[EP] [Exclusivité] Adam Wood – Hello Again

Adam Wood est de retour, cinq ans après son premier album, un ambitieux format court sous le bras, symbolisant à la fois des années de doutes, de créativités, de rencontres et de résilience artistique. Si le LP, « Hang On », sorti en 2014, se révélait enlevé, millésimé et surtout rock’n’roll dans l’âme, lui ouvrant les portes d’une reconnaissance critique largement méritée, « Hello Again » consacre comme une évidence le talent du fabuleux singer-songwriter qu’il est devenu au fur et à mesure de son cheminement personnel et musical.

Si l’imaginaire d’Adam Wood a toujours été imprégné par une certaine Amérique, de la plus littéraire à la plus musicale (Dylan, Neil Young, Jack White, Dan Auerbach…), de la plus cinématographique (Frères Coen, Peckinpah, Cimino…) à la plus fantasmée, en écoutant l’intégralité de ses disques, nous pourrions penser qu’il n’a certainement jamais voulu choisir entre le folk et le rock. Après tout, pour certains, la différence est simplement une affaire d’électricité, l’essentiel restant une éternelle histoire de chansons qui s’inscrivent dans le temps et dans les cœurs. Aujourd’hui, Adam Wood est peut-être toujours cet adolescent qui refuse de grandir, mais sans doute aussi, il est devenu cet adulte à l’étonnante maturité, à l’étroit dans ce monde contraint et complexe, laissant peu de place à la mélancolie et à la sensibilité. En tout cas, sur « Hello Again », l’homme n’est plus là pour impressionner la galerie, il se présente tel qu’il est. À l’image des mots de ce cri aussi libérateur qu’explicite « I’d Rather be Dead », il est, semble-t-il, tiraillé par sa propre ambivalence mi-ange mi-démon, ce clair-obscur ombre et lumière, qui nourrissent la justesse confondante de ces quatre titres aussi inséparables qu’admirablement autonomes.

Single en puissance, à la mélodie imparable, marqué par un certain classicisme rock particulièrement bien senti, à quelques miles de Wilco, le premier de cordée « Great Escape » installe une ambiance apaisée et aérienne propice à tous les possibles. Il ouvre ainsi avec aisance ce nouveau chapitre décisif dans la carrière de l’Auvergnat. Marqué par la complicité vocale délicieusement harmonieuse entre la voix d’Adam et celle d’Elisabeth Polénor, il signale plus largement la richesse instrumentale de son groupe (trompette, banjo, piano, guitare slide…), tout en nuances et en subtilités, argument de poids quant à la l’élégance impressionnante de cet EP, qu’on viendrait à trouver presque trop court devant tant de qualités. Cette dimension s’affirme particulièrement sur « Golden Land », dont la générosité collective a dû s’affiner sur scène avant le passage en studio. Sur le tapis de velours déroulé par ses compagnons de route, Adam Wood révèle une facette discrète, mais bien réelle de sa personnalité. Sous les habits d’un dandysme de bon aloi, il laisse apparaître les finesses d’un véritable esthète, de la trempe d’un Matthew Ward, à l’image de la tendresse naturelle de « Werewolf », conclusion magnifique d’un ensemble qui ne cesse de se bonifier écoute après écoute.

crédit : Romain Fel

Pour conclure, « Hello Again » est tout bonnement une œuvre aboutie et cohérente, très loin de l’exercice de style ou encore pire de la caricature trop souvent admise en matière de rock en France. À ce titre, nous sommes très fiers de vous présenter en exclusivité pour quelques jours ces quatre bijoux de musique indépendante, avant leurs sorties officielles. Loin d’être un simple objet de fulgurance, ce maxi pose de la plus belle des manières la question de l’avenir d’Adam Wood, qui s’est assurément donné les moyens de poursuivre sa quête et de viser plus haut et plus loin.

« Hello Again » d’Adam Wood, sortie le 13 décembre 2019 chez Freemount Records.


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