  • C’est bien vrai, c’est ce qui fait la magie de la musique.
    Grande, titre éponyme de ton album, le termine. Quelle signification mets-tu derrière ce titre, et ce morceau ?

Grande est le nom de famille de mon grand père.

Il est décédé peu avant le jour de mon douzième anniversaire.

Cet album est en partie un hommage à cette personne qui fait toujours partie de ma vie.

La perte de mon grand-père fut très pénible en fait. J’ai eu beaucoup de mal gérer sa disparition.

Il m’a beaucoup donné, à moi, à mon frère, à ma sœur ; à ma famille en général.

Cet album est en fait également un hommage à ma famille.

  • On ressent vraiment la force de cet hommage à l’écoute des morceaux de ton album. Des titres vraiment profonds, qui mettent en valeur toute la sincérité qu’évoque ta musique et tes paroles. C’est un très bel hommage que tu leur livres ici.

Merci, cela me touche profondément Fréd.

J’espère que les gens le ressentirons aussi de leurs coté.

  • J’en viens à un autre titre de ton album, qui s’est traduit par un clip vidéo ; The Lines. Je veux bien que tu m’en dises quelques mots.

The Lines est une chanson phare de l’album. Elle est l’histoire, sous un tas de métaphores, d’une période de ma vie ou je ne trouvais plus le moyen de m’exprimer.

Je n’écrivais plus, je ne jouais plus, ou du moins je n’y arrivais plus.

En anglais, ca s’appelle « the writer’s block effect ». C’est un peu comme le phénomène de la page blanche.

Alors au lieu de me forcer à écrire, je me suis forcé à raconter ce que je vivais. Et cela m’a beaucoup soulagé, pour être honnête.

  • Et comment s’est fait le travail sur l’adaptation vidéo du clip car il s’agit d’une réalisation un peu surprenante.

Tout à fait, mon ami Azure Pepe Valencia, a énormément aimé la chanson, tout particulièrement la référence aux lignes. Et l’idée de projeter un film au rythme de la chanson vient de lui. J’ai adoré le concept, et donc nous avons pris une heure pour filmer le tout.

Mais c’était beaucoup plus de travail pour lui. Je trouve que cette vidéo est belle, et magnifique de simplicité, bravo a lui !

  • On approche de la fin de l’interview. On va revenir sur la sortie de Grande prévue pour le mois de mars si je ne me trompe pas. Ca sortira où et sur quelques supports ?

Tous les supports digitaux bien sûr ; iTunes, Spotify, Amazon, etc, mais aussi en physique sur la boutique du label Tape Club Records.

Sortie prévue le 14 mars !

  • C’est noté pour ma part, et sinon d’autres projets à venir ?

Un troisième album en cours d’écriture.

  • Très bien, on suivra ton actualité de près  pour nos lecteurs. Merci Morgan pour ce beau moment d’échange en ta compagnie, c’était un plaisir de discuter avec toi sur la sortie de ton premier album et sur tes projets.

Merci a toi pour cette opportunité! A très bientôt !

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Retrouvez Morgan Manifacier sur http://morganmanifacier.com

Suivez également la sortie de l’album « Grande » sur Facebook :
www.facebook.com/pages/Morgan-Manifacier/50757545603

www.facebook.com/event.php?eid=181695788531038&ref=ts

Et notez que « The Lines » est en téléchargement gratuit pour vous faire patienter sagement jusqu’à la mi mars :
http://soundcloud.com/morganmanifacier/the-lines

Fred

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques

Rencontre avec Fred Pradel, chanteur de Léonie

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Léonie ou l’histoire d’une rencontre entre des potes passionnés de sports de glisse et de musique.
Rencontre avec Fred Pradel, chanteur et violoniste du groupe.

  • Salut Fred ! Tu fais partie du groupe angevin Léonie, peux tu présenter la formation musicale aux lecteurs d’indiemusic ?

Alors le groupe est composé de deux guitaristes, un bassiste, un batteur, un trompettiste, un tromboniste et moi même au chant et violon.

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  • Peux tu présenter le style musical du groupe et les grandes influences de ta formation ?

Alors le style est pop rock cuivré et les influences vont de la Ruda à Noir Désir en passant par Téléphone !

  • Léonie, c’est une sacrée formation musicale aujourd’hui, ça a toujours été le cas ou ça a évolué au fil du temps ?

Non, elle à toujours été comme ça ! Quelques membres du groupe ont changés mais la formule a toujours été la même.

  • D’ailleurs, le groupe existe depuis plusieurs années déjà, quand est-ce que tout à commencé ? Et comment ?

Il y a 4 ans maintenant ! Nous avions un autre groupe basé en Vendée aux Sables-d’Olonne et nous étions mon frère et moi venus à Angers pour étudier au Conservatoire ! Et nous avons eu naturellement envie de remonter un projet sur place avec des personnes qui avaient les mêmes envies que nous.

  • D’accord, donc un groupe de férus de musique à l’origine. Depuis les débuts du groupe, avez-vous sorti des enregistrements ?

Oui ! Notre premier EP date de 2006, ensuite nous avons sorti un second EP en 2008, puis un cd acoustique en 2010 !

  • Je te pose donc la fameuse question, où peux-t-on se les procurer ?

Le premier EP n’est plus disponible mais les autres sont disponibles en vente par correspondance ! Il suffit de nous envoyer un mail a info@leoniemusique.com

  • Et je suppose qu’on peut également les obtenir lors des concerts du groupe ?

Oui, également !

  • On va parler un peu des concerts d’ailleurs ! Léonie, si ça devait se résumer en plusieurs dates, tu retiendrais lesquelles, et surtout pourquoi ?

Notre premier concert à Paris il y a un mois ! (Grosse pression car les maisons de disques venaient nous voir et également car il y a eu une ambiance de folie dans la salle du Bus Palladium ). Le festival Doumer Show à Nort-sur-Erdre (car nous avions été sélectionnés parmi 80 groupes, par des collégiens et qu’il y avait 900 personnes devant nous le soir du concert complètement hystériques) et enfin tous les concerts qu’on a pu faire cet été en acoustique car on a eu un échange génial avec les gens.

  • Donc si je résume un peu l’ensemble, le public parisien vous a totalement séduit et la tournée acoustique de Léonie a été une réussite cet été !

Oui voilà !!!

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  • Comment s’est passé cette transition de l’amplifié-cuivré à l’acoustique pur pour préparer cette tournée estivale ?

On pensait que ça serait plus dur d’avoir un bon rendu en acoustique, mais finalement au terme de quelques répètes on s’est rendu compte que les morceaux fonctionnaient super bien comme ça.

  • Et du coup, vu le succès de cet été, une nouvelle tournée estivale en acoustique pourrait-elle être au programme ?

Oui elle est même déjà prévue ! mais elle devrait être moins intense que l’an passé car quelques dates en électrique commencent à tomber.

  • On suivra tout ça de près pour les lecteurs d’indiemusic. On va parler un peu de l’actualité de ton groupe. Des dates à venir ?

Oui quelques unes sont déjà confirmées comme la coopérative de mai à Clermont-Ferrand le 22 Janvier, ou encore le Canal 93 à Bobigny le 23 Janvier… toutes les dates sont sur notre myspace et d’autres devraient arriver prochainement.

  • On peut donc retrouver tout ça sur www.myspace.com/leoniemusique. Et sinon, tu parlais des labels qui s’étaient déplacés pour découvrir votre groupe en live au Bus Palladium, des retours déjà ?

Oui mais pour l’instant encore un peu tôt pour en parler, mais ça avance dans le bon sens ! On a appris à être patients et c’est pour ça qu’on s’enflamme pas devant les premiers retours.

  • Et tant mieux ! Vu que Léonie est un groupe d’Angers, je vais en profiter pour te proposer de présenter un peu aux lecteurs parisiens quelques groupes de par chez toi, avec qui tu as pu partager des scènes ou que tu apprécies tout simplement.

Tout d’abord, on ne peut pas ne pas citer la Ruda, Lo’Jo, ou encore Zenzile. Et ensuite pour les groupes avec qui on a pu partager des scènes ou avec qui on s’entend bien je dirais Djak, les Nifty Lies et Kwal (avec qui j’ai tourné pendant deux ans ) !

  • Dans Kwal où tu étais violoncelliste, c’est bien ça ?

J’étais altiste !

  • On va parler juste un peu de ton tourneur, Sofiane Prod, c’est qui, c’est quoi, et de quels groupes s’occupe-t-il ?

Sophiane, c’est notre tourneur en effet ! Il est de Clermont-Ferrand et s’occupe de pas mal d’artistes notamment de Zak Laughed, un jeune chanteur compositeur.

  • Très bien. Plutôt pas mal d’actu pour le groupe. Et a priori ça ne fait que commencer pour Léonie ! Merci Fred pour ta disponibilité pour cette interview et je te souhaite une excellente continuation à toi et ton groupe ! A bientôt.

Merci Fréd !

Fred

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques