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[Interview] MNNQNS

La scène indé rouennaise n’a jamais manqué de vigueur ; pour preuve, nous citerons les Dogs, les Olivensteins, Tahiti 80 ou encore La Maison Tellier. En 2017, MNNQNS, quatuor post-punk combatif, est fin prêt à prendre la relève. Finaliste des derniers iNOUïS du Printemps de Bourges, c’est son chanteur et guitariste Adrian Dépinay qui nous raconte, avec fougue et un second degré bien brûlant, l’histoire un brin provocatrice de son groupe, partagée entre sa monomanie assumée du DIY et ses performances décapantes et sans demi-mesure.
Pour vous la faire brève (mais intense), MNNQNS sera à l’affiche de Rock en Seine, le vendredi 25 août prochain sur la scène Firestone et ce serait bien dommage de manquer ce rendez-vous qui aura tout d’un début de sacre. Trois, deux, un, feu !

crédit : Florent Dubois

  • Votre premier album « Worthless » remonte à fin 2014. Et les débuts du groupe ? Comment tout a commencé et comment sont nés vos premiers titres en commun ?

J’ai commencé à écrire les premiers morceaux de MNNQNS quand j’habitais à Cardiff au Pays de Galles, d’où le côté british dans le son, j’imagine. Le line-up a énormément changé depuis : on est passé par une douzaine de membres différents en l’espace de trois ans. Faut dire ce qui est aussi, je suis carrément insupportable. Ils me détestent tous.

  • Il y a un esprit très surf qui ressort de vos morceaux, une sensation de glisse qui se dégage de votre mélange de post-punk et de shoegaze. Est-ce finalement votre goût mesuré pour les mélodies qui s’exprime pleinement ainsi dans vos compositions ?

Totalement, la base de la plupart de nos chansons est délibérément pop. Je vois plus le post-punk et le shoegaze comme deux vieux fantômes pervers qui planent au-dessus de nous en permanence, prêts à foutre le bazar à la première occasion. Paradoxalement, on a plus retenu comme outils les ambiances du shoegaze que ses sons typiques, et c’est complètement l’inverse pour le post-punk. On aime bien tout faire à l’envers.

  • Votre musique va de l’avant, au front même. Il y a quelque chose de très combatif qui ressort de l’écoute de vos morceaux. Les considérez-vous comme des actes de rébellion ou fantasmez-vous l’idée d’affronter la scène en composant ?

Possiblement, j’aime bien cette idée, mais ça doit être quelque chose d’inconscient. Je crois qu’on a tous les quatre pas mal de choses à prouver au travers de ce groupe et ça participe sûrement à ce truc « combatif » comme tu dis. Maintenant libre à chacun de placer la rébellion qu’il veut dans nos morceaux…

  • Du disque à la scène, comment transposez-vous la violence épidermique et prête à jaillir de votre son ?

Sur scène, on aime plus que tout jouer vite et fort (et souvent mal), peut-être pour légitimer dans le bruit cette pop qui continue de nous coller à la peau quoi qu’on y fasse… Ça fait sans doute partie de cet héritage de post-teenagers un peu paumés qu’on nous prête souvent…

  • Si on se penche sur les artworks de vos deux premiers enregistrements, réalisés par Fred Margueron, il se dégage l’idée commune d’une violence intentionnelle. Remuer le rock dans sa chair, c’est l’une des intentions de départ de MNNQNS ?

En effet, on cherchait à véhiculer une certaine violence, mais toujours en conservant ce vernis pop, un peu comme si Black Flag se retrouvait dans un clip de Mika, tu vois ? Quant à cette intention de départ de « remuer le rock dans sa chair », oui sûrement, mais on va pas se mentir, dans le fond ce qui nous intéresse c’est de finir vieux, gros et alcooliques…

  • Avec « Capital », votre dernier EP en date, sorti en octobre 2016, vous avez repoussé plus loin la radicalité de votre son : plus sévère et plus que jamais sans concession, sans jamais virer dans l’expéditif pur. Comment avez-vous travaillé l’aiguisage de votre musique au fil des sorties ?

Pour le son de « Capital », on est partis de l’idée de traiter de façon moderne des instruments plutôt typés vintage – ce mot veut tout et rien dire, mais on va faire avec -, rien de forcément très neuf dans la démarche, mais ça a permis de donner une vraie identité dans le son plutôt que de jouer la carte de la neutralité. C’est une idée qui nous tient beaucoup à cœur de pouvoir piocher des techniques et des sons dans différentes périodes afin de créer quelque chose de nouveau. On fait d’ailleurs tout par nous-mêmes : production, enregistrement, mixage, mastering et clips, ce qui nous permet d’avoir l’identité son et image la plus personnalisée possible. On est clairement des gros control freaks.

  • Travaillez-vous d’ailleurs sur la suite de cet EP ? Un album peut-être ?

Oui. J’avoue que « Capital » me paraît bien loin sachant qu’on joue déjà plein de nouvelles chansons sur scène. On sort à l’instant d’une session d’écriture enfermés à la campagne où l’on vient de boucler dix nouveaux morceaux dont on est hyper contents. Super hâte de les tester sur scène et de revenir en studio. Concernant les sorties, oui, il va se passer des choses à la rentrée via un excellent label anglais dont je tairais le nom pour l’instant…

crédit : Florent Dubois

  • Vous serez à la fin du mois à l’affiche de Rock en Seine, sur la scène Firestone, le vendredi 25 août. Qu’attendez-vous de cette date importante ?

Plein de pognon. Et le catering. En vrai, je pense que ça va être notre ticket d’entrée pour les gros festivals par la suite. Ou pas sachant qu’on va encore faire carrément n’importe quoi sur scène…

  • Si les Fight Club étaient de rigueur, quel musicien aimeriez-vous affronter à main nue ?

Broken Back parce que c’est cool de taper sur les faibles.

  • Pour finir, un mot sur la scène rock de Rouen ? Des potes à nous faire découvrir, à nous recommander en particulier ?

La scène à Rouen est vraiment dingue depuis trois ou quatre ans, on a énormément de groupes cool donc difficile d’être exhaustif ! Pour n’en citer que quelques-uns : SeRvo, Greyfell, Ellah a. Thaun, The Baked Beans, Lascaux, Delancey, The World… mais bon, le pote qu’on recommande le plus ça restera Paul !

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