[Live] Oiseaux-Tempête, Mondkopf, G.W. Sok et Contre-Ciel au Périscope

C’est dans un Périscope complet à Lyon que se sont produits ce 24 octobre les musiciens de Oiseaux-Tempête avec Mondkopf et G.W. Sok pour un voyage hypnotique.

Oiseaux-Tempête w/ Mondkopf & G.W. Sok – crédit : Camille R.

C’est en connaissant mal ces artistes que nous sommes allés assister à leur concert commun, prévenus de l’authenticité de la découverte qu’on allait faire. Contre-Ciel s’installe, privant par la même occasion les amateurs de René Daumal de l’alpha et l’omega des noms de groupe. Qualifié de « modular folk », ce projet est celui du bassiste de Oiseaux-Tempête, qui se présente cette fois en solo avec une bonne centaine de câbles. Contre-Ciel en contre-jour, on ne verra pas grand-chose d’autre que son dos pendant une demi-heure. Les morceaux s’installent doucement, avec des grosses basses qui contrastent avec une ambiance plus intime. Ce mélange nous rappelle les débuts de Kangding Ray avec l’album « Automne Fold », dans lequel on trouve les bases de ce qui allait devenir sa techno écrasante, mais pas encore l’intention de déplacer nos organes. Avec Contre-Ciel, on passe du chant clair au cri, d’un certain calme à un spectre sonore plus dense, mais on n’est jamais vraiment saisi par aucune de ces facettes. Cet entre-deux donne l’impression que l’artiste n’ose aller au fond d’aucun des registres dans lesquels il s’inscrit pour le moment. Mais refusant de condamner un projet à ses balbutiements, on s’arrête là pour l’écoute critique et on va boire une bière comme tout le monde.

Les musiciens de Oiseaux-Tempête ne tardent pas à le rejoindre alors que le public assez ivre s’impatiente. La scène est chargée : moog, mellotron, saxophone, gong et autres petites percussions s’entassent en demi-cercle autour d’un micro. L’ambiance change alors radicalement. Les instruments qui entouraient la batterie avaient déjà quelque chose d’un peu étranger, d’un peu magique aussi. Mais c’est une fois que le batteur joue que le rituel commence. Son jeu très fin, presque gracieux, nous entraîne sans résistance dans l’univers du groupe. Nous avons rarement vu un batteur « danser » autant, et entraîner les autres à le suivre avec la même facilité. On l’a compris, l’univers est chamanique, les inspirations sonores multiples. Le Moyen-Orient, plus précisément la Turquie et le Liban, l’emporte dans ce concert, comme un spectre sonore insaisissable, immense et mystérieux, aux recoins et aux possibilités infinis.

Les éléments électroniques de Mondkopf amplifient cette tendance. Ses basses répétitives soutiennent les incantations du reste du groupe. On est à des années-lumière de ses débuts, un peu cliché de l’IDM dont il s’éloigne radicalement pour quelque chose de beaucoup plus lourd.

La musique continue et se répète, toujours hypnotisante. Le chanteur se répète aussi. Son regard noir et sa posture figée rappellent un peu Michael Gira, le côté chef d’orchestre satanique en moins. Avec G.W. Sok, on est plutôt du côté des paroles de Faust, qui nous extraient de force de la magie pour nous jeter dans un quotidien minable.

« Ça dure, ça dure, ça ne peut pas durer. » C’est sur ces mots que tout s’arrête. Pas d’extase pour le public à part celle d’avoir vécu cet instant. Pas de salut après cette communion. À la croisée des frontières, à celle des genres aussi, c’était une expérience sans équivalent.


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Et pensive, j’écoutais ces harpes de l’éther.

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