[Entourage #34] Bastien Duverdier (Kēpa)

À trop défier les limites de son sport, Bastien Duverdier a fait la chute de trop. Tombé lourdement sur le dos, c’est grâce à la musique que l’ancien skateur professionnel a trouvé la force de se relever. Sa guérison, elle vient de là et plus particulièrement du blues, et c’est sous le nom de Kēpa que Bastien défend, en one man band, son premier album « Doctor Do Something » sorti en mai dernier. À l’occasion de la sortie du clip éponyme et riche de sens et d’interprétation, le power bluesman aquitain retrace avec nous ses rencontres musicales les plus marquantes et insolites de ces dernières années.

crédit : Kévin Métallier

Aurélie Guesné

Au tout début, quand je ne jouais que dans des pizzerias et des bars avec télés allumées, vers 18h30, Aurélie Guesné, productrice, m’a appelé pour faire une date à l’Olympia (avec Buddy Guy et Gregory Porter). J’ai regardé ma copine, j’ai levé les yeux au ciel en pensant que c’était encore une date loin, dans une rade pourrie, et je lui ai répondu : « Super, c’est très gentil, mais c’est l’Olympia de quelle ville ? »


Timber Timbre

Un jour, Alex Boireau, mon manager, a envoyé une bouteille à la mer à Timber Timbre, avec quelques morceaux. Je l’ai presque engueulé… J’aime trop sa musique, jamais j’aurai osé. Quelques mois plus tard, je me retrouve au Canada, dans un studio avec Taylor Kirk et son groupe pour produire mon album. Je me pinçais tout le temps, pour être sûr que c’était bien réel.


Steve ‘n’ Seagulls

J’ai eu la chance d’ouvrir quelques concerts de Steve ‘n’ Seagulls. C’étaient des salles de 900, remplies à craquer. Ils tournaient dans un tout petit tour bus à huit, de nuit. La veille y’en a un qui est tombé malade, le lendemain, ils l’étaient tous. Quand je suis sorti de scène, ils étaient tous allongés, grelotant dans les loges, tout blanc, allant aux toilettes à tour de rôle, avec en fond sonore 900 personnes qui gueulaient leur nom.


Max Marshall

Dans une rade au fin fond du Canada, je devais partager la scène avec un mec. Il vient me voir et me dit qu’il préfèrerait jouer en premier, pour me laisser la scène ensuite… Je me suis pris une énorme claque. Tellement bien, que j’avais plus trop envie de jouer. Ce gars s’appelle Max Marshall.


Sarah McCoy

Y’a pas longtemps, mon amie Marie, m’a fait découvrir Sarah McCoy, une espèce de diva des temps moderne hallucinante. L’un de ses concerts a été capté par Arte Concert, je l’ai regardé cinq fois d’affilée. Et je viens d’apprendre hier, que j’aurai l’honneur d’ouvrir son concert, le 10 novembre à Saint-Lô. J’ai déjà le trac.


Faut-il forcément chercher à se guérir de tous nos maux, c’est la question que nous pose Kēpa durant le visionnage de son nouveau clip, « Doctor Do Something », réalisé par Thibaut Koralewski. Le rescapé du blues à la voix grave et follement chantante, à l’harmonica dément et à la guitare dobro qui démange consulte un docteur peu recommandable lui recommandant un traitement des moins orthodoxes à base de réalité virtuelle qui entraînera notre guitar hero dans les ruines d’un asile de fous. Mais qui des patients et des soignants sont les plus fous à lier, c’est à vous de juger ! Kēpa, un artiste dans la VR du temps, ça par contre, il ne fait aucun doute.


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rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques

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