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[Live] The Amazons et Pale Seas au Point Éphémère

Chaque décennie est marquée par son lot de rockers britanniques. Il y a eu The Who, Blur, The Libertines, Franz Ferdinand, Arctic Monkeys ou Kasabian. Ces groupes sont aujourd’hui passés du statut de porte-parole d’une génération au statut de modèle pour la nouvelle scène. Et si, au lieu de qualifier une génération par une lettre telle que le « y », on lui attribuait un groupe ? Ainsi, la jeunesse rock actuelle serait la génération Catfish and the Bottlemen. Soit un savant mélange de brit pop, de guitares saturées façon 70’s et d’attitude gentiment punk. Un rock populaire, avec juste ce qu’il faut de subversif pour plaire aussi bien aux fines bouches qu’à l’auditeur lambda de BBC 4. Ne désespérons pas que ce schéma puisse s’étendre outre-Manche ; la preuve en compagnie de The Amazons au Point Éphémère.

The Amazons – crédit : Alice Tabernat

Le captivant quatuor Pale Seas ouvre la soirée. Les quatre garçons, à la manière de The Verve, donnent à leur formation rock classique – c’est-à-dire, basse-batterie-guitares-chant – une ampleur presque symphonique. Comme si, de ces quatre instruments, s’échappait un son bien plus important, habitant l’espace dans ses moindre recoin. La poésie des textes et la voix aiguë du leader, Jacob Scott, renforcent la délicatesse des mélodies et inscrit le groupe dans un univers à mi-chemin entre la mélancolie d’un champ enneigé l’hiver et la splendeur d’un ciel étoilé d’été. Le groupe effleure une sphère spirituelle avec l’aspect solennel de « Heal Slow » et « Evil Is Always One Step Behind ». « Someday » conclue cette parenthèse enchantée et laisse notre enthousiasme inassouvi face à la brièveté du set.

La montée en puissance de « Ultraviolet » tranche radicalement avec l’ambiance instaurée par Pale Seas. L’entrée en matière est brutale ; il est impossible de ne pas saisir l’identité de The Amazons. L’enchaînement de « Burn My Eyes » et « In My Mind » reflète parfaitement la rage qui anime les musiciens. Les accords limpides se détachent de l’ensemble, marqué par une guitare plus aiguë que l’autre. L’essence du groupe réside dans ce son acéré, et propose en live un hard rock ciselé. « Millions (The Party) » se mêle à « Black Magic » pour ne former plus qu’un seul morceau à tiroirs. Le riff, efficace mais néanmoins d’une simplicité surprenante, de « Black Magic » souligne le talent de composition de la jeune troupe.

Au début fatigués, nous remarquons que plus le concert avance, plus les musiciens se livrent à leurs instruments sans masquer leur plaisir, la réception de l’auditoire y étant sans doute pour quelque chose. Jamais nous n’avions vu public si hétérogène, fangirls des premiers rangs et vieux rocker « à qui on la fait pas », à ce point soudés. Tous sont marqués par ce rock populaire mais sophistiqué, distingué et modeste.

Au rappel, les pédales d’effets se taisent pour laisser place à Matt Thomson et sa guitare sèche. La saisissante balade « Palace » rend hommage à cette jeune fille qui, d’après l’interprète lui-même, « entretenait une relation avec un trou du cul ». Tout en pudeur, le morceau ne sombre pas dans la caricature : la guitare électrique de Chris Alderton vient sublimer la fin du morceau. Le concert se clôt majestueusement au son des chœurs emportés de « Junk Food Forever ». The Amazons aura interprété, en une heure et quart de show, l’ensemble de son répertoire dans l’atmosphère moite du Point Éphémère, espace où confluent différentes générations réunies par une même passion.

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