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[News #7] Ten Square, Ossayol, Crispy Bubble et Futsu

La musique française, dans toute sa splendeur et son originalité, se porte merveilleusement bien, et personne ne va s’en plaindre. Pour les plus réfractaires, ces nouvelles News vont vous permettre de changer radicalement d’avis sur un soi-disant marasme artistique hexagonal, entre rock puissant et fiévreux, folk intimiste et vibrant et pop énergisante et frémissante. Quatre de nos projets favoris du moment, à découvrir immédiatement !

Ten Square

Il est difficile de définir les genres musicaux qu’explore le projet parisien Ten Square, tant celui-ci s’amuse, au fil des pistes, à troubler les frontières séparant, par exemple, rock et la pop. Sans pour autant se cantonner à un style précis, comme le démontre le dernier titre en date du groupe, « The Game », aux élans acoustiques qui sont autant de merveilles mélodiques que la preuve d’un travail sonore et émotionnel fulgurant, de même qu’une suite tout sauf logique de leur effort précédent, le déjà riche EP « We Are Human ». La mise en images de la performance des musiciens, entre grisaille ambiante et mésaventures quotidiennes, laisse pourtant place à un espoir que l’on ne devine pas, mais qui demeure présent dans chaque accord, chaque rythme et chaque entrée instrumentale. Une sobriété qui fait de l’errance de l’héroïne principale un moment que chacun de nous à, un jour ou l’autre, vécu, lorsque la déprime cède sa place à l’engouement et au besoin d’exulter, dans un final d’un dynamisme contagieux et excitant. Une piste qui fait sourire autant qu’elle inspire, entre larmes de l’abandon et reprise de sa propre conscience.

Ossayol

Il est toujours appréciable de découvrir un artiste complet, ne laissant aucune place à l’hésitation ou à l’erreur, aussi bien visuellement que musicalement, au fil de ses créations. Mickaël Pillisio, alias Ossayol, fait partie de ces créateurs pour lesquels l’image et le son forment une seule et même entité, une histoire que l’on suit sans pouvoir décrocher ni nos yeux, ni nos oreilles du spectacle qui s’offre à nous. « H is H », témoignage de la solitude et de l’abandon – volontaire ou non et tiré de son EP « No one else », sorti le 11 juillet dernier-, s’affranchit du tout-venant folk en devenant, à travers ses pictogrammes et accords, un moment qui ne dénoterait pas dans les archives d’une vie rurale vouée à la disparition, mais à la simplicité étonnamment puissante et riche. Nature et humanité se confondent dans une lumière déclinante, une chaleur palpable et communicative. Une évasion totale, que certains jugeront pessimiste, mais dont le message principal est aussi encourageant que bouleversant. Un hommage poignant du songwriter à la maturité, tout comme à ce qu’elle peut encore apporter comme bonheur et réconfort aux générations futures.

Crispy Bubble

Quatuor franco-irlandais originaire de Meaux, Crispy Bubble pourrait être comparé aux influences qu’il cite lui-même sur sa page officielle. Pourtant, il n’en est rien, comme le prouve l’énergique et vivace « Lights Out », extrait d’un diptyque déjà prometteur mêlant un rock mélodique précis et prêt à l’envol à des harmonies vocales inspirées et dynamiques. Karen, sur la base sonore offerte à sa voix par la section instrumentale, fait des merveilles, se lâchant corps et âme sans se soucier des apparences, sans poses forcées ou inutiles. Tout est à la fois brut, concis et d’une électricité largement communicative, prouvant que le rock peut encore porter en son sein des projets soucieux de lui restituer ses fondations harmoniques les plus audibles et concises. Un véritable travail d’orfèvre, qui motive et fascine (visuellement, la vidéo, réalisée par Romain Doublet de L’Espace d’un instant, est d’une intensité folle et contagieuse) avant de nous prendre aux tripes. On attend la suite, sur scène et disque, avec impatience !

Futsu

Décidément, le collectif parisien Futsu n’en finira jamais de nous impressionner ! En effet, en choisissant « Krakatoa », extrait de leur excellent EP « Semi-Phantom », le groupe ne fait pas dans la demie-mesure, donnant à la force brute et dansante du titre des aspects visuels beaucoup plus décalés mais parfaitement complémentaires. Car c’est bel et bien un rêve éveillé auquel nous assistons, fait de rayons et d’auras tantôt flous, tantôt plus marqués. Une mouvance constante, où l’on rencontre des danseuses apparaissant de façon presque subliminale, achevant de nous faire perdre nos repères afin de mieux plonger dans ce maelström musical et pictural excitant et hallucinogène en diable (même les singes sont moins inoffensifs qu’ils en ont l’air…). Une électricité orageuse qui traverse nos membres et nos cerveaux, distille ses volts comme autant de foudroiements s’imprimant longuement sur nos conduits auditifs et nos neurones. Une extase totale, furieuse et libératrice, qui surpasse tout ce que l’on était en droit d’attendre de ces compositeurs décidément imprévisibles, audacieux et indispensables à notre bien-être !

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