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[News #3] Anastasia Minster, Hanak, The Sherlocks et FERVS

Un retour tout en séduction et en langueur, une nouvelle voie que rien ne laissait présager, une valeur sûre à suivre de très près dans les semaines qui viennent et un voyage intemporel dans des contrées reculées et fantomatiques ; voilà le programme de ces nouvelles News, entre charmes magiques et miracles musicaux imprévisibles et audacieux.

Anastasia Minster

Après un premier EP sobrement intitulé « a.minster », en 2014, et dévoilant tout le potentiel de cette chanteuse canadienne inspirée aussi bien par le désir de vivre que les craintes d’un futur incertain, Anastasia Minster revient avec un nouveau single au titre terriblement évocateur. En effet, « When I Die » offre à la voix rassurante et confidente de l’artiste un écrin qui lui sied à merveille, faisant de la confession finale d’une femme au bord du gouffre un moment de grâce et de mélancolie d’une beauté suffocante. Sans jamais tomber dans le mélodrame, mais avec une justesse sentimentale précieuse et sensible, la compositrice dresse le testament de sa disparition, de même que la seconde vie qui l’attend, au-delà des souffrances et des tourments du quotidien. Un hymne à la candeur, à l’innocence et à la pudeur, qui nous hante longtemps après ses ultimes accords d’un piano aussi sombre que tendre.

Hanak

Après plusieurs expériences dans la langue de Shakespeare, Hanak a décidé de totalement assumer son propos en français, afin de confier à son folk rock un écrin qui lui convient à merveille et sans doute possible. Pour preuve, « Fais-moi danser » s’amuse des mots et des rimes, enivrant et nous entraînant dans une chorégraphie à la fois douce et nous faisant tourner la tête. Sans jamais exagérer le moins du monde son instrumentation, le créateur ne cherche jamais à amplifier un dépouillement musical parfait, que l’on garde en mémoire sans aucune difficulté. Il faut parfois prendre des risques pour se trouver, expérimenter de nouveaux terrains de jeu pour être, enfin, soi-même ; au fil du noir et blanc de ce concert en solitaire, durant lequel Hanak ne rechigne à aucun moment à se dévoiler tel qu’il est, notamment grâce à la sobriété fascinante de la réalisation de Florian Le Jeune, « Fais-moi danser » demande à se surpasser, à profiter de la nuit, de ses ivresses et de ses conséquences. Une belle introduction, dont on attend la suite avec impatience.

The Sherlocks

Alors que l’on attend avec une impatience non feinte leur premier album, annoncé pour le 18 août prochain, les Anglais de The Sherlocks nous gratifient du tumultueux et acéré « Live For The Moment », cri du cœur où la passion et la dévotion sont une marque de fabrique sur laquelle il faudra compter dans les jours à venir. Autant admettre que les deux paires de frères qui composent le projet ne font pas les choses à moitié, autant mélodiquement que visuellement ; une ambition rare, mais qui prouve haut la main la confiance que ceux-ci ont dans leurs chansons à la limite de l’extase et de l’implosion. Sous de fausses allures de nonchalance et de désabus, costumes noirs de rigueur, The Sherlocks embrase un paysage de bord de mer où la tempête ne vient pas des eaux elles-mêmes, mais bel et bien des guitares, voix et rythmes irréprochables et déchaînés d’une formation que l’on aime déjà passionnément. Le tonnerre gronde, certes, mais la tempête est là, devant nos yeux, dans ces harmonies d’une concision immédiate et urgente. Attendre encore deux semaines relève du calvaire…

FERVS

Difficile de se plonger dans les atmosphères à la fois lourdes et sombres de FERVS, projet français ne ressemblant à rien de connu dans le paysage musical actuel. Tout au plus pourrait-on citer quelques influences folk anglaises ténébreuses, mais ce serait réduire le potentiel du projet à une simple comparaison inutile et sans saveur. En effet, comment demeurer insensible à l’hypnotique et caressant « An Unachieved Valediction », ne pas trembler face à l’inspiré et chamanique « The Witch’s Moan » ou rester de marbre à travers les incantations spirituelles et paralysantes de « Ode to the Dead » ? « Garden of Silent Tribes » recèle une multitude de détails l’éloignant de ses inspirations majeures et revendiquées (Dead Can Dance en tête), démontrant une identité aussi périlleuse que diablement habile et pensée. À savourer dans l’obscurité, à la lumière d’un feu purificateur que les esprits de nos ancêtres et des éléments fondateurs viendront alimenter tout au long de l’écoute. Se priver de ce voyage aussi universel qu’introspectif serait une terrible erreur.

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