[LP] Homa – Homa

Grâce à un disque dont la qualité d’arrangement et de composition demeure à tout instant impressionnante et limpide, Homa s’inscrit d’ores et déjà parmi les candidats au meilleur album de l’année, conciliant émotion et intelligence dans une sublime interprétation.

On avait déjà eu la chance de rencontrer Homa grâce aux surprenantes vidéos de « The Taste Of Old Times » et « Maybe I Forgot What We Said », errances intemporelles entre modernisme, souvenir et histoire. Et, dès ce bouleversement, on savait que l’on tenait quelque chose d’unique : un électron libre au cœur du paysage musical hexagonal, domptant ses machines afin d’en extraire la tendresse la plus confiante et aimante. Conviant à la fois nostalgie et mélancolie, Homa nous sourit, nous regarde et creuse, en notre compagnie, les hauts et les bas de l’existence, imprégnant son art de détails précis et sensitifs. Son premier album éponyme, véritable révélation en ces temps de stagnance harmonique, est autant une merveille qu’une interrogation : et si, en huit titres, on tenait enfin le compositeur le plus proche de la brutalité sensorielle de nos sensations enfouies ? Et si, soudainement, nos doutes devenaient une évidence qu’il faut affirmer au grand jour ? Homa éclate, éparpille ses arabesques et profondeurs créatives au fin fond de notre âme à jamais émue.

Débutant sur le célèbre gimmick « THX » bien connu des amateurs de cinéma, « Homa » s’immerge immédiatement dans les coussins confortables d’une sphère où l’acoustique et le synthétique se tournent autour, jouant une chorégraphie sensuelle et intense. « Almost All or Nothing » sonne comme un aveu de la part de Homa : ce sera tout ou rien, l’ébauche d’une preuve vivante de la clarté électro qui sort, peu à peu, de son rassurant cocon. Claviers et voix communiquent, échangent, rient et pleurent ensemble. « Maybe I Forgot What We Said » est une boucle temporelle tout en écho et délicatesse, quand « Oh Lord » prie pour que le piano et les boucles rythmiques invoquent un gospel extraterrestre, si lointain mais si proche. Mêlant l’artifice et le réel, le compositeur engendre une multitude de sensations fortes, entre cordes discrètes et à l’unisson avec un sifflement marquant (« One Day ») et bonheur enfin révélé (l’extatique « The Silent Marching »). Le long-format se métamorphose en un sacerdoce, un hommage aussi bien aux papes du psychédélisme expérimental qu’aux confectionneurs de mouvements sobres et solitaires, seuls dans leur espace vital.

« Homa » est une météorite venue d’une autre galaxie et prête à submerger l’auditeur pour mieux le laisser s’extirper de sa torpeur et de son isolement. Une révélation de la puissance du ressenti et de l’écriture d’un conte moderne, mettant l’humain au centre d’un système au sein duquel la vie revêt tout son sens. Et où la liberté est une fabuleuse évidence.

crédit : Bastien Burger

« Homa » de Homa est disponible depuis le 23 mars 2018 chez Octopus – Les Éditions du Poulpe.


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