[LP] Eels – The Deconstruction

Cela faisait depuis 2014 que nous étions sans nouvelles de notre musicien malchanceux adoré du nom d’Eels. Depuis son bouleversant album « The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett », le bonhomme s’est quelque peu retiré de la scène musicale pour vaquer à d’autres occupations. Alors qu’on désespérait de son retour, le chanteur de Los Angeles signe finalement un retour surprise avec « The Deconstruction ».

Et autant dire que nous avons failli dire adieu à Eels sans le savoir, car le Californien s’était distancé du monde de la musique après la parution de son album live au Royal Albert Hall en 2015. Après l’avoir aperçu dans la série Netflix « Love » qui entame sa troisième et dernière saison, Mark Oliver Everett a décidé de remettre la machine en route et nous prouve qu’il a encore bien des choses à dire sur ce douzième opus savamment orchestré.

Se voulant être une pièce de résistance pacifiste face à l’adversité que les États-Unis traversent à l’heure actuelle, le groupe n’hésite pas à employer les grands moyens à travers des morceaux indie rock orchestraux à l’image de l’introduction éponyme dont les cordes dramatiques annoncent d’emblée la couleur à travers la phrase suivante : « The reconstruction shall begin only when there’s nothing left. ». Avec l’aide de son producteur fétiche, Mickey Petralia, ils réussissent à mettre en œuvre une bande originale à mi-chemin entre un indie rock expérimental et quelque peu nerveux (« Bone Dry », « Today Is The Day ») et une pop on ne peut plus orchestrale (« Rusty Pipes », « The Epiphany », « Sweet Scorched Earth ») aux textes étonnamment plus optimistes par rapport à ce que le Californien nous avait habitué jusqu’ici.

Quelques morceaux sortent du lot et qui témoignent du changement de la part d’Eels avec les accents bluesy de « Be Hurt » et doo-wop de « You Are the Shining Light ». En somme, « The Deconstruction » est un album surprenant car paradoxal de la part du lonesome californien. Lui qui a longtemps traîné sa réputation de bonhomme malchanceux et dépressif, collectionnant les déceptions en chaîne, signe un opus beaucoup plus rassembleur et porteur d’espoir, d’autant plus dans une Amérique traversant une période sombre de son histoire. Le propos y est souligné par des arrangements luxurieux et épiques et vient nous rappeler qu’après avoir bravé la tempête, on ne peut que retrouver la lumière.

crédit : Dan Black

« The Deconstruction » de Eels est disponible depuis le 6 avril 2018 chez E Works Records.


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Comptable dans la vraie vie mais oreille curieuse sur les Internets. Aime découvrir de nouveaux talents musicaux indie, electronica et world sur Bandcamp et Soundcloud ou en parcourant les salles parisiennes avec son reflex. Fondateur du site lesoreillescurieuses.com

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