[Entourage #27] Maxime Dobosz (San Carol)

ULa perspective de la sortie à l’automne du troisième album de San Carol (Houdini) revêt le manteau d’un événement indé, tant son leader, Maxime Dobosz assume depuis quelques années, une vision romantique et exigeante du fantasme pop, dans son appréciation la plus noble du terme. Personnage aussi singulier qu’attachant, il est aussi (et surtout) un fan absolu de musique devant l’éternel. À ce titre, il est apparu comme une évidence pour notre rédaction, de le laisser raconter sa relation permanente avec le bouillonnement créatif actuel, activement animé par le plaisir de partager, avec générosité, certaines de ces obsessions esthétiques, poussant en toute logique, cette proximité créative vers de sincères et profondes amitiés qui tranchent évidemment avec une certaine superficialité du monde de la musique.

crédit : Nathan Houée

Raphaël d’Hervez

On s’est rencontré avec Raphaël pour enregistrer ce nouvel album, « Houdini », et je crois qu’une sorte de romance est née. L’expérience à ses côtés a été assez idéale tant l’alchimie avec le groupe et le producteur a opérée de manière évidente. On s’est marré tout en étant hyper efficaces et bosseurs, rien de mieux pour faire un disque. Au-delà de ce moment, une forte amitié s’est nouée de par des influences et goûts communs, aussi bien musicaux que visuels et une certaine vision de la pop qui tend plutôt à expérimenter et se libérer qu’à se rêver objet de divertissement.


La Houle

Ce sont des amis proches, mais c’est également mon plus grand coup de cœur de pop francophone depuis un moment désormais. Ils maîtrisent le shoegaze comme personne, et j’insiste vraiment sur cela, ils sonnent comme des Anglais sourds début 90, sauf qu’ils sont français, écrivent des textes magnifiques (« Souvenirs » est un chef d’œuvre d’émotions en la matière) dans la langue et le ton de Gainsbourg, vraiment original en somme. À côté de cela, ils sont tellement relax qu’on ne peut que les aimer. J’espère vraiment que La Houle sera écoutée et ira loin.


VedeTT

Forcément, ils sont numéro un dans mon cœur par le simple fait que sans eux, San Carol ne se résumerait qu’à un petit gros anxieux seul sur Nantes. Ce n’est que la famille et on a vécu un paquet de choses ensemble, diverses et variées. On se comprend et s’écoute beaucoup avec Nerlov, nous sommes un peu plus que des amis, il me semble. Ce type a tant de choses à exprimer et une vraie catharsis qui font de lui un interprète assez dingue. Ses morceaux « Tuer Les Gens » et « Get Off The Road » sont d’une tristesse infinie. J’aime ces chansons qui sont sans ironie aucune, juste sincères « as fuck ». Au fond de lui, il est Booba, on ne va pas tarder à le découvrir.


Lenparrot

J’ai déménagé il y a quelques mois sur Nantes et Romain est une des premières personnes que j’y ai rencontré et à me faire marcher de biais. En plus d’être un crooner d’exception qui, accompagné d’un quatuor de cordes, saurait faire chialer le pire des dictateurs moustachus, c’est aussi un des gars les plus débiles de l’Ouest français, le Sud étant largement occupé par le chanteur des Niandra Lades.


Drame

Rubin Steiner a fait beaucoup pour San Carol, sans lui, quelques portes ne se seraient pas ouvertes : c’est un gars qui tire les autres vers le haut à mon sens. Drame, sur scène, est un des groupes à voir absolument ces temps-ci, ils sont intenses comme par permis. Leur batteur devrait être sanctifié par ailleurs.

Comme un vibrant appel du pied, San Carol nous offre depuis quelques jours, la primeur d’un premier extrait de Houdini (annoncé le 19 octobre prochain sur le label Freemount Records), à travers un clip à la réalisation aboutie et ambitieuse. « Cancer » formalise une mise en scène épurée, à la mélancolie légère et subtilement incarnée, qui révèle les angoisses d’un artiste, en proie au doute, mais jamais résigné devant la difficulté de faire exister sa propre musique. Tendrement décalé, et finalement empreinte d’un sens de la dérision fin et subtil, la vidéo se laisse siroter, jusqu’à plus soif, tel un bon milk-shake, tout en aiguisant un désir langui d’en découvrir plus sur ce long format qui se présente sous les meilleurs auspices.


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La musique comme le moteur de son imaginaire, qu’elle soit maladroite ou parfaite mais surtout libre et indépendante.

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