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[Flash #13] King Howl, New Swears, Midnight Divide, The Cranky Skins et Annie McLean

D’Ouest en Est, en passant par le Sud, d’une île paradisiaque aux grandes capitales, notre treizième Flash vous réserve un dépaysement qui ne s’arrêtera pourtant pas à un cours de géographie. Et y en a pour tous les goûts ; du heavy blues animal des Italiens de King Howl au garage punk insoucieux des Canadiens de New Swears, en passant par le rock alternatif intense des Californiens de Midnight Divide, le rock torride et complice des Toulousains de The Cranky Skins et la pop passionnée de la New-Yorkaise Annie McLean. Pour faire le plein d’émotions fortes et douces, écoutez ce qui suit !

[LP] King Howl – Rougarou

7 juillet 2017 (Talk About Records / Electric Valley Records)

Avec « Rougarou », King Howl, groupe originaire de Cagliari, capitale de la Sardaigne, sort les crocs et les griffes pour réveiller son amour du heavy blues à la pleine lune. Le quatuor italien s’en donne à cœur joie pour livrer son interprétation possédée et animale d’un blues propulsé aux confins du hard rock, du proto-punk et du stoner, porté par le timbre puissant et expressif de son frontman Diego Pani comme par ses compositions nerveuses et habités qui évoquent pêlemêle les souvenirs ravivés de MC5, Led Zeppelin et surtout Black Sabbath. Sans la moindre faute de goût et avec ses solos faisant l’effet d’une célèbre pilule bleue aux premières amours du rock psychédélique, King Howl sort de sa tanière pour mener au front dix pistes fougueuses et d’une classe folle. Incontournable.

[LP] New Swears –  and the Magic of Horses

23 juin 2017 (Dine Alone Records)

Pas prêts de se prendre au sérieux, les anti-punks canadiens de New Swears reviennent, mulets au vent, avec « and the Magic of Horses », un nouvel album érigeant la franche camaraderie en art de vivre. Couplets folk pop guillerets (« Le Poison ») – toujours un brin alcoolisés (« Comfortably Hungover») -, rockabilly tout-terrain (« Race to the Grave ») ou surf garage d’humeur licencieuse (« Warm Bodies » et « Dance with the Devil ») ponctuent ce petit chef-d’œuvre spontané et récréatif, décapant à haute pression les oreilles chastes. Décidément, New Swears est toujours le roi de la grande déconnade et ça lui réussit toujours autant !

[EP] Midnight Divide – Dichotomy

8 août 2017 (Midnight Divide Records)

Deux ans après « Embrace The Wave », un premier maxi à la production époustouflante, le groupe rock alternatif californien Midnight Divide revient plus fort et plus impactant avec « Dichotomy », quatre pistes explosives et ambitieuses qui ne manqueront pas d’évoquer les univers éclectiques et chamaniques d’Everything Everything, Saint PHNX ou encore TV on the Radio, à la croisée de la pop, du hip-hop et des musiques électroniques. Prêt à virer mainstream mais toujours en équilibre sur l’alternatif, Midnight Divide distille ici d’une épatante et riche palette d’émotions. Mentions spéciales pour le supersonique « Ketamine », une bourrasque folle qui emporte tout sur son passage ainsi que pour le brillant « Fireline » porté par la voix stratosphérique d’Austen Moret.

[LP] The Cranky Skins – Burning Matches

28 juillet 2017 (autoproduction)

La duo rock toulousain The Cranky Skins a trimé dur pour sortir son premier album, témoin d’une animalité brûlante et d’une sulfureuse attraction. Sur onze pistes entre blues musclé, confidences et rock très underground, la voix âpre et les riffs secs et graves de Nico Saurin répondent à la batterie redoutable de sa partenaire Max Martins. Un duel musclé et funeste, impitoyable et pessimiste, s’engage de cette façon sur « Burning Matches », non sans évoquer la complicité sensuelle et dévorante de The Kills. Malgré ses couleurs ternes, parfois redondantes, stigmates des premières fois, l’univers des Cranky Skins ne manque pourtant pas d’ambition ni d’intérêt avec son interprétation éperdue et sa rage parfaitement revendiquée.

[EP] Annie McLean – Growing Out Of It

9 août 2017 (autoproduction)

Dans la lignée de l’inoubliable « Bible Belt » de Diane Birch, une New-Yorkaise de 21 ans, Annie McLean, vient de sortir un remarquable premier EP « Growing Out Of It », entre pop et jazz. Entre sa la voix passionnée, virevoltante et intense de la jeune auteure et interprète, et la qualité d’écriture, mature et authentique, difficile de ne pas être bluffé par cet enregistrement modeste, mais très prometteur. Au piano ou à la guitare, Annie McLean se laisse parfaitement accompagner par deux trompettistes, un bassiste, un batteur et un ensemble vocal, qui confèrent toute l’émotion et la grâce d’une telle musique, sur l’admirable « Still Turns » et son refrain « I think i’m finally growing out of it » reprit treize fois en chœur ou sur le magistral « Cryptic ». Une nouvelle étoile est née.

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