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[Interview] Otherkin

Note for our readers : for the ENGLISH LANGUAGE VERSION of the interview, CLICK HERE.

Grand espoir de l’indie dublinois, après une tournée de dix dates fin juin avec Dead Kennedys, figure pionnière du punk hardcore américain, Otherkin sortira le 29 septembre prochain son premier album « OK ». Salué pour ses concerts fiévreux alliant des mélodies brûlantes à une interprétation survoltée, le quatuor irlandais adepte de la grunge pop pourrait bien être le prochain phénomène rock venu d’Outre-Manche. Conor Andrew Wynne, son guitariste, nous a accordé une interview fleuve, pour présenter ce premier album, ses excellents clips déjà sortis et nous dévoiler les ambitions de son groupe.

crédit : Gregory Nolan

  • Pour commencer, j’aimerais en savoir davantage sur la création du groupe et vos intentions au départ ?

Tout a commencé quand trois d’entre nous jouions, légèrement ivres, des reprises sous un porche à Toronto pendant un Visa Vacances Travail. Quelques années plus tard, nous avons voulu remettre ça à nouveau et c’est ainsi que le groupe est né. Nous avons pris tellement de plaisir à composer et faire des concerts que nous nous sommes dit, merde, il faut que ça devienne plus qu’un passe-temps.

  • Quelle est l’histoire derrière le nom du groupe qui est lié à l’univers fantasy, aux personnes qui se considèrent comme non humaines, les otherkin ?

Nous avons repéré le nom dans un magazine culturel irlandais peu de temps après qu’on nous ait dit que notre nom originel avait été pris par un groupe punk rock obscur des années 80. Nous ne nous sommes pas franchement renseignés sur le sens de ce mot, nous avons juste aimé son esthétique et comment il sonnait. Nous recevons régulièrement des mails de la part de la communauté otherkin qui nous demande si notre groupe s’identifie en tant qu’otherkin, et nous aimons dire que notre batteur pense qu’il est un dragon ; c’est une blague qui dure depuis des années !

  • Parlons de vos plus récents clips pour « Bad Advice » et « REACT » ! Ils sont très réussis, créatifs et débordants d’énergie, avec une bonne dose de fun ainsi qu’une vision artistique singulière qui sert parfaitement le projet. Comment avez-vous collaboré avec les directeurs de ces clips pour en faire de telles réussites ?

Nous avons eu la chance de travailler avec deux grands réalisateurs sur « Bad Advice » (Finn Keenan) et « REACT » (Ciaran Lyons), qui ont tous deux fait un boulot remarquable. Nous aimons avoir la main sur notre projet, donc habituellement le réalisateur nous présente une idée et, si nous l’aimons, nous essayons de travailler avec lui autant que possible pour que cela reflète l’identité d’Otherkin. Finn et Ciaran réalisent des clips vraiment uniques et nous avons eu la chance de les avoir tous les deux ! Nos deux dernières vidéos sont définitivement mes préférées et nous en avons une nouvelle qui devrait arriver prochainement.

  • Votre musique est un mélange génial de mélodies indie rock accrocheuses et d’une énergie punk garage qui m’évoque The Hives, The Libertines ou encore The Strokes à leur meilleur. Comment composez-vous ?

Habituellement, l’un de nous compose une idée de riff très simple et l’amène dans le local de répétition. À partir de ce moment-là, nous collaborons tous ensemble sur la chanson pour en faire ressortir quelque chose. Nous sommes tous les quatre compositeurs donc c’est un processus vraiment génial de créer une chanson en commun. On se sent en communion directe pendant que nous écrivons, c’est pourquoi je pense que beaucoup de nos chansons sont si énergiques.

  • Selon vous, qu’est-ce qui prime entre le sens des chansons et les mélodies ? Comment conciliez-vous ces deux impératifs au sein de votre musique ?

En règle générale, lorsque nous écrivons une chanson, la mélodie arrive toujours en premier. Notre chanteur Luke amène la mélodie de la chanson et, après l’avoir retravaillé ensemble, il commence à écrire les paroles. Parfois, cela peut prendre beaucoup de temps pour arriver à un résultat qui nous convienne ; lorsque nous avons enregistré notre chanson « Ay Ay », il n’a pas vraiment commencé à écrire les paroles jusqu’à ce que nous entrions en studio ! Nous estimons tous qu’il est important que les paroles correspondent à l’état d’esprit de la musique, alors Luke tente de refléter ça autant que possible.

  • Il faut qu’on parle des textes : quels sont les sujets centraux que vous essayez de partager avec vos auditeurs ? Sont-ils déconnectés de votre quotidien, pour être plus communs, plus universels et moins personnels ?

Nos paroles traitent d’une très grande variété de sujets : certaines chansons parlent d’émotions comme l’amour, la luxure et la trahison et d’autres sont plus spécifiques : nous avons des textes sur les trafiquants de drogue à Dublin, sur la montée de l’extrémisme de droite en politique et même une chanson sur 1989, année de sorties d’albums qui ont eu une énorme influence sur nous, le principal étant « 3 Feet High and Rising » de De La Soul. Nous ne voulons pas que nos paroles soient unidimensionnelles, et Luke a fait un réel effort lors de l’écriture de l’album pour éviter cela. Je pense que c’est quelque chose qui sera exploré plus encore sur le prochain album.

  • Vous êtes, pour certains d’entre nous, le prochain gros phénomène irlandais. Est-il facile ou difficile d’être attendu à ce point ?

Je pense que nous n’accordons pas vraiment d’attention à ce genre de choses, nous avons toujours essayé de travailler très fort pour nous améliorer quotidiennement. L’industrie musicale aujourd’hui évolue très vite, et nous savons donc que nous pouvons être la grande sensation une semaine et être totalement oubliés la suivante. Notre mission, c’est d’imposer notre musique dans le temps pour Otherkin. C’est notre plan de carrière.

  • Vous sortirez votre premier album, « OK » fin septembre. Comment gérez-vous l’attente concernant cette sortie ?

Nous ne pouvons pas être plus heureux que la manière dont notre premier album sonne, c’est un album excitant et fonceur, qui correspond exactement à ce que nous voulions obtenir. Nous avons hâte de le faire découvrir et notre objectif principal est désormais de le faire entendre à un maximum d’oreilles, nous mourrons d’impatience de faire découvrir ces chansons autour du monde.

  • Quel sens donnez-vous au signe « OK » de votre premier LP ?

Beaucoup de monde identifie le groupe par « OK », c’est devenu notre symbole dès le premier jour, il y a eu plein de versions différentes de ça, mais c’est la seule chose qui est restée accrochée au groupe depuis le début.

  • Qu’attendez-vous des auditeurs qui vont découvrir votre musique avec ce premier album ?

Nous donnons tout dans cet album et je pense que vous pouvez entendre cela avec ce que nous avons déjà sorti ; les nouveaux auditeurs ressentiront l’énergie et l’honnêteté du disque, on se met à nu, ça te donne envie de foutre le bordel.

  • Concernant vos fans de la première heure, quel genre de surprise peuvent-ils attendre de cette sortie ?

Ils peuvent espérer beaucoup de bangs chaotiques, et quelques pistes plus sombres et groovy. Il n’y a absolument pas de remplissage sur cet album, le pied est enfoncé sur l’accélérateur de la piste 1 à la piste 12.

  • Après l’écoute de dix de vos titres déjà sortis, j’ai pu identifier quelques caractéristiques de votre son : une énergie brute qui vient te chercher dès les premiers instants, une sorte d’urgence qui rappelle les mouvements punk ou grunge, et un goût pour les pistes sous les trois minutes. Y aurait-il trois autres attributs qui caractérisent le son Otherkin ?

On nous dit souvent que bon nombre de nos chansons sont très accrocheuses, je pense qu’avoir des mélodies que les gens peuvent chanter en chœur est quelque chose qui revient régulièrement dans l’album.

Sans redondance : nous avons passé beaucoup de temps à produire ces chansons pour nous assurer qu’il n’y ait pas une partie d’entre elles qui apparaisse en deçà du reste ou ennuyeuse. Nous essayons de rendre chaque partie de nos chansons aussi excitantes que la suivante.

Les solos de guitare !! Nous apprécions un bon solo de guitare, qui a dit que le shredding est mort ?

crédit : Christian Tierney

  • Quels sont les ingrédients principaux que vous mettez dans votre musique pour la rendre vraie, riche de sens et unique ?

Quand nous avons composé cet album, nous avons souhaité refléter nos personnalités et qui nous sommes dans la vraie vie. Maintenant, nous sommes quatre idiots qui aimons prendre du bon temps et prendre de mauvaises décisions. Je pense que notre musique est le reflet de ça, haha.

  • En France, nous ne sommes pas particulièrement doués pour les paroles en anglais, auriez-vous quelques bons conseils à donner aux groupes français pour signer un hymne à destination des filles anglaises ? Ça doit changer !

Il faut rester simple ! C’est ce que nous faisons, Il est facile de compliquer davantage les choses dans le but de sonner intelligent, mais généralement ça ne fonctionne pas. Je pense que Phoenix est un bon exemple d’un groupe français qui a un charme universel.

  • Pour conclure notre échange, quel groupe irlandais montant nous recommandez-vous d’écouter impérativement ?

THUMPER

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ENGLISH

crédit : Gregory Nolan

  • To begin with, I would love to know how you started the band and what was the main intention at the beginning?

The origins of the band started off when three of us were drunkenly playing covers on a porch in Toronto while on a working visa / holiday. A couple of years later we wanted to start doing that again and that’s how the band came about. We just had so much fun writing and playing gigs we said fuck it, we gotta make this more than a hobby.

  • What’s the story behind your band name which is related to fantasy, to non-human people: Otherkin?

We spotted the name of an Irish culture magazine shortly after we were told our original name was taken by an obscure 80s punk rock band. We didn’t read too much into the meaning, we just liked how it looked and sounded. We get emails regularly from the otherkin community asking does the band identify as otherkin, we like to say our drummer thinks he’s a dragon, it’s been an on-going joke for years now!

  • Let’s talk about your latest videos for « Bad Advice » and « React »! They are so great, creative and full of energy, with a good part of fun plus an artistic vision that deserves your project so well. How did you work with the director of those clips to make them happen such a great way?

We’ve been lucky to work with two great directors on « Bad Advice » (Finn Keenan) and « REACT » (Ciaran Lyons), who both did amazing jobs. We’re very hands with all elements of the band, so usually the director will come up with an idea and if we like it we try to work with them as close as we can to ensure it reflects the Otherkin image. Finn and Ciaran shoot very unique videos and we actually head hunted both of them! Our last two videos have been my favourites and we’ve another one on the way shortly.

  • Your music is a great mixture between indie rock catchy melodies and garage punk energy that remind me of The Hives, The Libertines or The Strokes at their best. How do you compose your music?

Usually one of us just writes a very simple riff idea then brings it to the rehearsal room. From that point, onwards we all collaborate on the song and flesh it out. All four us write music so it’s a really cool process being about to create a song as a unit. It feels like a live environment while we’re writing, that’s why I think a lot of our songs turn out so energetic.

  • According to you, what is the most important thing between the meaning of the songs and the melodies? How did you mix both of these imperatives in your music?

Typically, when we write a song the melody always comes first. Our singer Luke will compose the melody to the song and after he’s shaped it to how we all want it he’ll begin writing the lyrics. Sometimes it can take a long time for that to happen, when we recorded our song « Ay Ay » he didn’t actually begin writing the lyrics until the day we were recording it in the studio! We all feel that it’s important for the lyrics to match the mood of the music, so Luke attempts to do that as much as possible.

  • We need to talk about the lyrics: which are the essential subjects that you try to share through your compositions? Are they disconnected from your daily life, to be more common, more universal and less personal?

Our lyrics deal with a pretty wide variety of topics: some songs deal with emotions like love, lust and betrayal and other songs are more specific: we have songs about drug dealers in Dublin, the shift to right-wing extremism in politics and even a song about 1989, which saw the release of albums that had a huge influence on us, the main one being De La Soul’s « 3 Feet High and Rising ». We don’t want our lyrics to be seen as one-dimensional so Luke made a very conscious attempt when writing the album to steer away from it. I think it’s something that will be explored even further on the next album.

  • You are, for many of us, the next big thing coming from Ireland. Is it good, or is it hard to be that awaited?

I don’t think we pay too much attention to labels like that, we’ve always tried to work really hard to improve ourselves on a daily basis. The music industry today is very fast moving, so we know ourselves you can be the next big thing one week and completely forgotten about the next. Our mission is to create music that lasts and to have longevity for Otherkin. This is a career move for all of us.

  • You will release your debut album, “OK”, at the end of September. How do you deal with your expectations through this release?

We couldn’t be happier with how our debut album sounds, it’s a really exciting fast paced album and exactly what we wanted to craft. We can’t wait for people to hear it and the main objective is to get it out to as many ears as possible, we’re dying to these songs to audiences all around the world.

  • What’s the meaning of the “OK” sign of your first LP?

A lot of people would identify the band by ‘OK’, as it’s been our symbol from day one, there have been many different versions of it but it’s the one thing that has stuck with the band from the beginning.

  • What do you expect from the listeners who will discover your music thanks to this debut album?

We put everything into the album and I think you can hear that when listening to back, new listeners will feel the energy and honesty of the record, it’s very unhinged, it sorts of makes you want to fuck shit up.

  • About your first fans, what kind of surprise can they expect from you with this release?

They can expect a lot of chaotic Otherkin bangers, and a few darker / groovier tracks too. There’s absolutely no filler on the album, the foot is firmly on the accelerator from track 1 – 12.

  • After listening to ten of your tracks which have already been released, I noticed a few common characteristics of your music: a raw energy that catches you in the first seconds, a kind of emergency that remains to punk or grunge acts, and a taste for the tracks during less than three minutes. Do you think of three other attributes your music significantly would offer?

People say a lot of our songs are very catchy, I think having melodies that people can sing along to is something that features in the album regularly.

No filler: We spent a lot of time producing these songs to make sure there wasn’t any part of the songs that were half-assed or boring. We try to make every part of the song as exciting as the next.

Guitar solos!! We do enjoy a good guitar solo, who said shredding is dead?

  • What are the main elements you put on your music to make it real, significant and unique?

While writing this album we wanted to reflect our personalities and where we were in life. Right now, we’re four idiots who like having a good time and making bad decisions. I think our music sort of reflects that haha.

  • In France, we’re not that good for the lyrics in English, so can you give some good advice to French bands to write a great anthem for the English girls? This has to change!

Keep it simple! That’s what we do, it’s easy to over complicate things in a bid to sound smart but usually it doesn’t work. I think Phoenix is a great example of a French band who have universal appeal.

  • To end up this conversation, what rising band from Ireland would you recommend us to imperatively listen to?

THUMPER

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