[Live] Black Honey et PINS au Gibus

Par une fraîche nuit de novembre, quelques individus s’engouffrent au Gibus. Sous leurs noirs manteaux, des t-shirts brillants et autres robes à sequin : PINS et Black Honey se produisent pour la dernière date de leur tournée devant un parterre de jeunes gens enthousiastes. Retour sur une soirée festive.

Black Honey et PINS – crédit : Cédric Oberlin

Les premières mesures très soutenues de « Get With Me » résonnent. Du haut de ses escarpins dorés, Faith Vern, la chanteuse de PINS toise le public. Sa voix légèrement grave offre une profondeur à une setlist où se bousculent des compositions anciennes et d’autres plus récentes à l’instar de « Aggrophobe », sur l’album interprété en compagnie d’Iggy Pop.

Mais voilà, sur scène, les morceaux se différencient de leurs comparses enregistrés, le son se fait plus mat et synthétique avec la présence d’une boîte à rythmes et d’un clavier. Le déhanché d’épaule de la chanteuse témoigne de l’énergie grouillante et obsédante qui se dégage du quatuor. Les Mancuniennes nous séduisent, la fin trop vite venue de leur set ne fait qu’alimenter notre curiosité à leur égard.

Une princesse platine s’avance timidement sur scène, guitare en main. Derrière des mèches ébouriffées, deux grands yeux inquiets soulignés de paillettes et une moue sarcastique. Le concert s’ouvre sur « I Only Hurt the One I Love » et instantanément Izzy Philips prend possession des lieux y imposant le rock coloré de Black Honey. « All My Pride », « Bad Friends », «Crowded City » ; au fil de ces titres un brin extravagants et aux refrains joyeusement mouvementés, le groupe gagne en confiance. Puis soudainement, sous ses airs de ballade hésitante, ténébreuse : le chaos. Les guitares rutilantes de « Spinning Wheel »  déchirent un voile de retenue entre la scène et la fosse.

Dès lors, l’ambiance se tonifie, les spots se reflètent sur la boule à facette, une spectatrice s’invite sur scène et, finalement, après avoir souhaité l’anniversaire de sa tour manageuse, Black Honey convie PINS pour un final magistral. Les musiciens se déchaînent, sautent tout en scandant les paroles de « Midnight ». Nous sommes enivrés par toute cette excitation, comme dans une scène de dancefloor d’un film tragique, la soirée prend alors un goût d’infini. Si les titres de Black Honey peuvent à la première écoute ne pas se révéler extraordinaires, ils s’inscrivent en live dans une sphère tout autre. Ils prennent vie grâce à la figure incarnée par Izzy Philips, mais sont habités par la sincérité des individus derrière leur composition. Le groupe est juste ce qu’il faut de bordélique et de dansant pour charmer en toute probité un large public.


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Étudiante passionnée par la création musicale et les beaux textes.

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