[Clip] VAGUES – Envol

Avec « Envol », extrait de son premier EP, « Depuis Les Toits », prévu pour le 13 octobre prochain, VAGUES ne se contente pas d’entrechoquer le rock et la chanson française. Au contraire, il amène au premier l’originalité qui lui manquait grâce au second, illustrant à la perfection ce mélange passionnant de délicatesse et d’énergie qui en fait, immédiatement, l’un des projets les plus prometteurs de cette fin d’année.

On pourrait d’abord croire à une énième version instrumentale et vocale d’un genre trop souvent imité, mais manquant la plupart du temps d’une véritable personnalité. Pourtant, « Envol », du quatuor français VAGUES n’est rien de cela ; au contraire, le rock tel qu’il le propose revêt une identité, un langage propre à son art et à son postulat de départ. Citant aussi bien, dans sa biographie, Alcest qu’Arthur Rimbaud, le groupe sait que la chanson française peut, elle aussi, devenir mère de toutes les pulsions et de paroles à la fois sombres, tourmentées et humaines. De ce fait, la complémentarité harmonique et verbale est totale et radicalement subjuguante ; un moment ralenti, une parenthèse temporelle proche du conte de la douleur et de l’aveuglement d’une lumière trop puissante.

D’abord, un calme audacieux, une immobilité que l’on sait éphémère mais essentielle aux événements qui vont se dérouler devant nous. « Envol » est un dialogue entre les mélodies acérées et transcendantes de VAGUES et la chorégraphie douce et possédée d’Anaëlle Mariat, le tout sous l’œil attentif et aiguisé d’Aurélien Mariat à la réalisation. Car chaque plan, de même que chaque arrangement, se doit d’offrir une réponse à son sujet, un support entre le repos et l’émergence d’une puissance éclatante. Les mouvements corporels de la danseuse s’unissent et se confondent aux manches des guitares, aux baguettes du batteur, au micro du chanteur ; l’objet devient mouvant, vivant, là où le regard se perd. Elle observe pendant qu’ils interprètent, s’imprègne d’accords en progression constante et libère ses charmes visuels au milieu du tourment. Puis vient la métamorphose, la mue, ce changement à la fois logique et radical, au rythme des envolées sonores ; la créature échappe à ses créateurs, tandis que ceux-ci la libèrent en donnant à leur interprétation une émotion évocatrice de sentiments troubles et mélancoliques, sombres et hantés. Elle devient VAGUES, tout comme VAGUES se retrouve personnifié par elle ; échange de consentements artistiques entre électricité et beauté, « Envol » est un spectacle miraculeux et marquant, signe d’une vivacité nouvelle dans un paysage qui avait bien besoin de sang neuf.


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