Ils ont créé un pop-rock monstrueusement efficace !

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Propulsé par quatre jeunes trentenaires élevés à l’indie rock américain, le projet On a créé un monstre, initié en 2006, compile sur son douze titres l’avenir du pop-rock québécois.

L’Iceberg – c’est le nom de leur premier album – est sorti le 8 mars dernier au Québec et depuis peu dans nos contrées !

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Qu’on vous rassure d’emblée, ce premier opus d’OACUM ne va pas vous fondre entre les doigts, on peut même dire que c’est du solide ; tout s’y trouve maitrisé, autant les rythmiques guitares-basse-clavier-batterie, que les textes, tout s’accorde à merveille.

Les textes, parlons-en ! Le parti pris du groupe, pour le moins audacieux, a été de défendre notre chère langue française dans un pays où la culture américaine se ressent à chaque coin de rue.

Il ressort de ces morceaux de nombreuses histoires.

Tout d’abord, des aventures souvent romancées, parfois pleines de poésie sur « Le vent d’ailleurs » (un regard incendiaire…, regard pour lequel je craque »), ou totalement fantasques sur « Ma tête sur un plateau » (tu tires sur ma langue, avec tes poings, tu tapes la cadence, tu m’embrasses par surprise »).

À côté de ces histoires d’amour, des histoires plus graves ressortent avec « Comme un samouraï« , titre en deux parties sur le mal-être d’une personne qui perd toutes ses accroches à la vie, et des histoires imaginaires comme le premier single du groupe « Brûle » sur un incendie dans un appartement et le vent de panique (et de folie) qui s’en suit (« L’étage d’en dessous flambe maintenant, je suis lucide et je suis ailleurs en même temps) !

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L’album se termine sur trois titres que les fans des débuts d’OACUM connaissent bien, dont « Ok! Mardi. Café » ou le récit à la première personne d’un homme tombant sous les charmes d’une jolie jeune fille (« Il fait chaud, tu me regardes, il fait chaud, c’est malade ! »).

Concernant les mélodies, les influences des groupes indés américains se ressentent, notamment avec un jeu guitare-piano sacrément efficace. L’Iceberg alterne des morceaux très dynamiques et dansants comme sur « Ma tête sur un plateau« , et d’autres bien plus posés, reposants, c’est le cas de « Ver d’Oreille« . Et entre les deux, des titres comme « Je pleure ou je ris » viennent faire jeu double, avec une rythmique à la fois tonique par moments, et qui prend toute son ampleur sur le refrain, et des moments bien plus calmes où toute la dynamique du morceau se calme pour mieux repartir.

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L’univers pop d’On a créé un monstre ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais il sera pour beaucoup le parfait accompagnement d’un début de soirée calme.

Véritable vent de fraicheur venu de Sorel Tracy, l’Iceberg vous fera certainement aimer encore un peu plus la musique indépendante venue de chez nos « cousins » de l’autre côté de l’Atlantique.

L’album est à découvrir sans plus attendre sur www.onacreeunmonstre.com et disponible en téléchargement sur iTunes et sur CD1D.com

Et leur premier clip sur le morceau « Brûle » est à découvrir ci-dessous :

Fred

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques

Lucky Lindy, un billet d’embarquement pour la folk

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Parfois certains groupes vous font partir loin, très loin à travers leur sonorités empruntes de voyages. Lucky Lindy en est un sacré exemple, et le fait avec originalité, en nous faisant partager les trépidantes aventures – aériennes si on se réfère au titre de leur album « The Greatest Aviators » – de quatre musiciens multi-instrumentistes originaires de la région parisienne.

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Je vous les présente, Loïc, chanteur maniant aussi bien le banjo, l’accordéon, le kalimba et le ukulélé, Thomas, guitariste-chanteur trompettiste adepte du toy piano, Léo, violoniste contrebassiste et Benoit, batteur-guitariste. Surprenant quatuor qui, entre ses huit mains, a de quoi monter tout un orchestre !

Il n’est donc pas étonnant de retrouver dans ce premier album, treize titres qu’on pourrait penser issus d’une compilation d’artistes variés plutôt que d’un seul et même groupe. Et ce n’est pas pour nous déplaire !

Il ressort de l’album des quatre parisiens, une folk profonde et généreuse sur l’excellent « Sweet Hurts » (disponible au passage sur le volume 2 de This Is Select) et parfois intimiste comme sur « Old Sam ».

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Leur univers n’est pas pour autant enraciné dans la folk, « Mission », morceau le plus dansant de l’album nous démontre que Lucky Lindy maitrise également avec brio les codes de la pop.

Et les influences du rock se ressentent sur de nombreux morceaux comme sur le refrain de « Get Out Of The Shadow ».

On pourra même noter les influences de la musique celtique sur « Sea Song » qui se révèle en parfaite illustration du voyage auquel le groupe nous invite. Dépaysement garanti !

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Il serait donc vraiment dommage de passer à côté d’un album si remarquable par la variété de ses instrumentations navigants entre la folk alternative de Devendra Banhart, l’indie rock d’Archive et la pop des Sunday Drivers.

Lucky Lindy est un groupe à suivre, talentueux et généreux sur scène, qui ne va certainement pas révolutionner le monde de l’aviation, mais qui vient apporter sa pierre à l’édifice bâti au fil des années par les artisans de la folk.

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Et l’aventure de Lucky Lindy ne s’arrête pas là, elle continue sur leur site officiel : www.luckylindyband.com

Fred

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques

Kings of Tales – Land Of Tales

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Jeune groupe d’Angers, Kings of Tales possède déjà, en à peine deux années d’expérience, un joli parcours dans sa région. On m’a proposé de les découvrir il y a quelques jours, et j’avoue avoir trouvé dans leur identité musicale un certain intérêt.

A la première écoute, à la première seconde, il n’y a aucun doute ; Kings of Tales s’inspire énormément de Muse (le citant d’ailleurs eux-même). Peu de groupes ont le courage ou la volonté de s’impliquer dans ce genre de rock mêlant l’alternatif et le lyrique. Inconsciemment, je me suis retrouvé au collège écoutant dans ma chambre les premiers albums du célèbre groupe anglais avec ce son bien grave et ces accords hurlants à la pelle. Aux Kings of Tales, on reconnaitra un travail impressionnant livré en si peu de temps avec deux EP sortis à quelques mois d’intervalle. Cependant Land of Tales, second EP du groupe, s’essouffle un peu en longueur, tombant même parfois dans le surplus. La voix de Florian, chanteur-pianiste de Kings of Tales, porte aussi l’inspiration de Muse, cependant elle aussi perd en puissance par moments, car ressembler à Matthew Bellamy n’est pas donné à tout le monde. Je retiendrai cependant la chanson « Broken Helmets » qui possède une introduction au piano digne des plus grandes chansons du groupe anglais, et réussir cela c’est déjà un grand exploit. J’y retrouve en effet la douceur du piano de Matthew et dans les chœurs un air de « Take a Bow ».

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Alors bien sur Kings of Tales a encore beaucoup de chose à apprendre et à travailler. Mais on ne leur enlèvera pas la technique que ces cinq musiciens ont pu acquérir durant ces deux années, qui est assez incroyable. Leur son est juste et  ils ont la chance d’avoir un second EP très bien mixé. Certes la production est très générale mais n’oublions pas qu’ils n’en sont encore qu’à leurs débuts. En regardant la pochette qui me rappelle vaguement le dernier album de Wolfmother, je me suis aperçu que derrière ce son très lyrique, Led Zeppelin pouvait aussi se ressentir dans les influences du groupe (surtout l’introduction de « Elusive Childhood »).

Le son de Kings of Tales est pour le moins original, même s’il n’est pas encore véritablement défini, car leur style à force de partir dans plusieurs univers prend le risque de s’essouffler : virant tantôt dans le métal, tantôt dans le lyrique, tantôt dans le heavy. On s’y perd un peu ! Mais ce qui est à retenir, c’est que pour le jeune âge de la formation,  la technique est décidément bien là et cela mérite amplement d’être souligné.

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Le second EP des Kings of Tales « Land of Tales » est disponible en écoute et en téléchargement gratuit sur bandcamp : http://kingsoftales.bandcamp.com/album/land-of-tales

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Photographe et musicien, pour des chroniques et des rencontres pleines de bonne humeur et de naturel.

The Dancers : créateurs de single

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Crédit : Stuart Nicholls

Depuis des années, les journalistes nous bassinent comme quoi le rock français serait inexistant, voire mort et qu’on devrait se coltiner des « bébés rockeurs » aux trois accords. The Dancers est là pour nous prouver le contraire ; une bonne claque dans la tronche. Non, le rock français n’est pas enterré, et il est même parfois bien plus jouissif que celui de nos amis britanniques ou américains. The Dancers, c’est un volcan en éruption : toute la fouge de la jeunesse pour des compositions enfiévrées.

Ex Misty Socks, le groupe n’est pas nouveau dans le paysage hexagonal (et ce n’est pas non plus la première fois que j’entends parler d’eux). Par ailleurs, ils n’ont pas attendu le nombre des années pour apprendre à composer. Chacun de leurs EP comporte des tubes en puissance, le dernier enfonçant davantage le clou. Ce nouvel opus, New Chemistry, est un condensé de leur talent. The Dancers a su prendre le meilleur de chaque mouvement : les vieux synthés de la New Wave, le rythme dansant des groupes américains et un punch typiquement british, pour délivrer une bien jolie galette. Leur single Eyes Closed (offert gentiment en téléchargement légal) est un bijou de composition ; tout comme ses frères, à vrai dire.

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Et le trio n’a pas choisi son nom par hasard. Il le proclame haut et fort : il faut danser ! Le pire, c’est que ça marche. Il faut noter par ailleurs que leur EP, enregistré, mixé et réalisé par Antoine Thibaudeau, possède une qualité de son complètement hallucinante. Coup de coeur : le titre Running, mon bébé. J’y retrouve le son de White Lies couplé au punch des Killers. La voix douce de Clémentine, ajoutée à celle de Corentin, ouvre énormément le son du groupe et permet, par la même occasion, d’alterner le mélange des genres. Il est clairement impossible de s’en lasser.

Maintenant, qu’on se le dise : The Dancers est une machine à tubes. Aucun de leurs morceaux ne me barbe. Je suis resté scotché sur mon siège à l’écoute de leur EP tellement le son est clean, dansant et leurs compositions emmenées d’une main de maître.

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Crédit : Benjamin McMahon

« Oui ! Ils sont français ! » Voilà à quoi je pense à l’écoute d’un tel groupe.

Au fait : www.welovethedancers.com

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Photographe et musicien, pour des chroniques et des rencontres pleines de bonne humeur et de naturel.

James Vincent McMorrow – Early In The Morning

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Si depuis quelques temps le monde du folk tournait en rond en stagnant sur ses positions, ce temps est révolu avec l’arrivée de James Vincent McMorrow. Certes on ne peut nier que la folk est là et reste là, mais mon Dieu qu’est ce qu’elle claque ! En à peine 45 minutes, James Vincent McMorrow aura réussi le pari de nous donner un album d’une qualité inestimable, et plus encore.

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À peine quelques mois dans une maison isolée en Irlande auront suffi à James Vincent McMorrow pour nous signer un album digne des plus grands (surtout quand on sait que ce garçon n’avait jamais chanté et était auparavant batteur dans un groupe de rock alternatif). James Vincent McMorrow possède un talent d’écriture hors du commun. On a tous déjà entendu ses accords encore et encore, mais voilà, quand lui les joue, ils prennent alors une autre ampleur. Sa voix aiguë et tremblante vous donnera des frissons. Il y a chez James Vincent McMorrow cette humilité qui lui est propre. Cette façon de découler les titres avec respect pour ses auditeurs. Il ne veut pas gêner, ne pas déranger. Sa musique apaise et on n’arrive toujours pas à comprendre la recette magique qu’il utilise pour nous prendre au bide aussi fortement. Chacun de ses titres est un Hit en puissance, tellement que je ne pourrais pas en exclure un du lot pour vous le présenter.

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James Vincent McMorrow possède un songwriting de génie, tantôt au piano sur « We Don’t Eat » ou tout simplement à la guitare sur le reste de l’album. James Vincent McMorrow nous transporte dans son Irlande natale à travers 11 titres. Chacun de ses refrains, comme celui de « Sparrow & The Wolf », demeure encré dans notre tête et on se retrouve sans le savoir à les fredonner dans la rue. Son talent d’écriture est si fort que je découvre une nouvelle catégorie sur Deezer : « Pop – Singer Songwriter » pour vous dire l’effet que doit procurer son album. James Vincent McMorrow passera à Paris le 30 mars prochain au Café de Paris et croyez moi : il ira loin !

James Vincent McMorrow bouleverse. Et quand ce genre d’album arrive, la chronique ne nous appartient plus. On se laisse aller, et on essaie tant bien que mal d’écrire correctement.

photo sylvain 1501

Photographe et musicien, pour des chroniques et des rencontres pleines de bonne humeur et de naturel.