[LP] Fergessen – L’été

Disque incorporant, tout au long de son écoute, une multitude de surprises sonores et mélodiques, « L’été » de Fergessen est un nectar musical que l’on savoure à l’excès, tant il nous apporte de plaisirs divins et de sources intarissables d’extase.

On a beau essayer, par tous les moyens possibles et imaginables, de définir l’art de Fergessen, rien n’y fait ; il y a, constamment, ce petit quelque chose, ce grain de sable dans le mécanisme qui nous empêche de mettre un nom, un genre sur ce à quoi nous sommes confrontés. La découverte de « L’été » ressemble ainsi à s’y méprendre à un jeu de piste au cours duquel les secrets se révèlent, prenant des atours en apparence évidents mais beaucoup plus complexes qu’il n’y paraissent. S’approprier l’opus, c’est accepter de se sentir aussi bien séduit qu’accaparé par des harmonies superbes et intenses, des voix belles et vénéneuses ; des attraits desquels nous ne pouvons, à aucun moment, détacher le regard.

Inutile d’essayer de résister : dès les intonations gospel de « Old Is Beautiful », le charme opère et nous hypnotisera pendant plus d’une demi-heure. Immersion idéale dans la sensualité et les sentiments les plus purs, « L’été » est la saison des amours autant que des certitudes que l’on commence à comprendre, à apprendre sur soi-même et sur les autres. « La mélancolie » est l’une des plus belles chansons françaises de ces dernières années, battant haut-la-main ceux qui sont, à tort, considérés comme les représentants parfaits de la langue de Molière, alors que « Wet Dragon » joue des effets synthétiques comme on dessinerait un décor virtuel apte à recevoir tous les contes de fées et de monstres possibles, ceux-ci n’étant pas si éloignés que ça de l’humanité elle-même. « Tu veux la guerre » milite pour une véritable tolérance et compréhension d’enjeux personnels et politiques totalement faussés par des points de vue indécis et jamais réellement argumentés (« Cool, restons détendus »), alors que « I Want Love », dont la simplicité est pourtant une immense vague émotionnelle, fait écho aux violences avec une pureté sentimentale et instrumentale qui s’affirme comme une évidence. S’achevant sur l’épique et merveilleux « Euphoria », le disque nous enserre et nous attire, inexorablement, dans le monde phosphorescent et accueillant de ses deux compositeurs.

« L’été » est un miracle comme on n’en espérait plus. Fergessen signe une œuvre maîtresse de 2018, de celles que l’on peut écouter éternellement en ne les percevant jamais de la même manière. Un délice sensoriel et spirituel véhiculant autant d’affection et d’attention que d’éveil des consciences ; ce qui est trop rare pour ne pas en profiter.

crédit : Bérengère Valognes / artwork : Julien Cuny

« L’été » de Fergessen est disponible depuis le 22 janvier 2018 chez Echoïd Prod.


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