The Dancers : créateurs de single

The Dancers by Stuart Nicholls
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Crédit : Stuart Nicholls

Depuis des années, les journalistes nous bassinent comme quoi le rock français serait inexistant, voire mort et qu’on devrait se coltiner des « bébés rockeurs » aux trois accords. The Dancers est là pour nous prouver le contraire ; une bonne claque dans la tronche. Non, le rock français n’est pas enterré, et il est même parfois bien plus jouissif que celui de nos amis britanniques ou américains. The Dancers, c’est un volcan en éruption : toute la fouge de la jeunesse pour des compositions enfiévrées.

Ex Misty Socks, le groupe n’est pas nouveau dans le paysage hexagonal (et ce n’est pas non plus la première fois que j’entends parler d’eux). Par ailleurs, ils n’ont pas attendu le nombre des années pour apprendre à composer. Chacun de leurs EP comporte des tubes en puissance, le dernier enfonçant davantage le clou. Ce nouvel opus, New Chemistry, est un condensé de leur talent. The Dancers a su prendre le meilleur de chaque mouvement : les vieux synthés de la New Wave, le rythme dansant des groupes américains et un punch typiquement british, pour délivrer une bien jolie galette. Leur single Eyes Closed (offert gentiment en téléchargement légal) est un bijou de composition ; tout comme ses frères, à vrai dire.

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Et le trio n’a pas choisi son nom par hasard. Il le proclame haut et fort : il faut danser ! Le pire, c’est que ça marche. Il faut noter par ailleurs que leur EP, enregistré, mixé et réalisé par Antoine Thibaudeau, possède une qualité de son complètement hallucinante. Coup de coeur : le titre Running, mon bébé. J’y retrouve le son de White Lies couplé au punch des Killers. La voix douce de Clémentine, ajoutée à celle de Corentin, ouvre énormément le son du groupe et permet, par la même occasion, d’alterner le mélange des genres. Il est clairement impossible de s’en lasser.

Maintenant, qu’on se le dise : The Dancers est une machine à tubes. Aucun de leurs morceaux ne me barbe. Je suis resté scotché sur mon siège à l’écoute de leur EP tellement le son est clean, dansant et leurs compositions emmenées d’une main de maître.

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Crédit : Benjamin McMahon

« Oui ! Ils sont français ! » Voilà à quoi je pense à l’écoute d’un tel groupe.

Au fait : www.welovethedancers.com

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Photographe et musicien, pour des chroniques et des rencontres pleines de bonne humeur et de naturel.

James Vincent McMorrow – Early In The Morning

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Si depuis quelques temps le monde du folk tournait en rond en stagnant sur ses positions, ce temps est révolu avec l’arrivée de James Vincent McMorrow. Certes on ne peut nier que la folk est là et reste là, mais mon Dieu qu’est ce qu’elle claque ! En à peine 45 minutes, James Vincent McMorrow aura réussi le pari de nous donner un album d’une qualité inestimable, et plus encore.

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À peine quelques mois dans une maison isolée en Irlande auront suffi à James Vincent McMorrow pour nous signer un album digne des plus grands (surtout quand on sait que ce garçon n’avait jamais chanté et était auparavant batteur dans un groupe de rock alternatif). James Vincent McMorrow possède un talent d’écriture hors du commun. On a tous déjà entendu ses accords encore et encore, mais voilà, quand lui les joue, ils prennent alors une autre ampleur. Sa voix aiguë et tremblante vous donnera des frissons. Il y a chez James Vincent McMorrow cette humilité qui lui est propre. Cette façon de découler les titres avec respect pour ses auditeurs. Il ne veut pas gêner, ne pas déranger. Sa musique apaise et on n’arrive toujours pas à comprendre la recette magique qu’il utilise pour nous prendre au bide aussi fortement. Chacun de ses titres est un Hit en puissance, tellement que je ne pourrais pas en exclure un du lot pour vous le présenter.

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James Vincent McMorrow possède un songwriting de génie, tantôt au piano sur « We Don’t Eat » ou tout simplement à la guitare sur le reste de l’album. James Vincent McMorrow nous transporte dans son Irlande natale à travers 11 titres. Chacun de ses refrains, comme celui de « Sparrow & The Wolf », demeure encré dans notre tête et on se retrouve sans le savoir à les fredonner dans la rue. Son talent d’écriture est si fort que je découvre une nouvelle catégorie sur Deezer : « Pop – Singer Songwriter » pour vous dire l’effet que doit procurer son album. James Vincent McMorrow passera à Paris le 30 mars prochain au Café de Paris et croyez moi : il ira loin !

James Vincent McMorrow bouleverse. Et quand ce genre d’album arrive, la chronique ne nous appartient plus. On se laisse aller, et on essaie tant bien que mal d’écrire correctement.

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Photographe et musicien, pour des chroniques et des rencontres pleines de bonne humeur et de naturel.

Agnes Obel – Philharmonics

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Le Danemark n’a jamais vraiment été connu pour ses artistes, pourtant Agnes Obel, arrivée de nulle part, vient d’inscrire le Danemark dans les pays à suivre pour leurs artistes pop. Son premier album « Philharmonics », sorti cet automne, a été encensé par la critique et le public. Accueillie à bras ouverts en France, cette Danoise âgée de 29 ans n’a pas fini de nous surprendre, et ce n’est pas son album tout juste certifié disque d’or qui dira le contraire.

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L’album avec son ouverture au piano nous met tout de suite dans l’ambiance. Agnes Obel veut nous faire voyager, nous faire découvrir son monde, car elle en possède bien un ! On aimerait par facilité classer cet album dans un style « pop ». Mais ça serait si mal chroniquer son album. Il y a dans ces douze ballades la légèreté et la fragilité d’une vie. Les titres s’enchainent sans peine et on se retrouve surpris par la rapidité par laquelle l’album se finit. La musicienne danoise a cette capacité à écrire autant de titres qu’elle veut, on ne s’en lassera jamais. La production du label sert parfaitement l’album qui amène toujours les chansons à leur paroxysme sans passer dans le superflu. Chaque titre a sa place, tantôt mélancolique, puis nostalgique et enfin mélodieux à souhait.

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De formation classique, Agnes Obel n’hésite pas à introduire des morceaux de compositions plus classiques purement instrumentales dans son album (« Falling, Catching », « Louretta » et « Wallflower ») qui d’ailleurs s’incorporent comme par magie dans l’ensemble sans déranger ni passer inaperçus. Et là est toute la magie de cet album. Aucun titre ne s’essouffle en route. Seule au piano ou accompagnée d’un quatuor à cordes, elle arrive à nous transporter dans ce monde de mélancolie et de tendresse. L’album se finit sur « On Powdered Ground », un au revoir tout en douceur avec ce fondu sonore comme si Agnès ne voulait pas nous brusquer en nous laissant lâcher prise petit à petit.

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Crédit : Frank Eidel

Il est certain que l’on vient de découvrir une artiste que l’on n’est pas prêt d’oublier. La longueur de sa tournée et le nombre de pays qu’elle visite en est la preuve. Ses ballades sont comme un souvenir d’été : chaud, tendre et rempli d’amour à souhait.

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Photographe et musicien, pour des chroniques et des rencontres pleines de bonne humeur et de naturel.

A moment with Morgan Manifacier

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Je l’ai découvert avec son premier EP « The Seed Became A Tree », sorti en 2009, qu’il m’avait envoyé dans sa pochette carton blanche décorée à la main.
Pourquoi vous raconter cela ? Parce que Morgan aime faire les choses par lui-même et a surtout le talent de les accomplir avec brio.

La musique folk est un immense terrain de jeu pour ce frenchy expatrié sous le soleil californien. Avec son nouvel album « Grande », qui sortira au mois de mars prochain, Morgan Manifacier explore de nouveaux sentiers.
Il nous livre tout d’abord un album touchant, en abordant des thèmes qui lui sont personnels, souvent intimes, avec une sincérité incroyable. Rien que pour cela, Morgan mérite toute notre attention.

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Et au delà de son parcours peu ordinaire, il nous montre également que sa musique a elle aussi bien muri. Fini les airs légers et aériens du premier EP, ici l’univers se veut décidément adulte et terriblement difficile à qualifier tant il est riche musicalement.

On voyage beaucoup au pays de l’oncle Manifacier avec ses morceaux principalement animés de riffs acoustiques et habités par des chœurs qui viennent donner du corps aux titres.

On n’en attendait pas moins du talent de Morgan et il nous livre avec Grande un grand et merveilleux travail de composition.
J’ai décidé pour accompagner cette chronique sur « Grande » de vous proposer une rencontre avec mon ami Morgan au travers d’une interview, à l’occasion de la sortie de cet album sur le label Tape Club Records.

Place à la rencontre…

  • Salut Morgan, tout d’abord comment vas-tu ?

Très bien, en ce moment. J’ai repris la fac à Oakland, j’ai retrouvé mes bons amis, et je viens d’annoncer une très bonne nouvelle aux gens qui me suivent musicalement. Un bon début 2011 pour ainsi dire.

  • Sacré début d’année tu l’as dit ! Tu signes sur un label indé anglais Tape Club Records. Tu peux nous en dire plus ?

En effet, je leurs avais envoyé une copie de mon album, et ils m’ont tout simplement répondu positivement. S’en sont suivis signature de contrats etc, et mot final de l’histoire, l’album sortira le 14 mars prochain!

Ils ont toujours été très ouverts au dialogue, ce sont des gens très généreux humainement, ce qui a beaucoup aidé le processus de signature.

  • L’album a été enregistré cet été, c’est bien ça ?

Pas tout à fait.

L’année dernière en réalité. J’ai mis a peu près sept mois. Je l’ai enregistré à la fac, entre ma chambre d’étudiant, et un théâtre qu’ils venaient de rénover.

C’était une expérience très enrichissante.

  • Pour ton premier EP « The Seed Became A Tree », tu t’étais entouré d’amis pour l’enregistrer, je pense notamment à Travis Vick. Cela a-t-il été le cas pour ton album « Grande » ?

Pas du tout. J’ai enregistre cet album seul.

Vraiment tout seul, du début jusqu’a la fin.

De l’écriture, à la composition, à l’enregistrement, au mixage, tout. C’est pour ca que j’en suis un peu fier.

  • Par rapport à ton EP, cet album propose une évolution au niveau de l’univers musical, même si de manière générale, c’est toujours de la folk. Comment peux tu décrire cette évolution dans ta musique ?

C’est une évolution particulière en effet. Cet album est beaucoup plus « roots » en un sens, et beaucoup plus acoustique aussi.
Le but était vraiment de créer quelque chose d’entier. Quelque chose qui puisse marquer un peu de mon histoire.
Cet album est vraiment un tout, et l’ambiance qui y est présente est vraiment différente de celle du premier EP.
Dans Grande, il y a une véritable nuance d’entité, dans le sens où c’est un vrai album, pas une compilation de chansons.
Les chansons sont toutes liées les unes aux autres, vraiment.

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  • Et du coup, quels sont les thèmes principaux de cet album ?

On y trouve beaucoup de solitude, beaucoup de voyage, un soupçon de religion, une pincée d’amour fraternel et un hommage à la mort et au passé.

  • Des voyages, parlons-en ! Tu es français mais aujourd’hui tu vis à l’heure américaine, sur la côté Ouest des Etats-Unis, en Californie. Comment tout cela est-il arrivé ?

En fait, je suis tout simplement étudiant en musique. Une sorte de conservatoire aux Etats-Unis. Je leur ai proposé mon dossier, et ils m’ont offert une bourse ! C’est une grande chance pour moi de vivre cette aventure.

C’est une expérience étonnante, qui pose beaucoup de problèmes quotidien, mais qui t’aide à grandir d’une façon incroyable. C’est un moyen de s’éloigner de ses faiblesses, et de se rapprocher de ses qualités.

  • C’est évident que vivre éloigné de sa famille et de ses amis amène à une autre conception du quotidien. Si tu devais garder un souvenir, un seul du lieu où tu vis actuellement, ce serait quoi ?

Un souvenir? Je pense la rencontre de mes amis d’aujourd’hui. Ceux qui le resterons pour la reste de ma vie.

Un lieu, je ne pourrai même pas choisir !

  • Tu me tends une perche là ! Quels sont du coup les lieux incontournables en Californie pour toi ?

San Francisco ! Cette ville est vraiment magique. Bien sûr, il y a des endroits un peu plus ghettos que d’autres, mais c’est une ville resplendissante.
Lake Tahoe, et le park Yosemite, sont deux endroits naturels et extraordinaires. Des parks naturels gigantesques. A voir pour le croire, un peu dans la lignée d’endroits comme le Grand Canyon.
Les jolies ville américaines comme Monterey ou Napa aussi.
Ou encore le désert le plus aride de la vallée centrale.
Et j’en passe.

  • Merci Morgan pour cette petite invitation au voyage. On va revenir sur un peu sur ton album. Il se compose de dix titres. Si tu le veux bien, on va revenir sur quelques uns de ces morceaux. Ton album commence avec LAP. Ça veut dire quoi ?

Je vais devoir garder ça pour moi…

  • On n’en saura pas plus ?

Il faut toujours un brin de mystère !

  • C’est bien vrai, c’est ce qui fait la magie de la musique.
    Grande, titre éponyme de ton album, le termine. Quelle signification mets-tu derrière ce titre, et ce morceau ?

Grande est le nom de famille de mon grand père.

Il est décédé peu avant le jour de mon douzième anniversaire.

Cet album est en partie un hommage à cette personne qui fait toujours partie de ma vie.

La perte de mon grand-père fut très pénible en fait. J’ai eu beaucoup de mal gérer sa disparition.

Il m’a beaucoup donné, à moi, à mon frère, à ma sœur ; à ma famille en général.

Cet album est en fait également un hommage à ma famille.

  • On ressent vraiment la force de cet hommage à l’écoute des morceaux de ton album. Des titres vraiment profonds, qui mettent en valeur toute la sincérité qu’évoque ta musique et tes paroles. C’est un très bel hommage que tu leur livres ici.

Merci, cela me touche profondément Fréd.

J’espère que les gens le ressentirons aussi de leurs coté.

  • J’en viens à un autre titre de ton album, qui s’est traduit par un clip vidéo ; The Lines. Je veux bien que tu m’en dises quelques mots.

The Lines est une chanson phare de l’album. Elle est l’histoire, sous un tas de métaphores, d’une période de ma vie ou je ne trouvais plus le moyen de m’exprimer.

Je n’écrivais plus, je ne jouais plus, ou du moins je n’y arrivais plus.

En anglais, ca s’appelle « the writer’s block effect ». C’est un peu comme le phénomène de la page blanche.

Alors au lieu de me forcer à écrire, je me suis forcé à raconter ce que je vivais. Et cela m’a beaucoup soulagé, pour être honnête.

  • Et comment s’est fait le travail sur l’adaptation vidéo du clip car il s’agit d’une réalisation un peu surprenante.

Tout à fait, mon ami Azure Pepe Valencia, a énormément aimé la chanson, tout particulièrement la référence aux lignes. Et l’idée de projeter un film au rythme de la chanson vient de lui. J’ai adoré le concept, et donc nous avons pris une heure pour filmer le tout.

Mais c’était beaucoup plus de travail pour lui. Je trouve que cette vidéo est belle, et magnifique de simplicité, bravo a lui !

  • On approche de la fin de l’interview. On va revenir sur la sortie de Grande prévue pour le mois de mars si je ne me trompe pas. Ca sortira où et sur quelques supports ?

Tous les supports digitaux bien sûr ; iTunes, Spotify, Amazon, etc, mais aussi en physique sur la boutique du label Tape Club Records.

Sortie prévue le 14 mars !

  • C’est noté pour ma part, et sinon d’autres projets à venir ?

Un troisième album en cours d’écriture.

  • Très bien, on suivra ton actualité de près  pour nos lecteurs. Merci Morgan pour ce beau moment d’échange en ta compagnie, c’était un plaisir de discuter avec toi sur la sortie de ton premier album et sur tes projets.

Merci a toi pour cette opportunité! A très bientôt !

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Retrouvez Morgan Manifacier sur http://morganmanifacier.com

Suivez également la sortie de l’album « Grande » sur Facebook :
www.facebook.com/pages/Morgan-Manifacier/50757545603

www.facebook.com/event.php?eid=181695788531038&ref=ts

Et notez que « The Lines » est en téléchargement gratuit pour vous faire patienter sagement jusqu’à la mi mars :
http://soundcloud.com/morganmanifacier/the-lines

Fred

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques

Ronan Siri – Ronan Siri

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On tombe parfois sous le charme d’une voix, parfois d’un refrain ou d’une mélodie, Ronan Siri, jeune artiste lyonnais, va bien au delà, en nous livrant tout au long de son premier album, éponyme, une grande et belle invitation au cœur de la folk music.

Tout ce qu’il y a de bon dans cette musique est présent dans son dix titres ; des mélodies délicatement composées et arrangées, un univers qui se veut intimiste, et une voix, et quelle voix, qui parvient à nous faire trembler, quand Ronan parle de sentiments, d’amour notamment.

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Dix morceaux ou dix bonnes raisons d’adopter la musique de Ronan Siri, c’est ce qui m’est venu naturellement en tête après ma première écoute. Ronan Siri étonne pour son âge, avec des titres pleins de maturité, qui pourraient parfaire une collection déjà riche des disques de Neil Halstead, Ray LaMontagne, Bon Iver et José González.

Everything’s gonna be alright.

Ronan Siri le chante dans sa chanson hommage à Bob Marley, et c’est ce qu’on peut affirmer concernant le futur du musicien lyonnais, tant son talent éclate ici au grand jour : celui d’un alchimiste sachant marier la beauté des sonorités folk à celle des paroles.

À coup sûr, cet album vous fera aimer la folk.

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Et pour ceux qui sont conquis, sachez que l’enregistrement de son second album est déjà au programme.

Pour découvrir l’album, c’est par ici que ça se passe : www.myspace.com/undatrees

Fred

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques