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[Live] Main Square Festival 2017, jour 1

« Rock ou électro ? » annonçait fièrement le Main Square Festival pour nous aguicher en ce début de treizième édition, le vendredi 30 juin 2017. Le menu était ainsi clairement affiché avec System of A Down et Soulwax en guise de plat de résistance ; une dualité étonnante qui n’a déçu aucun convive.

Biffy Clyro © Louise Lemaire

Pour cette première journée de festivités au sein de la mythique citadelle d’Arras, ce sont les jeunes locaux de North Rain qui accueillent le public avec entrain. On apprécie leurs morceaux punk rock de loin, à regret, le temps de pénétrer dans l’enceinte de la citadelle et on se jure de suivre plus attentivement les débuts de leur carrière : ils se produisent sur la scène secondaire du festival, la Green Room, en tant que lauréat du tremplin régional. A contrario, on espère que leur nom de scène ne fera pas valeur de prémonition : la pluie est justement annoncée pour ce week-end et le Main Square Festival a déjà pris des airs de Glastonbury en 2014 et 2016.

Notre rencontre avec la Main Stage se fait en compagnie du duo The Inspector Cluzo. Sa bonne énergie est communicative, mais on retient surtout son authenticité : le chanteur revendique une setlist improvisée selon leur envie spontanée. Entre deux morceaux, il délivre même un prêche en faveur d’un retour aux traditions et achève en hurlant « Fuck Bayer ! Fuck Mosanto ! ». On participe volontiers à la rébellion de ces deux Gascons agriculteurs de métier qui ont choisi le rock pour s’exprimer.

Ce concert aussitôt terminé, on se dirige avec hâte vers la Green Room qui s’apprête à accueillir The Noface. Il s’agit de son premier passage sur la scène arrageoise pour la chanteuse Oma Jali, mais ce sont des retrouvailles pour le quatuor de musiciens qui œuvrait auparavant dans Skip The Use. Tous les cinq se donnent à fond pour défendre ce nouveau projet. Résolument rock, parfois teinté de funk notamment lorsque Oma déclare « Fini de hanhan, on va swinguer un peu », leurs morceaux s’avèrent tous plus entraînants les uns que les autres. La voix chaude et percutante d’Oma n’y est pas pour rien dans cette synthèse puissante. À la fin du show, le public arbore avec plaisir un masque semblable à ceux des musiciens : un fond noir barré d’une croix blanche. Ce logo est devenu leur signe distinctif, Oma étant la seule à représenter le groupe à visage découvert. Si les visages des musiciens sont ainsi dissimulés, leur plaisir est quant à lui bien visible. Le groupe ne pouvait décemment pas assurer une meilleure promotion pour son premier album dont la sortie est programmée le 29 septembre, et le public pour sa part ne pouvait pas rêver de meilleure entrée en matière pour cette journée.

Du côté de la Main Stage, Frank Carter & the Rattlesnakes assurent également le show devant un public en liesse, mais encore clairsemé. Si la foule arrive tout juste, des spectatrices aguerries ont pris place aux premiers rangs de la Green Room pour accueillir comme il se doit Don Broco. Les quatre Anglais sont en effet salués par les cris de joie d’adolescentes admiratives qui ont bien failli nous griller les tympans. Le quatuor ne doit pas pour autant être déprécié : se baladant aisément entre pop-rock et rock alternatif plus affirmé, ils ne contentent pas que les jeunes filles.

Pour ceux qui en voudraient encore plus, le trio Biffy Clyro prend possession de la Main Stage avec une assurance nonchalante et efficace, il faut dire que le groupe fait tout de même les premières parties des Guns N’ Roses ce mois-ci. Ils confirment justement leur statut de bêtes de scène à l’énergie débordante.  « Nous sommes Biffy the fucking Clyro et nous venons d’Écosse ! » lance Simon Neil, son charismatique chanteur. Si la coupe classique de son pantalon contraste merveilleusement avec son torse entièrement tatoué et ses cheveux longs, la couleur détonne davantage : le rose pâle n’aura jamais été aussi viril. Ses riffs de guitare et la rythmique des jumeaux Johnston, James à la basse et Ben à la batterie, électrisent la foule jusqu’au bout si bien qu’on en a oublié le concert de Machine Gun Kelly qui a débuté sur l’autre scène. Qu’importe : un peu de répit n’est pas de trop.

Un répit que les fans de la très grosse tête d’affiche du soir ne semblent pas connaître tant ils se pressent – une bière à la main, cela va de soi – devant la Main Stage. Sur place, les tee-shirts à l’effigie de System Of A Down ne trompent personne : ils sont attendus par beaucoup avec impatience. Dès les premières notes, la foule scande avec Serj Tankian les refrains et les pogo vont bon train. Une forme de transe unit alors les musiciens à leur public et la satisfaction des adorateurs est évidente : qu’ils aient 16, 30 ou 45 ans, ils bougent tous la tête avec le même plaisir.

De notre côté, en bon fan d’indé, on ne peut pas manquer le show de Soulwax qui s’annonce sur la Green Room. On est aussitôt frappé par la disposition graphique et géométrique des instruments, cette scénographie est la même qu’à Rock en Seine l’an passé, mais elle est toujours aussi impressionnante. Trois batteries prennent place dans des cubes blancs alors que le fond de la scène demeure dans le noir le plus total. Un rythme fiévreux nous envahit et on ne peut résister à l’envie de se déhancher sur ces percussions calibrées à la perfection. Un clavier, des synthétiseurs, une guitare et la voix de Stephen Dewaele finissent de nous transporter. La liaison entre rock et électro n’aurait pas pu être plus parfaite grâce aux compositions foisonnantes de ce groupe belge majeur.

La continuité de ce concert magistral est assurée par Vitalic sur la Main Stage. À peine éclairé par des effets cosmiques au-dessus de ses platines, l’artiste français nous enivre à l’excès. Son dernier album nous invite très justement à « Voyager », mais il fit bien plus ce soir-là : il offrit à la foule un exutoire. Ce fut une heure de son brut pour oublier l’année passée et plonger pleinement dans l’été alors que s’écoulent les premières minutes de juillet. On se livre à une danse salvatrice jusqu’à ce que le tempo ralentisse et les cadres lumineux s’immobilisent.

Les festivaliers les plus tenaces danseront encore devant Above & Beyond, mais on préfère quitter la citadelle : il est déjà 2h du matin et le week-end ne fait que commencer.

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