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[LP] Fraser Anderson – Under The Cover Of Lightness

On le connaissait fervent défenseur d’un folk dont l’âme était aussi pure que perdue dans les limbes de la solitude ; avec son nouvel opus, Fraser Anderson s’ouvre à un monde de douceur et de sensibilité, pour une offrande musicale murmurée et rêveuse.

Fraser Anderson - Under The Cover Of Lightness

« Fraser va pouvoir enregistrer l’album de ses rêves », lit-on à propos de « Under The Cover Of Lightness ». Trop ambitieux ? Pas du tout. Car il faut bien admettre, et cela apparaît dès les premiers mouvements de l’album, que l’artiste anglais a gagné en maturité, même s’il nous avait déjà prouvé un grand sens de la composition et de la mélodie sur ses efforts précédents. Mais, avant tout, ce qui se dégage de ces chansons bleues comme l’azur et profondes comme le plus confortable des nuages le traversant, c’est cette folle idée de tenir entre ses mains un objet à part, tant il charrie de sentiments purs et chargés d’émotions fortes. Aujourd’hui, Fraser Anderson exploite à la perfection son potentiel d’écrivain des pensées et des notes, pour un résultat qui dépasse toutes les espérances que l’on portait d’ores et déjà en lui.

« Simple Guidance », introduction souple et sensuelle, dévoile le propos que l’auteur va tenir en l’espace de onze titres à la saveur délicieuse. Invitant l’électro pour un moment de grâce humain et généreux (« Go On Wide (Part 1) ») avant de le rendre étonnamment intime et sobre (« Go On Wide (Part 2) »), il tend la main vers de nouveaux horizons et contemple, fier et réservé, les paysages qu’il s’apprête à parcourir, que ce soit seul (« Please Let This Go ») ou en duo vocal (« Beautiful Eyes ») ou harmonique (le superbe dialogue voix/instruments organiques de « The Wind And The Rain », « Rising Sons »), avant d’extraire les racines d’un blues rock soutenu et sur le fil (« Feel »). Assagi et apaisé, il ondule sur les genres, se les approprie à la perfection, parfois avec un flow débité sans aucune frontière (« With You All »), nous rappelant d’où il vient ; mais sans jamais oublier une seule seconde que c’est bel et bien dans la profondeur de l’intime qu’il excelle et se dévoile, proche de nous et des émois que nous n’osons jamais révéler (« Crying From My Heart »).

Que retient-on alors de « Under The Cover Of Lightness » ? Où se trouve l’essentiel de cette perle merveilleuse et attachante ? Simplement, dans la pudeur que l’homme surmonte, ainsi que dans la confiance qu’il nous porte. Car il n’est pas donné à tout le monde d’accepter de montrer au grand jour une part de soi-même si importante. Le disque ne souffre d’aucune faiblesse et démontre un savoir-faire allié à une sublime capacité à hanter nos jours – et nos nuits – avec un génie que l’on se doit de respecter, puis d’encenser. Aussi touchant que grandiose dans sa démarche, il ne cherche à aucun moment à dépasser ses expériences et les éléments qui le constituent, sous des arrangements qui n’auraient pas leur place ici. Au contraire : oscillant entre souci de la perfection et humilité, Fraser Anderson nous soutient dans nos heures de doute et nous laisse entrevoir, enfin, une délivrance inconnue et imprévisible. Près du folk, mais surtout proche de l’humain et de ses beautés.

Fraser Anderson

Un tournant dans la carrière de ce créateur que rien ne semble arrêter ; mais, avant tout, un LP rare et aussi charmant que poignant.

« Under The Cover Of Lightness » de Fraser Anderson est disponible depuis le 29 avril 2016 chez Membran.

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