[Live] LOMA à l’Olympic Café

Au début de l’année, nous avons été totalement envoûtés par le premier album de LOMA, side-project de musiciens de deux superbes groupes américains. Sur scène, dans la capitale, ils ont prouvé pourquoi leur formation, entre grâce folk et expérimentations électroniques, est à l’origine d’un des disques les plus fascinants de l’année.

Loma par Cedric Oberlin 2
crédit : Cédric Oberlin

Une vingtaine ou une trentaine de spectateurs sont au rendez-vous ce soir du 29 mai à l’Olympic Café. Pour sa première parisienne, le groupe LOMA nous a malgré lui réservé une prestation en tout petit comité, dans une ambiance intimiste de rêve. Un concert privé, ou presque. Étonnant pour ce qui est quand même un « supergroupe » formé autour du duo Cross Records (Emily Cross et Dan Duszynski) et la tête pensante de Sheerwater, Jonathan Meiburg. Autrement dit, l’alliance de deux formations qui ont déjà su faire parler d’elles, et produire quelques disques habités. Mais peu importe après tout, car c’est dans ce genre d’atmosphère de proximité, dans le cadre parfait du petit sous-sol du bar de la Goutte d’Or, que les plus beaux moments de musique émergent. Et pour ce concert, cela n’a pas fait exception.

On a ainsi vécu un moment de grâce suspendu, une performance rare de beauté menée par ces érudits du folk américain. Appliquant les savants mélanges de leur premier disque homonyme, ils ouvrent leur set sur « Who Is Speaking? » quand la chanteuse Emily Cross susurre ces premières paroles mystiques : « What does the night have to do with the day? ». Dans ce moment empreint de poésie et de richesse orchestrale, tout s’articule autour de sonorités organiques et électroniques. LOMA navigue ainsi entre folk et expérimentations divers pour produire des sons qui se superposent de manière déroutante. Guitares, clavier, batterie : ils sont venus en full-band, à cinq sur scène, alors que si peu de Parisiens ont répondu à l’appel.

C’est pourtant bien parce que LOMA ne ressemble à rien d’autre que sa musique qu’il intrigue et fascine. Ce sont les admirateurs, les fans présents ce soir-là et qui suivent le show avec un œil et une oreille passionnée. Devant un auditoire aussi unanimement saisi et concentré, le groupe semble se transcender pour étaler sa setlist avec une générosité folle, où se glissent notamment « Dark Oscillations » et « Joy », partitions célestes à l’architecture rock. Par instants, des séquences instrumentales sublimes permettent à la chanteuse Emily Cross de se laisser aller à quelques exercices visuels : à côté de la scène, elle dessine des formes étranges qui ne trouvent leur cohérence et leur logique qu’au dernier moment du concert.

Avec sa voix précieuse, Cross caresse avec grâce et mélancolie les oreilles des quelques curieux. Un frisson traverse ainsi la salle sur le grand « Black Willow », titre d’une beauté et d’une profondeur incandescente. En symbiose complète, la formation offre des harmonies vocales envoûtantes qui couronnent l’ensemble. On se laisse alors prendre par la main pour apprécier la délicatesse de ces chansons épurées (« I Don’t Want Children ») ou plus enjouées (« Relay Runner »). Puis cet instant de pure intimité est habilement rompu par quelques folies instrumentales qui amènent la chanteuse à venir sauter à pieds joints au milieu de nous avec une frénésie dansante.

Performance marquante et unique, ce rendez-vous a été l’occasion d’apprécier le talent d’une formation techniquement parfaite avec des compositions originales et touchantes. Mais LOMA sait tout autant donner des claques à ceux qui osent faire le pas vers leur disque déroutant. Pas de doute que la prochaine fois, on viendra plus nombreux pour se laisser enchanter par le groupe. Ils ont également prévu de vite se remettre au travail pour compléter leur déjà riche palette.


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Charles

Journaliste indépendant, chroniqueur passionné par toutes les scènes indés et féru de concerts parisiens

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