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[LP] Boca River – Away

Alors que le shoegaze n’a jamais été autant d’actualité (Jessica93, DEAD ou Venera 4, pour ne citer que quelques noms), le quatuor rennais Boca River entend à son tour donner sa propre définition de ce genre musical. En six titres marqués par de longs arpèges et des progressions ravageuses, « Away » évolue en territoire dévasté. Ou comment donner un sens sonore aux accès de rage et à la fureur.

Boca River - Away LP

On ne le dira jamais assez : la force d’un morceau tient à sa faculté à concilier un titre marquant, des constructions sonores qui en jettent combinées à une voix capable de porter et d’insuffler un caractère unique aux paroles. Boca River vise dans le mille à chacun de ses lancers ; chaque titre est pleinement évocateur de boursouflures, de perte de contrôle et de repères.

Dévastateur et écrasant ; telles sont les sensations éprouvées à l’écoute du premier single, « Doomsday Killer ». Véritable embrasement de cordes, lâchées comme des chiens affamés sur un gibier trop faible pour prendre la fuite, on ne réchappe pas à cette première tentative. D’autant plus que le chant, grave, austère et sans le moindre sentiment ne nous laisse aucun espoir, aucune issue.

Vient l’enchaînement avec le tout aussi furieux, « Coffee Dance », une danse sur les braises ardentes pour vénérer le dieu noise, sinon la déesse shoegaze. Deux minutes trente de déflagrations pour une vision d’apocalypse jubilatoire.

« Slow Love », de son côté, nous entraîne dans une romance sombre plongée au plus profond d’un bain opaque. On s’y glisse pour y perdre connaissance et s’y noyer. Pour mieux rêver de nos idées noires avant de poursuivre l’aventure dans le lointain sur « Two Miles Away ».
Avec ce titre plus planant, le projet défend sur cette seconde partie du disque des atmosphères plus relâchées, voire aériennes, laissant certains riffs prendre de la hauteur avant de replonger dans des nuages coléreux.

Inquiétant, « Surgery » nous laisse errer dans les couloirs déserts d’un hôpital vide, les plaies encore béantes, alors que le noise, aux abois, nous poursuit dans un vacarme incessant et brutal.
On trouvera du repos, pourtant loin du chant des sirènes, sur « Whale Song », dernière escale sonique au pays du Rock qui ne dort jamais. Sismique et instable, la Boca River n’est décidément pas un long fleuve tranquille. C’est un rapide dans lequel on réfléchira à deux fois avant de s’y jeter. Tout le monde ne survit pas aux chutes.

crédit : Julien Mignot

crédit : Julien Mignot

« Away » de Boca River est disponible depuis le 2 mars 2015 chez Cranes Records.

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