[Interview] Barbagallo

Julien Barbagallo a un sacré CV musical : batteur de Tame Impala, cofondateur d’Aquaserge avec Julien Gasc, chanteur sous le nom de Lecube, musicien pour Bertrand Burgalat… Et il trouve quand même le temps de se consacrer au projet solo auquel il a donné son nom . « Danse dans les ailleurs », troisième album à venir de l’Albigeois, nous plonge dans un folk et une pop émouvants chantés en français. indiemusic a voulu en savoir plus sur la personne, sa démarche musicale et la construction de ce nouveau disque.

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crédit : Tajette O’Halloran
  • Bonjour Julien, merci de répondre à nos questions pour indiemusic ! Ta musique évoque souvent, par ses sonorités et ses textes, l’évasion ; et on sait que tu voyages beaucoup. Arrives-tu quand même à trouver une zone de confort dans tout ça ?

C’est une question d’habitude. Il faut savoir jongler avec de longues périodes de voyage, mais aussi de longues périodes où tu restes à la maison en attendant la prochaine tournée. Le confort est avant tout mental, en fait. Si tu es OK avec cette situation et que les gens que tu aimes sont OK aussi, alors tu es serein et tu fais bien les choses, tu arrives à tirer le meilleur de chaque période. Évidemment, il n’y a rien de tel que de rentrer chez soi après des semaines de tournée, pouvoir enfin faire quelques courses et cuisiner un bon petit plat.

  • Tu as participé et tu participes toujours à différents projets musicaux en France et en Australie. Quelles différences observes-tu entre ces deux pays quand il s’agit d’y faire de la musique ?

Les musiciens australiens ont un rapport très décontracté à la musique : il y a là-bas une vraie culture du « jam », faire de la musique pour la beauté du geste, le plaisir de passer un moment entre potes. Je pense que ça vient de leur héritage anglais où ça chante beaucoup en famille, pour les fêtes par exemple ; il y a toujours quelqu’un qui connaît de vieux classiques au piano.

En France, on est un peu plus cérébraux, on essaie d’avoir le contrôle sur toutes les phases de la création, on se fixe vite des objectifs. On oublie parfois que la musique est une chose simple qui peut se vivre dans le moment, dans le partage, sans trop réfléchir.

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  • Quels instruments ont été utilisés dans la conception de « Danse dans les ailleurs » ?

J’ai construit l’album autour d’un instrumentarium simple composé d’une batterie, une basse, une guitare acoustique et un piano électrique. Je voulais quelque chose de plus brut que les albums précédents, qui laisse plus de place aux textes, à l’imagination. Il y a, bien sûr, encore des synthés, mais ils sont plus ornementaux, ce ne sont pas eux qui donnent la couleur du disque, cette fois. C’est mon ami Angy Laperdrix qui a enregistré et mixé l’album.

  • « L’échappée » a été écrit il y a dix ans en anglais. Pourquoi avoir tant attendu pour sortir ce morceau et, finalement, l’avoir chanté en français ?

J’ai toujours aimé cette chanson, sa mélodie, ses accords, et je trouvais dommage qu’elle reste dans les cartons. Une chanson n’a pas de date de péremption, alors je me suis amusé à traduire le texte, j’ai arrangé un peu différemment et j’ai pu ainsi lui donné une seconde vie. C’est étonnant parfois, le destin d’une chanson.

  • Qui entend-t-on chanter avec toi sur le morceau « Longtemps possible » ? C’est la même personne que sur « Moitié de moi », non ?

Tout à fait, c’est mon épouse Brigid. Elle m’encourage beaucoup dans ma carrière en général et dans mon projet solo en particulier. « Moitié de moi » avait un petit côté fleur bleue, naïf. Avec « Longtemps possible » je voulais aller vers quelque chose de plus sombre, plus triste. C’est l’histoire d’un couple qui bat de l’aile, qui se débat pour se sauver. Sa voix s’est très bien prêtée à cette atmosphère. J’aime bien l’idée d’avoir un morceau avec elle sur chaque album.

  • Dans quelle configuration te retrouves-tu sur scène pour jouer cet album ?

Nous sommes quatre sur scène avec François Remigi (claviers), Theodora de Lilez (basse) et Thomas Pradier (guitare). Le fait de devoir effectuer des choix dans les arrangements donne un côté plus brut, plus live aux chansons. C’est vraiment intéressant.

  • Est-ce qu’il y a des artistes de la sphère francophone psychédélique qui ont récemment retenu ton attention ?

Je ne sais pas trop ce que « psychédélique » veut dire mais, en tout cas, j’ai adoré l’album de Ricky Hollywood.

  • Et parmi ceux d’hier ? Tu as enregistré une partie de ton album dans une ferme médiévale fortifiée qui appartenait à Nino Ferrer.

Oui, cet endroit est vraiment magique. Une vraie bulle, avec une atmosphère très bienveillante. Nino Ferrer fait évidemment partie des artistes majeurs français qui ont su emmener la chanson dans des endroits inattendus. C’était un aventurier.

  • Le mot de la fin : quelle est ta définition du psychédélisme ?

C’est difficile à définir, mais je dirais que c’est un état d’esprit avant tout. C’est l’envie de voir de plus loin, de voir au travers.


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Yann

Découvreur musical avide d’émotions fortes aussi bien sur disques qu’en concerts

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