[Live] San Carol au Bras de Fer

Un peu anxieux à l’idée de présenter son troisième album « Houdini », Maxime Dobosz a touché juste pour sa release party en terre nantaise, entre fulgurance et pudeur. On vous raconte.

San Carol – crédit : Fred Lombard

Deux ans qu’il n’avait pas réuni sur scène ses compères pour jouer sous les bannerets de San Carol, deux ans qu’il attendait le bon moment, la bonne signature, les bons partenaires pour présenter aux oreilles du monde ses nouvelles compositions. Maxime Dobosz est un grand garçon tranquille, attachant et souvent très drôle. Un passionné qui passe des heures à composer dans son coin quand il ne partage pas le projet d’autres talents du Grand Ouest (Big Wool, Trainfantome…). Au micro, derrière les claviers ou récemment à la guitare pour quelques titres en acoustique – c’était il y a quelques semaines pour les 10 ans de Futur, le gaillard nantais est un brillant touche-à-tout, bien trop humble parfois pour le reconnaître. « Houdini » est la nouvelle revendication existentialiste de San Carol, trois ans après son excellent aîné « Humain trop humain ». Un album définitivement pop qui marie judicieusement un penchant pour la musique alternative, le sacré et les torch songs, non sans réveiller son appétit pour des constructions électroniques élaborées et l’agitation d’un rock plus dynamique que cérébral.

Il est 22 heures passées ce vendredi 19 octobre, et sur scène, Maxime aux claviers, Stw à la guitare, Nerlov aux machines et à la basse et Simon derrière les futs sont les rois de la soirée. C’est leur fête et tout la clique nantaise (Raphaël D’hervez (Pégase), producteur de l’album, Greg Dugast (Degree), Romain Lallement (Lenparrot) etc.) en passant par Grégoire Cagnat, bassiste de Requin Chagrin devenu son tourneur ont fait le déplacement et ne manqueraient pour rien au monde ces retrouvailles heureuses dans un Bras de Fer qui vit ses derniers mois, entre deux coulées de béton armé.

Le live, parlons-en ! Trait d’union entre le passé et le présent, c’est sur « Le Royaume de Dieu », qui fermait sacrément bien « Humain trop humain » que se lance le show de quarante-cinq minutes, avec la fébrile assurance d’une première représentation. La voix bien en place, les musiciens bien installés derrière leur poste, la tension du grand départ laisse place à une expression plus spontanée passé les premiers encouragements. Le set devient ardent, Simon endurcit ses frappes sur les fûts, Stw libère sa fougue et un duo magique formé par Nerlov et Maxime derrière leurs claviers se révèle sur l’intense « Where My Parents Live ».

Entre beaux moments de cohésion fraternelle sur un « Cancer » dépisté plus tôt dans l’année, la sublime ballade pop « Society » et le psychédélisme choral de « Parachutes », grand sommet d’excitation de la soirée, San Carol assure et se rassure du potentiel scénique d’un album tout juste sorti du berceau. On retiendra également la résurgence 80’s de « L’œil s’ouvre » et son refrain savoureux à base de « Palapapa » et la conclusion idéale sur scène comme sur le disque nouveau offerte par « Doesn’t Matter », qui interdit tout rappel, n’en déplaise aux habitués. Pour sa première sortie publique et le lancement d’une tournée d’automne, San Carol a livré un set certes court mais bien ficelé qui donne très envie de suivre Maxime et ses compagnons sur la route.


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rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques

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