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[Live] Les Vieilles Charrues 2017

Le plus gros festival de France vivait cette année sa 26e édition avec une programmation vertigineuse emmenée par Arcade Fire, Jean-Michel Jarre ou encore Justice. Les quatre jours ont affiché « complet » à une vitesse record avec 280.000 festivaliers. L’esprit original des Vieilles Charrues s’amenuise, mais l’évènement reste incontournable et offre toujours des moments d’anthologie. indiemusic refait le match avec sa sélection de concerts.

crédit : Denoual Coatleven

Nous n’allons pas vous le cacher. Entrer sur la prairie bretonne des Vieilles Charrues à Carhaix a été une aventure aussi fatigante que le festival en lui-même. Entre des embouteillages interminables et des agents de sécurité pas toujours bien renseignés (qui ont bien du mal à vous indiquer le chemin d’un parking, alors même qu’il se situe derrière eux), notre courage et notre passion pour la musique l’ont tout de même remporté sur notre impatience.

Sônge – crédit : Denoual Coatleven

Peu de découvertes cette année du côté de Carhaix mais surtout des confirmations. Le premier jour aura été marqué par Meute, une fanfare allemande jouant sur des beats technos ravageurs. La formation parvient en effet à construire une musique exigeante avec des instruments populaires et festifs. Le cocktail, fédérateur, enflamme le public du chapiteau Gwernig, notamment grâce à une reprise de Flume et Daft Punk. La Quimpéroise SÔNGE aura elle aussi marqué les esprits par son savant mélange hip-hop-électro-RnB avec sa voix singulière et son tube au flot imparable « Now ». Nous retiendrons également le show survolté du charismatique KillASon, qui aura mis tout le public à sa merci avec son énergie communicative. French 79 sera lui parvenu à nous transporter dans son univers électro-organique et futuriste, avec des morceaux léchés très prometteurs.

Puis, Arcade Fire est venu donner une leçon de musique et de force collective. Les premières notes de « Everything Now » nous emmènent directement dans le vif du sujet. Les neuf membres intervertissent leurs instruments à chaque morceau pour se reconfigurer systématiquement et ainsi ne jamais ennuyer le public. « Wake Up », « Reflektor » et « Afterlife » font figure de tubes universels chantés par les flamboyants Win Butler et Régine Chassagne. Arcade Fire s’avère être l’héritier le plus proche de David Bowie dans la musique actuelle, et n’hésite pas à lui dédier son émouvant tube « The Suburbs ». Côté scénographie, un écran sur lequel défilent paysages et astres bénéficie d’un effet 3D grâce à une cabine sans jamais faire de l’ombre aux musiciens. Sur scène, les Montréalais savent faire danser et pleurer. Un moment inoubliable.

Arcade Fire – crédit : Mathieu Ezan

Jean-Michel Jarre était attendu comme le Messie pour sa première venue aux Vieilles Charrues. Le pionnier français de la musique électronique est lui aussi venu donner une leçon, celle d’une musique synthétique qui ne renie pas ses tout débuts et qui s’ouvre sur le monde. Des tout débuts représentés par Pierre Henry, disparu il y a quelques jours et à qui Jean-Michel Jarre dédie son concert. La tournée étant consacrée à son album en deux volumes « Electronica », Jean-Michel Jarre mélange son style avec celui de célèbres artistes de la scène internationale comme les Pet Show Boys sur « Brick England » et refait rêver les nostalgiques sur « Oxygene, Pt. 8 ». Accompagné de deux multi-instrumentistes, Jean-Michel Jarre fait du Jean-Michel Jarre, mais innove souvent plus que ceux qui l’ont suivi. Notons ce moment génial avec l’apparition sur écran géant d’Edward Snowden pour le titre musclé « Exit » ou bien la retransmission en direct de ce que voient les lunettes de JMJ. La mise en scène géniale joue sur la dissimulation et la transparence avec le concept de rideaux qui se divisent, se réassemblent et disparaissent selon les morceaux.

Jean-Michel Jarre – crédit : Mathieu Ezan

La palme du concert le plus improbable revient évidemment à La Femme. Mettant la musique au second plan, le groupe a préféré orchestrer un grand moment de déconne pour ouvrir la dernière journée. Cela a commencé dès son entrée en scène sur une musique traditionnelle basque avec costumes assortis pour « troller » le public breton. Histoire de pousser l’idée jusqu’au bout, un « paquito » avait même été prémédité pour offrir le moment le plus drôle de cette édition. Côté morceaux : « Où va le monde », « Sur la planche » et « Nous étions deux » restent toujours les tubes incontournables que le public chante à tue-tête. Des danseurs géniaux ont également offert un joli moment de spectacle en arborant des costumes différents sur chaque morceau (mention spéciale pour celui de « Mycose »). À noter que le groupe travaille sur son troisième album, « les maquettes sont prêtes » a-t-il déclaré en conférence de presse.

Les deux Anglais de Royal Blood ont quant à eux fait pogoter un public acquis à leur cause avec des tubes imparables. Même chose du côté des Gascons (mais très respectables) de The Inspector Cluzo, qui eux ont préféré la guitare à la basse, d’où leur morceau « Fuck The Bass Player » qu’ils ont dédié à… Royal Blood ! Et puis nous nous souviendrons encore longtemps de ce retour triomphal de Matmatah avec une marée humaine d’au moins 40.000 personnes, la plus importante de ces quatre jours.

The Inspector Cluzo – crédit : Nico M.

L’une de nos ovations va à Justice et à ses jeux de lumière. Le duo french touch s’est calmé et canalise mieux la puissance de sa musique en live, mais dommage que l’émerveillement n’opère plus au bout d’un quart d’heure. Nous aurions souhaité un show plus funky et dansant, en phase avec le dernier album « Woman ». M.I.A. quant à elle aura eu peine à nous convaincre avec un show étrangement écourté et une interprétation peu habitée, à l’inverse de Camille qui en a même profité pour inviter des personnes du public à danser la bourrée sur scène.

Justice – crédit : Denoual Coatleven

Cette 26e édition du festival des Vieilles Charrues aura parfois eu des allures de « Music Awards » par sa programmation consensuelle, mais nous aura offert des moments magiques avec des projets difficiles à voir ailleurs.

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