[Interview] Juicy

C’est la nouvelle sensation belge ! Juicy, duo hip pop RnB formé autour des attachantes et enthousiastes Sasha Vovk et Julie Rens nous a jeté un sort avec son premier EP. Invitées par le Crossroads Festival le mois dernier, nous avons pu nous entretenir avec les deux artistes pétillantes, qui après avoir triomphé grâce à leurs reprises RnB 90 et 00’s (l’hilarante « Boulette » de Diam’s), défendent désormais avec un entrain fou et contagieux leurs compositions originales sur disque comme sur scène. De ses clips délirants jusqu’à l’engouement incroyable du public belge, Juicy partage avec nous l’histoire d’une ascension fascinante et méritée.

crédit : Guillaume Cayacan
  • Bonjour Julie et Sasha, vous formez ensemble le duo Juicy, comment a débuté cette aventure ?

Juicy a commencé en tant que groupe de covers en juin 2015. On nous a demandé de préparer un petit concert à l’occasion d’un vernissage sur le thème de l’inconfort. Nous avons donc décidé de reprendre des morceaux à caractère sexiste du répertoire hip-hop et RnB nineties et début 2000. Par la suite, on a étoffé le répertoire et on a tourné deux ans avec cette formation-là. En mars dernier, on a sorti notre premier EP de compositions.

  • Le moins que l’on puisse dire, en écoutant votre premier EP « Cast A Spell », c’est que la qualité de production et de composition est amplement au rendez-vous ! Pouvez-vous nous parler de la genèse de ce disque, ainsi que de la manière dont vous procédez pour écrire vos chansons ?

On a voulu, avec ce premier EP, faire le lien avec le projet de covers et donc y insérer pas mal d’influences hip-hop et RnB. On s’est entourées de producteurs belges tels que Samuel Spaniel (aka Lucida Grande), Mowley, Mambele… On a tout composé à deux et on retravaille ensuite les instrus avec les producteurs !

  • Il y a une multitude de détails dans votre musique, ce qui la rend très progressive. On sent ainsi aussi bien l’importance des instruments électroniques qu’une véritable humanité et chaleur dans la voix ou les claviers, ce qui vous distingue de la simple appellation « RnB ». Comment définiriez-vous votre art, votre particularité dans un domaine pourtant très fermé et formaté ?

Nous venons toutes les deux de formations classiques au piano et de jazz à la voix. Avant de faire Juicy, on n’avait jamais joué du RnB hip-hop. Tout est parti d’une blague ! Dans les compositions qu’on propose, on aime enrichir les chansons avec nos influences plus jazz, soul, classique…

  • Vous êtes capables d’autant de douceur (« Count Our Fingers Twice ») que d’énergie et de puissance sonore et verbale (« Mouldy Beauty »). Comment envisagez-vous l’équilibre musical et vocal, aussi bien sur un titre que sur la totalité de votre EP ?

On ne se pose pas trop de questions ! On aime qu’il y ait une cohérence sur un EP ou un album, mais la cohérence peut très bien se faire par les textes. On aime qu’un album ait beaucoup de nuances.

  • Le clip de « For Hands On Ass », que vous avez sorti début juillet, est très travaillé visuellement. Vous y apparaissez dans des maquillages et tenues aussi colorées qu’inquiétantes. Dans un sens, cette vidéo est un peu une rencontre entre Nicolas Winding Refn et les frères Dardenne, si je puis dire… Comment s’est déroulé son tournage et quelles étaient vos ambitions le concernant ?

Ce clip a été réalisé par Francis Diamant. Il a eu carte blanche ! Nous avions une furieuse envie d’être sur des motos et qu’il y ait une atmosphère inquiétante. Ce morceau parle de deux sorcières vengeresses qui jettent un sort pour chaque main claquée sur un cul sans consentement.

  • L’aspect visuel du projet paraît très important, que ce soit en concert ou dans ce clip, justement, ainsi que sur la pochette de l’EP, qui fait beaucoup penser à une affiche de film d’horreur des années 80. Qui l’a réalisée, et quelle était votre volonté dans cette image ?

Un peu comme les motos, on voulait être sur un cheval. On aime détourner les codes, donc on trouvait ça intéressant de pouvoir contraster un beau cheval blanc tressé avec un paysage urbain et sombre, plus deux gueules difformes.

  • Pouvez-vous, justement, nous parler de l’aspect visuel de Juicy et de sa place inhérente à ce que vous créez ?

On écrit souvent nos textes en fabulant sur des clips à deux millions de dollars. Vu qu’on est dans un projet qui tourne beaucoup autour de l’humour, ou en tout cas qui utilise l’humour comme fil conducteur, on a envie que les visuels le représentent autant que le contenu des textes. Même si on aborde des sujets graves, on a choisi d’en parler avec une certaine légèreté pour que le message passe plus fluidement.

  • Vous avez tourné une magnifique session acoustique de « Mouldy Beauty » pour nos confrères de Sourdoreille. Pouvez-vous nous raconter cette aventure si particulière et nous parler du lieu où celle-ci a été tournée ?

Nous étions à Dour ! On avait beaucoup trop bu la veille donc premier détail de l’histoire et justificatif des yeux collés. Sourdoreille avait choisi un magnifique terril à Dour ! Pour l’histoire, pendant la session, il y avait des motocross qui faisaient des jumps super impressionnants sur le terril !

  • Vous tournez beaucoup actuellement. Comment se déroulent vos concerts, et qu’en retirez-vous personnellement ?

Oui, on a eu un très bel été ! Les concerts se passent bien. On a hâte de préparer un nouveau show avec des nouveaux morceaux. Mais le live est la partie la plus importante à nos yeux, celle qu’on préfère ! Donc c’est très agréable et gratifiant. Depuis septembre, on a plus de concerts en France, c’est un beau défi de jouer pour un tout nouveau public ! En Belgique, on a beaucoup joué les covers donc on avait déjà un public pour l’accueil des compositions. Et on se rend bien compte que c’est un luxe !

  • De même, vous donnez l’impression de vivre chaque performance scénique de façon unique…

Oui, chaque concert, chaque public est différent ! On a un peu la poisse donc on a toujours un petit problème à surmonter (une pédale de kick qui se fait la malle, un piano mal branché, un clavier qui tombe, plus de piles…). Donc ça rend chaque concert unique, on peut le dire !


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