[Live] Slaves et Hotel Lux à Stereolux

Punk is not dead. Un nom tout trouvé pour cette soirée du 30 octobre dernier à Stereolux, qui accueillait, dans sa petite salle affichant complet, deux figures du punk britannique actuel avec les newcomers londoniens de Hotel Lux, dans la lignée de Shame et Idles, et les déjà confirmés Slaves, auteurs d’un récent troisième album vigoureux.

Slaves – crédit : Fred Lombard

Il y a un comme un air de Ian Dury and the Blockheads chez Hotel Lux, quintet punk londonien venu trinquer à la santé du rock anglais et de sa majesté sur la scène de Stereolux. Plongé dans la brume des néons tamisés et des basses lumières, on s’imagine l’atmosphère d’un de ces pubs poisseux où il suffit d’un mauvais regard pour qu’une baston collégiale ne se déclenche. La tension se ressent sur scène, les mauvais garçons natifs de Portsmouth, s’ils ne sont pas là pour la débauche, vont livrer une performance sévère et combative, concise, mais impeccablement tenue.

Tout y est : la gravité saisissante de Lewis Duffin à la barre des accusateurs, la communion fascinante des musiciens emportés sur scène, la saveur psychédélique qui s’échappe des compositions. Il ne fait aucun doute qu’avec Hotel Lux et son « pub rock », la perfide Albion a trouvé un nouvel étendard brûlant pour son Underground. Tout bonnement la classe si ce n’est le casse parfait !

Avec Slaves, c’est une autre histoire du punk, plus directe dans ses intentions, plus actuelle dans ses constructions qui se joue sur les planches. Ses deux frontmen, Laurie Vincent à la gratte et Isaac Holman derrière une batterie allégée (cf. « Fuck The Hi-Hat » joué en début de set) sont attendus avec ferveur par les Nantais. Venu défendre son troisième album, « Acts of Fear and Love », le combo de Royal Tunbridge Wells impose d’emblée une cadence infernale, mais jouissive, qui ne ralentira jamais trop.

Chez Slaves, tous les muscles sont sollicités, le larynx, les jambes sans oublier les bras pour porter, une heure durant, un lourd set de quatorze titres déroulés avec une conviction plus affirmée encore que sur disque, c’est dire. Amusés et communicatifs avec le public, les deux grands guignols du Kent n’hésiteront pas à lancer un ballon rouge géant dans le public pendant « Cut & Run » et à mettre le public en nage sur l’agressif, mais entêtant « Cheer Up London » (« Are You Satisfied? », 2015). Pas du genre à offrir une rallonge au public ni à annoncer la fin, c’est le boulot bien fait que Laurie et Isaac quitteront la salle, satisfaits d’avoir communié avec générosité avec le public d’une salle Micro de Stereolux bien bondée pour l’occasion. Mémorable.


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rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques

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