[Interview] Pendentif

Juste après leur concert au Printemps de Bourges, nous nous sommes entretenus avec le trio Pendentif, qui fait son retour avec l’album « Vertige Exhaussé ». On a pu parler avec Julia, Benoît et Mathieu de ce deuxième disque planant qui respire les grands espaces, de l’évolution du groupe et de leurs projets parallèles.

crédit : Paul Rousteau
  • On peut dire que vous êtes un groupe qui a beaucoup évolué. Vous avez sorti l’album « Mafia Douce » il y a cinq ans, qui était plutôt pop ; et, avec ce nouvel album, « Vertige Exhaussé », vous vous dirigez vers une sorte de « chillwave à la française ». C’est un terme qui vous fait rire, il paraît.

Mathieu : Oui, on nous a sorti ça en interview il n’y a pas longtemps : « vous faites de la chillwave française ». Depuis, on n’arrête pas de triper là-dessus. Parce qu’on trouve ça cool en fait, et finalement on s’est dit que ça correspondait bien à la musique qu’on fait.

  • La configuration du groupe a aussi été modifiée. Cindy, la chanteuse, a été remplacée par Julia. D’autres membres ont aussi quitté le groupe. Comment ça s’est passé ?

Il y a Ariel qui a quitté le groupe pour mener à bien ses projets personnels. Et il y a un ancien membre de Pendentif qui a participé à la réalisation de l’album qui s’appelle Thomas Brière. C’est la cinquième main sur cet album, très importante.

  • Vous rejouez quand même des morceaux du premier album sur scène. Avec ce changement d’esthétique musicale et de nouveaux instruments, n’est-ce pas plus difficile que sur vos précédentes tournées ?

Mathieu : Le premier album, on l’a vraiment enregistré en studio avec des instruments du style batterie, basse et guitare sur un laps de temps de quinze jours. On avait composé les morceaux avant, bien évidemment, mais ça a été fait d’une façon un peu plus classique, un peu plus traditionnelle. Et on a enregistré le deuxième album avec Benoît dans nos piaules, avec une façon de faire un peu plus électronique, synthétique. Pour retranscrire ça en live, on a voulu garder cette esthétique, donc on est partis sur des rythmiques qui gardaient ça.

  • Ce nouvel album fait penser à la nature et aux grands espaces. Vous l’avez enregistré où ?

Julia : On l’a enregistré à Bordeaux et on l’a mixé avec notre copain Thomas Brière. C’est un album qui parle beaucoup de nature. Notamment parce que Benoît est parti vivre dans les Pyrénées la moitié de l’année et s’est inspiré du cycle de l’eau. C’est un album qui parle beaucoup de la couleur bleue et des paysages. C’est l’album du paysage.

  • À quoi fait référence le morceau « Bleu Cobalt » ?

Benoît : À toute la mythologie qu’il y a autour du bleu. J’avais bouquiné des conversations entre Van Gogh et son frère. Et van Gogh disait que c’était la couleur ultime. Et puis, après, il y avait le bleu de Klein aussi. Comme je m’intéresse beaucoup à la peinture, on fonctionne plus en termes d’images qu’en termes littéraires. On essaie même, en termes de paroles, de donner des flashs et des sensations. On n’est pas très narratifs.

Julia : On laisse un peu les auditeurs interpréter et vivre les morceaux comme ils les ressentent. Nos morceaux sont des émotions globales. On ne leur impose pas d’émotions, on va dire. Que ce soit par la voix ou par le reste, ce sont vraiment des instants et des moments furtifs. Et les personnes qui écoutent notre musique l’interprètent comme elles la sentent.

  • En parlant d’interprétation, il y a un morceau qui s’appelle « La Couleuvre ». Ça parle bien de nature et de campagne ?

Benoît : Ce morceau-là, je l’ai composé parce que je passe beaucoup de temps dans les bois, notamment pour aller aux champignons. Donc, j’aime bien aller aux champignons le lundi matin, de bonne heure, quand tout le monde va au taf. Et un matin, sur mon chemin, j’ai rencontré une couleuvre. C’est donc une chanson sur l’oisiveté, le fait de ne pas bosser et de simplement se laisser onduler, comme une couleuvre.

Julia : On a pris quatre ans entre le premier album et celui-ci, c’est donc un peu l’album de l’oisiveté. On aime bien prendre le temps, on profite de la vie.

  • Vous avez fait quoi pendant toutes ces années, à part faire de la musique ?

Julia : On a pas mal tourné, déjà. J’ai rejoint le groupe en milieu de tournée du premier album. Donc on a fait pas mal de concerts, notamment à l’étranger. On est partis en Chine, en Albanie, au Kosovo… C’était trop cool. Puis, notre maison de disques a été rachetée par le label [PIAS]. On a alors changé de label. On a mis un petit moment pour trouver notre esthétique en termes de production. On a appris à se connaître ; moi, à la base je n’étais pas dans le groupe. Tout ça était un cheminement qui a pris un peu plus de temps que classiquement, en général. Les groupes émergents, en général, sortent leur album au bout de deux ans, deux ans et demi ; nous on a mis quatre ans. On va essayer de faire le troisième plus rapidement…

  • Et toi, Julia, tu as aussi signé chez les Disques Entreprise (label de musique francophone chez quia signé Bagarre, Fishbach, Moodoïd, Juniore ou encore Lafayette, NDLR) ?

Julia : Ouais, carrément. J’ai un projet solo chez Entreprise. Je suis en train d’écrire plein de chansons en ce moment. Et Pendentif, c’est assez différent, parce que ce n’est pas moi qui écris les textes. Mais en même temps, je pense que Benoît s’est aussi inspiré de ma personnalité sur certains morceaux. Il a un peu raconté des traits de ma personnalité. J’aime bien foutre des claques aux gens qui m’emmerdent et tout…

  • Le morceau « Rétroviseur » ?

Julia : C’est ça, exactement ! Mais si ce n’est pas moi qui écris les textes mais ce sont quand même des choses qui me touchent. Sur mon projet personnel, je m’exprime pleinement et c’est vraiment bien, parce que Pendentif est différent, c’est un projet de groupe et c’est une énergie qui est tellement cool. J’adore ça, jouer en groupe avec mes potes. Hein, on s’aime ?

Benoît : (Rires) On s’adore !

  • Alors, apparemment, vous avez fait des musiques pour Tinder. Vous pouvez nous en dire plus ?

Mathieu : (rire gêné) Faut que je l’enlève, je l’ai mis sur Wikipédia…

(Julia et Benoît éclatent de rire en ayant un peu honte)

Mathieu : En fait, pour cet album, on avait fait peut-être quinze ou vingt morceaux et on a décidé de ne pas en mettre certains sur l’album. Et on nous a sollicités pour une pub pour Nina Ricci aussi, et puis pour Tinder. On a proposé des morceaux qu’on n’a pas mis sur l’album et qui ont été pris pour ces pubs. Mais ce sont des petites pubs, des trucs web.

Julia : Ouais, mais on espère qu’il y a quand même des gens qui vont faire l’amour sur nos chansons après une rencontre Tinder. Ce serait cool quand même non ? Hein, Mathieu ?

  • Justement, quel est le meilleur endroit pour écouter votre musique ?

Julia : Soit dans la nature, soit dans un lit.

Mathieu : Tout à fait, au casque. Avec un bon gros volume sonore, en se promenant dans les bois ou au plumard, tranquillement.

Julia : Sans casque, du coup…

Mathieu : Bah tu peux l’écouter au casque en t’endormant, mais aussi avec une petite enceinte.

Julia : En faisant le sexe.

Benoît : Et aussi à bord d’un ULM, parce que c’est Capucine justement qui est là (leur chargée de projet, NDLR), à côté, qui a eu cette idée de comment faire une présentation de deux-trois morceaux à bord d’un ULM. On est devenus potes sur la première tournée avec le champion de France d’ULM, et il y a un morceau qui s’appelle « l’Originel », qu’on avait composé justement pour voler avec lui.

Interview réalisée en collaboration avec Radio Campus Tours


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Découvreur musical avide d’émotions fortes aussi bien sur disques qu’en concerts

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