[Entourage #40] EUT

De la scène actuelle des Pays-Bas, on connaissait surtout Amber Arcades, séduisant projet indie pop emmené par Annelotte de Graaf et les enfants sauvages du garage Mozes and the Firstborn. Cette année, la 40e édition des Trans Musicales de Rennes nous donne l’opportunité de découvrir bien d’autres talents de cette prolifique contrée à l’instar de The Cinema Escape, Komodo, Arp Frique ou Lyzza… Mais aujourd’hui, c’est sur le quintet pop alternatif EUT, basé à Amsterdam, que nous avons flashé. Avec les hymnes pop accrocheurs et déterminés de leur debut album « Fool for the Vibes » tout juste sorti le mois dernier, Megan, Tessa, Jim, Emiel et Sergio ont de solides chances de percer. Pour faire un peu connaissance, nous leur avons proposé de participer à notre désormais récurrent format « Entourage » en demandant à chacun d’eux de nous partager une anecdote en lien avec un groupe ou un artiste. De belles surprises vous attendent ici !

crédit : Sabine Rovers

Beck, par Jim Geurts (batteur)

Juste après avoir obtenu mon diplôme au Conservatoire d’Amsterdam, j’ai eu l’opportunité d’ouvrir pour Beck. Apparemment, Beck lui-même ou son management nous ont choisis pour faire le job cette nuit-là. Je n’ai jamais vu une production de cette taille et j’étais vraiment impressionné par l’ambiance de travail très détendue. Tout le monde a pu relâcher la pression. Je savais que nous étions au bon endroit pour jouer un concert mémorable. Le moment où la nervosité est revenue, c’est quand j’ai vu Beck (et ses musiciens) nous regarder en faisant notre set sur « leur » scène. C’est une expérience que je ne suis pas prêt d’oublier. Avant que Beck monte à son tour sur scène, quand nous étions en train de charger nos instruments dans le van, il est venu vers nous et nous a remerciés pour le chouette concert et nous a serré la main. Nous n’oublierons pas cette soirée géniale !

Right after graduating from the Conservatory in Amsterdam I suddenly was in the position to play the support show for Beck. Apparently, Beck himself or his management choose us to fulfil that job that night. After rehearsing the final set, we hopped in the van and drove to the gig. I never saw a production that big and was really impressed by the ‘’easygoing’’ working vibe. That took away a lot of nerves. I knew we were at the right place to play an awesome gig. The moment the nerves got me again was when we saw Beck (and all band members) watching us doing our thing on ‘’their’’ stage. That was an experience I’ll never forget. Right before Beck went to stage and we were loading in the van, he walked by and thanked us for the nice show we did and shook our hands. We’ll never forget this great night!


Pitou, par Tessa Raadman (guitariste)

Quand j’avais autour des 17-18 ans, je suivais des leçons de musiques au Dutch School of Popular Music d’Amsterdam, et c’est ici que j’ai fait la connaissance de Pitou pour la première fois. Elle m’a demandé de jouer à son audition pour le Conservatoire d’Amsterdam. La première fois que j’ai entendu ses chansons, j’étais absolument captivée par sa voix et la manière elle l’intègre à ses morceaux, en utilisant beaucoup d’harmonies vocales et vraiment en les utilisant en tant qu’un instrument plutôt que de laisser le chant par-dessus de la composition. Après son audition, nous sommes devenues très amies et finalement colocataires.

When I was about 17/18, I followed music lessons at the Dutch School of Popular Music, and there I met Pitou for the first time. She asked me to play on her audition for the Conservatory in Amsterdam. The first time I heard her songs I was absolutely captivated by her voice and the way she brought them, using lots of vocal harmony and really using voices as an instrument instead of just laying the vocals on top of a composition. After her audition we became good friends and eventually housemates.


Damon Albarn, par Emiel de Nennie (guitariste)

À mes seize ans, j’ai quitté la maison pour poursuivre des études de musique à l’école d’Art d’Utrecht. J’ai coupé mon Mohawk et j’ai commencé à écouter des groupes indépendants. La toute première fois que j’ai entendu la chanson « Coffee & TV », j’ai été soufflé par la guitare jouée par Graham Coxon. À partir de ce moment, je suis tombé dingue de Blur. Quelques années plus tard, durant mes études au Conservatoire d’Amsterdam, je devais passer mon examen de guitare. Une des consignes était « copier mon héros », j’ai donc choisi la chanson « Coffee & TV ». Un jour avant l’examen, Damon Albarn était en train de répéter dans le même bâtiment que mon école et je suis allé lui demander s’il accepterait de chanter la chanson à mon examen. Et il a dit « OUI ! ». Normalement, c’est Graham qui chante dessus et nous avons dû faire quelques ajustements. Ensuite, je lui ai dit que mon exam avait lieu le jour suivant, et malheureusement, il était pris pour une date au Royal Theatre Carré d’Amsterdam cette nuit-là.

At the age of 16, I left home and went to the Art School in Utrecht to study music. I cut off my Mohawk and started to listen to indie bands. The first time I heard the song « Coffee & TV », I was blown away by the guitar playing of Graham Coxon. From that moment I was in love with Blur. A few years later I was studying at the conservatory in Amsterdam and I had to take my guitar exam. One assignment was « copy my hero », I chose for the song « Coffee & TV ». A day before the exam, Damon Albarn was rehearsing in the same building as where my school is and I asked him if he would like to sing the song at my exam. He says « YES! » Normally Graham sings it so we have to tune it down a hole step. Then I told him it was the next day, unfortunately he already had to be at a venue (the Carre theatre) where he had to play that night.


Josephine van Schaik, par Megan de Klerk (chanteuse)

Quand j’ai commencé à étudier la musique à Amsterdam, j’ai rencontré Josephine van Schaik. C’était mon premier jour de classe et elle était vraiment accueillante et aussi un peu timide. Quand j’ai entendu ses chansons pour la première fois, j’ai immédiatement été inspiré par ses mélodies et son rythme. J’adore sa manière de jouer avec les harmonies et les paroles. Il faut aller découvrir Josephine van Schaik et son groupe Odile.

When I started studying music in Amsterdam, I met Josephine van Schaik. It was the first day of school and she was really friendly and also a bit shy. When I heard her songs for the very first time, I immediately got inspired by her melodies and rhythm. I love the way she plays with harmonies and lyrics. Meet Josephine van Schaik and her band Odile.


Di-Rect, par Sergio de Groot Escoda (bassiste et claviériste)

À mes vingt ans, j’ai passé beaucoup de temps dans un studio d’enregistrement de La Haye avec des potes musiciens pour enregistrer des choses. Une fois, des gars sont passés au studio et je les ai reconnus. Les gars incroyables d’un grand et célèbre groupe aux Pays-Bas qui s’appelle Di-Rect. Je ne suis pas un fan de ce groupe, mais il me fait encore sentir « jeune » dans ma tête et même un peu un outsider. Mes amis m’ont encouragé plus tard à faire ma carrière dans la musique. J’ai donc travaillé dur et j’ai été reçu avec une mention summa cum laude. Après mes études, j’ai appris que leur ancien claviériste avait quitté le groupe. Je suis allé à la rencontre d’un des membres du groupe, lui demandant s’ils accepteraient de m’auditionner. Le gars a dit qu’ils pensaient que je n’aurais pas eu assez de temps pour jouer avec eux. Ce qui n’était évidemment pas le cas. Une répétition plus tard, je me suis retrouvé face à 10.000 personnes chantant leurs chansons avec moi derrière les claviers. Voir une foule sauter en rythme avec le son…, c’est l’expérience la plus incroyable que j’ai pu vivre à cette date.

At the age of 20, I hung out a lot in a recording studio in The Hague with friends playing and recording stuff. Some time, a couple of guys walked in and I recognized them. Awesome guys from a big, famous band in Holland called Di-Rect. I was not starstruck but still it made me feel a bit « young » and even an outsider. My friends encouraged me later on to really make music my career. So I worked hard and graduated summa cum laude. After graduating I heard that that same band lost their old keyboard player. I rang one of them up, asking if they would like me to audition for them. The guy said they thought I wouldn’t have had enough time to even play with them. Which was obviously not the case. One rehearsal later I found myself in front of 10,000 people cheering their songs with myself behind the keyboards. Seeing a crowd jump up and down in a wave because of the latency in sound… was one of the most amazing experiences I’ve had to this date.


Pour faire bref, ne manquez pas EUT le 6 décembre prochain à l’UBU de Rennes à 17h45 au programme des Trans Musicales. La preuve avec ce titre d’une efficacité redoutable, « Crack The Password », incarnation d’un reviv’Hole 90’s. La hype est réelle et bien méritée !

« Fool for the Vibes » de EUT est disponible depuis le 5 octobre 2018 chez V2 Music.


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rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques

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