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[News #5] Resolve, Medium Douce, Zalfa et Alois

Entre bouillonnements sanguins chauffés à blanc par les éclairs vivifiants du metalcore, expérimentations naturelles et artificielles, rencontres des hémisphères et douceur aux apparences trompeuses, ces cinquièmes News vous invitent à découvrir ce que la galaxie artistique actuelle s’apprête à laisser déferler, telles des chutes de météorites aussi belles que lumineuses, sur nos esprits curieux et ouverts. Un voyage à la fois initiatique et mouvementé, mais qui ne laissera personne indifférent.

Resolve

Attention, révélation en vue, et pas des moindres ! Quelques mois après les marquants et excitants « Exposed » et « Abyss », le quatuor lyonnais Resolve est de retour avec « Rapture » ; et le moins que l’on puisse dire, c’est que la recette appliquée par le groupe, à savoir, un savant mélange de metalcore et de passages beaucoup plus intériorisés, fait du résultat une bombe électrique en puissance, explosant dans nos oreilles et devant nos yeux avec une qualité exceptionnelle. La réalisation d’Aurélien Mariat, sans jamais tomber dans le cliché, alterne plans vibrants et couleurs entre pureté et rouge sang, union de la sagesse, de l’effort mortel et du sacrifice transcrivant à la perfection la dualité d’un projet qui ne cesse de nous combler et de prouver à tous ceux qui considèrent un genre souvent décrié qu’avec du génie, de la concentration, du travail et de la passion, il est possible de dépasser les frontières hermétiques posées ici par des supporters à l’esprit étriqué. De là à dire que l’on tient, avec Resolve, l’une des meilleures entités musicales hexagonales, il n’y a qu’un pas que nous franchissons sans problème. Imparable, intelligent et délicieusement acide.

Medium Douce

À l’origine, quatre étudiants du Conservatoire de Versailles aussi bien passionnés par les instruments réels que par les possibilités offertes grâce au virtuel. La rencontre de ces deux univers, si difficile la majorité du temps, trouve son apogée dans le monde à la fois subtil et précis de Medium Douce, comme le prouve leur dernière composition en date, « Solstice » ; délicat mélange de de vibraphone, claviers et boucles rythmiques discrètes et suaves, le titre enchante autant qu’il invite à voyager le long de paysage nuageux et dociles. Chaque membre du quatuor se fond littéralement dans ce que tous les autres proposent, s’accordant ainsi une liberté harmonique et une complémentarité rarement entendues. Un langage personnel, émouvant et engagé, alliant l’organique au numérique dans une danse voilée et brumeuse. Un petit chef-d’œuvre démontrant la dévotion infaillible de ses compositeurs, que l’on va suivre de très près dans les mois qui viennent, leur potentiel ne demandant qu’à éclater toujours plus au grand jour.

Zalfa

Sur le papier, Zalfa intrigue d’ores et déjà par ses origines et objectifs artistiques. Musicienne franco-syrienne installée à Paris, elle expérimente, au gré de ses inspirations, de savoureux mélanges à la fois occidentaux et orientaux, mais en ne laissant jamais l’un prendre le pas sur l’autre. Qu’elle se rapproche d’un rock discret et ténébreux ou, au contraire, d’une écriture éthérée et vaporeuse, comme le démontre le formidable « Ma Sar », l’artiste s’amuse à mixer aussi bien des consonances électroniques que des éléments beaucoup plus rationnels, dans un mariage osé et inédit qui surprend, puis finit par s’imposer comme l’une des démarches les plus originales que l’on ait entendues cette année. Débarrasser les continents de leurs frontières afin de céder la place au plaisir et à la sensualité ; voilà ce que Zalfa nous donne à boire jusqu’à la lie, en attendant un album sur le point de voir le jour et dont on reparlera sans nul doute.

Alois

Prélude à un album, « Mints », prévu pour le 29 septembre prochain chez Red Brick Chapel, « Flowers » d’Alois résonne au premier abord comme une chanson pop en apparence inoffensive. Et pourtant, au fur et à mesure des écoutes, elle dévoile un sens de la mélodie et une envie urgente et incontrôlée d’aller plus loin dans l’expérience sensorielle qui s’impose déjà à nous. À travers les images de Eliane Bertschi and Gitte Hendrikx, suivant les pérégrinations naturelles d’Elena Carvajal, créature mi-homme mi-muse cherchant sa place dans un décor où les couleurs ne demandent qu’à se révéler à nous, « Flowers » est une vision musicale et picturale venant d’un ailleurs que l’on sait proche de nous, mais que l’on n’ose jamais révéler au grand jour ni, tout simplement, observer, pour peu qu’on l’ont veuille bien s’y attarder. Heureusement qu’Alois assume fièrement cette quête de la beauté et de l’innocence au fil d’arabesques instrumentales finalement vénéneuses et hallucinogènes, créant le bien-être dans nos corps apaisés. La fin de l’année promet d’être riches en surprises et en révélations !

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