The Last Morning Soundtrack – A Distance, A Lack

the last morning soundtrack (1)

La musique parfois nous anime, nous fait vibrer, nous émeut, nous procure des petits picotements incontrôlés ; elle nous touche là où ça fait du bien. Celle de Sylvain à travers son projet The Last Morning Soundtrack, c’est tout ça, tout simplement.

The Last Morning Soundtrack est une manifestation du naturel, une musique écrite à l’instinct.

Comme dans un cocon protecteur, on s’y sent bien, sous un climat protecteur ; on n’a d’ailleurs pas envie de le quitter quand on y est. On est vraiment loin de nos préoccupations quotidiennes quand on choisit d’écouter ce que Sylvain veut nous transmettre.

A distance. A lack. s’ornemente de musiciens rennais talentueux qui viennent habiller de la plus belle des parures, faite de modestie et de jolies sonorités tantôt folk tantôt classique, ce premier album de TLMS.

Au rythme des dix titres, de l’émotion s’installe à notre table puis s’évade par la fenêtre, voguant vers de nouveaux horizons. Notre conscience du temps s’échappe au fil des morceaux entre « Heartbeats & headache » et « The last chapter » qui renferment à chaque bout une singulière initiation à la sensibilité musicale.

Mon titre préféré de l’album est assurément The belated promise of lovers, ballade douce et apaisée, qui englobe à elle seule la grande sincérité de ce projet.

The Last Morning Soundtrack, c’est comme un bon thé chaud après la journée de boulot.
Un folk doux comme un hiver, chaleureux comme un bel été, des notes légères comme des feuilles à l’automne et des instruments naissants sur chaque titre comme des bourgeons au printemps.

Une voix pour nous accompagner tout au long de l’année.
Une musique pour nous retrouver.

thelastmorningsoundtrack.com
thelastmorningsoundtrack.bandcamp.com
facebook.com/The-last-morning-soundtrack
myspace.com/thelastmorningmusic
vimeo.com/thelastmorning

Photos par Chloé Le Drezen

L’art de ne pas suivre la meute

Voilà que le Californien d’adoption, Morgan Manifacier, sort aujourd’hui un joli petit enregistrement fait de quatre reprises de ses compagnons du label Tape Club.

Sur ce « Tape Club EP », Morgan, avec pour seule compagnie sa guitare, nous prouve qu’il est autant à l’aise avec ses propres compositions qu’avec celles de ses amis musiciens.

Là où le génie de Morgan se révèle, c’est dans sa manière d’aborder le concept même de la reprise.
Bien loin de faire de la cover pure et dure, il y met toute sa sensibilité et insuffle sa douce parole chaleureuse et habitée aux morceaux pour mieux nous les rendre appréciables.

Morgan Manifacier a inventé son propre courant musical, le folk manifacier, un folk pur qui résonne au naturel, délicat et sans fioriture.

Morgan ne s’arrête jamais et signe avec ce « Tape Club EP » un recueil folk intimiste qui vient marcher sur les traces de son grand frère Grande.

Le loup solitaire du folk émotionnel continue son beau chemin, et le plus beau cadeau que je pouvais lui faire était de lui rendre la pareille en lui exprimant tout le bien que son dernier enregistrement m’évoque. C’est désormais fait.

Chapeau bas l’ami

Pour télécharger l’EP gratuitement, c’est ICI !

http://morganmanifacier.com/
http://www.tapeclubrecords.com/

The Ankers, le rock n roll dans la peau

Rock n roll, c’est ce qui me vient directement pour ce quatuor parisien formé autour des frères australiens Stuart.
Naturellement à l’aise avec leur langue natale, The Ankers a pu se concentrer directement sur les compositions, sans pour autant faire l’impasse sur les textes.

Il en ressort cinq excellents morceaux très éclectiques, avec une belle alternance de titres incisifs, bien rentre-dedans, parfaits pour illustrer cinématographiquement des bastons à la Fight Club, et d’autres titres qui nous ramènent à un univers plus confiné, plus intime.

« Lock Me In A Room » ouvre le bal avec un titre au riff qui met bien la patate. La voix de Tristan supporte bien le rythme et nous entraine dans une bonne grosse descente dans les entrailles d’un rock suant d’énergie. On touche presque le psyché sans jamais y entrer, il faut dire qu’en deux minutes trente à peine, tout passe bien vite.

On passe ensuite sur « I Feel Like A Terrorist », morceau infiniment posé, où l’on se voit bien dans un bar à strip sirotant une bonne bière devant une armée de jolies filles dansant pour nous.

« Take My Thrown » remet la lumière. Le son pète de toute part et nous voilà repartis sur un titre qui envoie du bois. Des riffs presque saturés, une furieuse envie de tout casser et un joli parfum de road movie.

« Above The Outside Line » fait redescendre la température montée bien haut et nous remet sur le droit chemin avec un titre avant tout contemplatif, qui évolue dans la durée sur de belles notes chaleureuses.

On termine le bout de chemin sur « Money Riff », le morceau le plus dingue de l’album, qui nous fait partir sur les routes d’un rock endiablé. Ce titre est une tuerie d’efficacité, ça te prend aux tripes, tes jambes partent en live et tu te retrouves à taper du pied comme un furieux pour rester dans le tempo.

Sur cinq titres, The Ankers étale sa passion pour le rock d’aventure. Un rock qui se veut avant tout le récit de petites histoires construites au grès de rencontres fortuites. On se met à rêver d’histoires rock n rollesques et le moins que l’on puisse dire, c’est que la magie de la musique des Ankers opère.

En quinze minutes, l’aventure touche à sa fin en nous laissant sur un très bon bilan et une envie d’en entendre davantage. Ce premier EP passe franchement bien, ça s’écoute sans prise de tête, et ça suffit largement à nous faire passer un bon moment.

http://www.noomiz.com/theankersband
http://www.youtube.com/user/TheAnkersBand
http://www.myspace.com/theankersband

[LP] Airship – Stuck In This Ocean

Airship, quatuor indie rock de Manchester, sortira son premier album « Stuck In This Ocean » le 5 septembre prochain sur le célèbre label indé [PIAS].

crédit : Matt Spalding

Deux ans de préparation auront été nécessaires, entre concerts et répétition en plein cœur de Manchester, pour statuer sur l’accomplissement de leur premier album.

« Stuck In This Ocean » bénéficie, de par la sage patience des quatre Anglais, d’un enregistrement au Rockfield Studios (Oasis, Kasabian, The Wombats), entourés du producteur Dan Austin (Doves) et épaulés par le non moins célèbre Chris Urbanowicz, guitariste d’Editors.

Un entourage qui n’étonne que peu quand on sait que depuis leur formation en 2008, Airship a fait les premières parties de trois prestigieux groupes anglais Biffy Clyro (sur sa tournée européenne en 2010), The Joy Formidable et leurs désormais potes d’Editors.

Avec son debut album, Airship s’inscrit dans la lignée des grands groupes anglais qui savent allier intelligence des textes et grandeur musicale, et ce n’est pas leur premier single « Kids » qui pourrait nous faire penser le contraire.

Le reste de l’album est tout aussi prometteur.
Airship ouvre son album avec « Algebra », nous propulsant sur l’avant-scène d’une musique fourmillant d’instrumentations épurées, mélange d’influences indie rock pop entre Interpol, The Boxer Rebellion et Barcelona.

Sur « Gold Watches », on a l’exemple d’un rock émotionnel et complexe, défendant une mélodie évolutive, grandissant à chaque nouvelle note.

« The Trial Of Mr Riddle » signe au beau milieu de l’album, certainement leur meilleur titre. Sur plus de huit minutes, Airship nous livre un grand moment de rock avec des instrumentaux qui viennent écrire et bâtir ce titre que même ColdPlay ne renierait pas.

Les riffs transcendés de « Test » parviennent à me convaincre encore plus du potentiel sans limites de ce groupe dont j’ignorais encore l’existence il y a un mois.

Au final, onze titres ponctuent cet album, destiné avant tout à une écoute complète, telle une œuvre en onze chapitres.
Il est d’ailleurs difficile de quitter l’écoute dès qu’on accepte d’y prêter une attention suffisante, comme « coincés au milieu d’un océan » ; vaste et magnifique, entre douceur et agitation. Les rythmiques guident notre écoute tels ses courants chauds et froids.

crédit : Matt Spalding

À chaque titre, son supplément d’âme nécessaire, qui fait chavirer la nôtre dans les abimes d’un rock intense, vivant et vibrant.

Airship représente le rock alternatif de cette fin 2011, à l’image de ces groupes anglais qui depuis une dizaine d’années nous font vivre de grands moments musicaux, transcendants ceux qui jouent et ceux qui l’écoutent pour ne faire qu’un seul et même groupe uni autour d’une même passion pour la musique alternative.

Airship n’est pas un groupe savant, mais son savoir-faire en matière de compositions efficaces laisse présager le meilleur pour eux avant même d’en voir la reconnaissance.

Fantômes de Vondelpark

Vondelpark, le trio Londonien a sorti son délicieux deuxième EP intitulé “NY stuff and NY bags” le 24 Juillet dernier.

Le trio est presque inexistant sur la toile et ne possède même pas de Myspace. Chose plutôt étonnante pour une formation de cette génération. Mais cela n’affecte en aucun cas la qualité de leur musique, au contraire, la surprise est d’autant plus attrayante.Grâce à mon talent de fouine j’ai même trouvé les trois membres qui forment Vondelpark sur Facebook. Chose inutile mais qui me permettra de vous citer avec distinction Lewis Henry Rainsbury, Alex Bailey et Matthew Lawrenson.

Bref, revenons-en aux faits. Ny stuff and Ny bags est chargé d’émotions, de vastes paysages traversés par un train de nuit, de crépuscules et tout le tralala de l’expérimental.
Le très bon morceau d’ouverture, TV, fait l’effet d’une bouffée de rêves lointains, comme un voyage dans la nostalgie du bonheur. N’en disons pas plus sur les quatre morceaux qui suivent celui-ci.
Les mélodies chillwave fantomatiques et légères aux guitares minimales, samples de voix suaves et timides composent un EP  frais, planant et joliment émotif.
Un groupe prometteur à découvrir, et un EP à savourer comme un verre d’eau fraîche en plein désert sous 50°C.

Vonderful Vondelpark.

Vous avez dit Jean Louis ?

Jean Louis est un morse qui plante ses défenses là où ça fait mal, en distillant un jazz core expérimental brutal. En vérité, Jean Louis c’est trois musiciens Aymeric Avice (trompette), Joachim Florent (contrebasse) et Francesco Pastacaldi (batterie).

Définir leur musique s’avère quelque chose d’assez complexe ; cela pourrait se traduire en un rythme chamboulé, accompagné d’un groove puissant et d’une contrebasse nerveuse, boosté grâce aux pédales. L’ensemble est accompagné par les sonorités très détonantes du trompettiste Aymeric Avice, dont on connaît déjà le talent par ce qu’il produit avec le groupe Radiation 10.

Avec un trio si complémentaire, nous obtenons une musique très sombre, toute en intensité, qui donne parfois l’impression d’assister à un concert de musique féroce. Ce qui n’est pas sans rappeler les fameuses défenses du morse en pochette sur leur dernier album intitulé, oh surprise, Morse. Un album à posséder dans sa discothèque ; un disque ravageur. Un son compact et très distordu.

Toujours en quête d’une liberté d’expression absolue, l’intérêt pour la recherche musicale et l’expérimentation rend Jean Louis bien loin des clichés de la musique actuelles et de son attraction.

Alors, c’est sûrement ça Jean Louis, pousser la musique dans ses moindres recoins jusqu’à obtenir quelque chose à base de lignes de riffs très puissantes et de bases rythmiques explosives.

Leur myspace : http://www.myspace.com/tranchemusic
Pour écouter l’album : http://jeanlouis.bandcamp.com/

Viva Brother remet une couche de peinture fraiche sur la brit pop

Un jeune groupe anglais plein d’audace, Viva Brother (précédemment Brother), sort demain son debut album « Famous First Words » et signe la renaissance d’une pop efficace et mélodique aux racines très locales.

Le quatuor anglais originaire de Slough, à l’ouest de Londres, sorti de nulle part est devenu en quelques semaines la nouvelle sensation hype à l’instar de The Kooks ou des Arctic Monkeys.

Leonard Newell, Josh Ward, Samuel Jackson et Frank Colucci déjà considérés par la presse anglaise comme les héritiers de la couronne Brit Pop, le manifestent avec culot en introduisant leurs concerts par un « If anyone here doesn’t want to see the future of music, leave now. » Osé !

Il aura fallu attendre près de dix ans pour voir surgir un digne successeur des frères Gallagher et découvrir un dix titres parfaitement calibré s’inscrivant à la fois dans la continuité de leurs pairs et offrant une cure de jouvence à une pop en manque d’optimisme et de créativité.

Avec leurs refrains accrocheurs et pétillants, leur chanteur charismatique, leurs paroles qui transpirent la bonne humeur et l’envie, les quatre Viva Brother n’en sont qu’à leur premier album et ce dernier a tout pour passer pour leur best of.

De « Still Here », hymne rebelle et enflammé à « Electric Daydream » où l’Oasis touch est plus que flagrante, « Famous First Words » est un pur concentré vivace et ambitieux prêt à exploser sur les charts.

La Brit Pop est de retour, Viva Brother !

Site officiel : http://acidlove.net/

L’année du Dragon en Suède

Le quatuor Suédois, Little Dragon, en partie connu pour sa collaboration avec Gorillaz poursuit sa lancée avec son troisième album Ritual Union qui sortira le 26 Juillet.

Little Dragon sait parfaitement manier l’électro-pop à la suédoise et nous surprend avec ses quelques titres comme Shuffle A Dream et Summertearz qui nous font danser au moment où l’on ne s’y attend pas, comme si les rythmes surgissaient de l’album.

Coup de coeur pour le titre Nightlight, très bon morceau un peu groovy, dansant et parfaitement arrangé.

Ritual Union est un album d’ambiance, mais il devient rapidement l’évènement principal de la soirée.
Tonalités synthétiques et abstraites, parfois psyché, la voix envoûtante de la chanteuse Yukimi Nagano et les mélodies sensuelles sans excès sont les ingrédients nécessaires à un bon album d’electro-pop.

Maintenant que je vous ai mis l’eau à la bouche, il ne vous reste plus qu’à attendre la sortie officielle de Ritual Union le 26 juillet. Encore cinq jours, patience, l’attente décuple le plaisir !