[LP] Jonathan Wilson – Rare Birds

Derrière les récents succès de Father John Misty, Karen Elson ou encore Jenny O et Manchester Orchestra, se cache un talent trop discret du nom de Jonathan Wilson. L’auteur-compositeur-interprète, producteur et musicien multi-instrumentiste californien, qui a récemment tourné avec le légendaire Roger Waters, n’a sorti aucun disque depuis son sensationnel « Fanfare » en 2013. Cinq années se sont écoulées et le bonhomme fait un retour fracassant avec « Rare Birds ».

Ce qui a fait le succès de ses albums précédents, ce sont tout simplement les arrangements et les compositions folk-rock malicieusement peaufinés qui nous transportent vers l’âge d’or du Laurel Canyon et de l’americana. Sur « Rare Birds », Jonathan Wilson décide d’emprunter un virage à 90° où il apporte des touches doucement synthétiques et quelque peu new age sur les influences folk rock et classic rock qui ont fait sa réputation. Ainsi, on retrouvera aussi bien les spectres de Crosby, Stills, Nash and Young et de Pink Floyd que ceux d’Air et de The War On Drugs, avec l’originalité du Californien qui n’a pas son pareil.

Dès les premières secondes de l’entraînant « Trafalgar Square », nous voilà transportés dans une nouvelle odyssée musicale plus que rebondissante, avec un Jonathan Wilson toujours aussi resplendissant. Il en est de même à travers les éclats de génie que sont le soft rock atmosphérique « Over The Midnight », qui a de quoi ravir les fans du groupe d’Adam Granduciel, mais également le vibrant « There’s A Light », faisant penser à Roger McGuinn, ou encore les influences de Peter Gabriel sur le résolument 80’s « Hard To Get Over ». Le musicien ne connaît pas la médiocrité lorsqu’il s’agit de faire preuve d’audace dans ses titres, avec les moments plus que vulnérables que sont les mélancoliques « Sunset Blvd. », le piano et les cordes, et « 49 Hairflips » dans une émotion à couper le souffle, sans oublier la conclusion toute en simplicité du nom de « Mulholland Queen ».

Grâce à des morceaux riches en guitare – comme le titre éponyme, où l’on imaginerait une fusion entre The Byrds et Grizzly Bear, et les accents vintage de « Hi Ho Righteous » -, Jonathan Wilson ne finit pas de nous impressionner avec les plus ambitieux « Loving You », qui nous plonge directement dans les influences new age et americana, mais aussi le bien étrange mais exotique « Living With Myself », conviant Lana Del Rey aux chœurs. « Rare Birds » est une parfaite excursion de 78 minutes où Jonathan Wilson arrive à concilier les influences des années 1970 et 1980 pour en faire un nouveau chef-d’œuvre ambitieux et irrésistible. L’oiseau continue à prendre son envol.

« Rare Birds » de Jonathan Wilson est disponible depuis le 2 mars 2018 chez Bella Union / PIAS France.


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Comptable dans la vraie vie mais oreille curieuse sur les Internets. Aime découvrir de nouveaux talents musicaux indie, electronica et world sur Bandcamp et Soundcloud ou en parcourant les salles parisiennes avec son reflex. Fondateur du site lesoreillescurieuses.com

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