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[Live] Dour 2017, jour 3

En cette journée de fête nationale en France, de l’autre côté de la frontière règne sur Dour une ambiance de colonie de vacances, à base de « Doureeeuuh » criés à tue-tête à n’importe quelle heure de la journée et de la nuit, et de techniques plus ou moins élaborées pour introduire toutes sortes de boissons dans l’enceinte du festival belge. Mélodies entêtantes et riffs accrocheurs sont à l’honneur en ce troisième jour. Récit d’une journée bouillante entre abandon total et retour en enfance.

The Moonlandingz – crédit : Alice Tabernat

Twin Peaks est la parfaite incarnation de cette ambiance joyeusement foutraque. « Butterfly » ouvre la danse avec ses guitares saturées et la voix nasillarde de Clay Frankel qui n’aura de cesse de répéter « Je ne sais pas » entre les morceaux. Plus effervescente qu’un cachet d’aspirine, la bonne humeur du groupe atteint rapidement le public qui grandit petit à petit.

Les cinq chicagoans n’offrent rien de nouveau au rock garage, mais proposent des compositions lumineuses, intempestives et décalées par rapport au sérieux souvent mis en avant dans le rock.

Robe noire, bouteille de vin et clope à la main, Johnny Rocket, le double maléfique de Lias Saoudi, entre nonchalamment en scène. Moins trash physiquement qu’avec les têtes de vainqueurs de Fat White Family, le leader de The Moonlandingz profite de son personnage pour exprimer librement toute sa crasse, toute sa violence.

Pour faire simple, Johnny Rocket est tout ce qu’il existe de plus détestable. Mais pourtant son allure d’homme égaré, perdu sur scène pousserait presque à l’empathie… jusqu’à la compréhension des textes. Si vous avez apprécié le premier album de Fat White Family, The Moonlandingz est fait pour vous, quoiqu’un brin plus psyché de par la présence d’un clavier.

Sautillante comme jamais, sourire aux lèvres, Little Simz débarque telle une tempête à la Boombox et retourne la salle avec son flow élastique. Le charisme détonant de la jeune rappeuse londonienne surprend un public sensible aussi bien aux morceaux plus doux à l’instar de « Wings » ou « God Bless Mary » qu’à l’explosif « Dead Body ».

L’une des grandes forces du public de Dour est de réussir à pogoter à n’importe quel moment de la journée : l’énergie produite suffirait à alimenter le festival dans son entièreté. « Picture Perfect » enflamme le chapiteau et boucle ce rapide voyage à Wonderland. Si la scène rap britannique reste assez confidentielle de notre côté de la Manche, elle a le don de surprendre et d’apporter une maîtrise plus humble et douce que le rap US.

Quoi de mieux qu’un « Wake Up » fougueux pour débuter un concert en beauté ? Circa Waves est sans nul doute encore connoté « gentil groupe pop-rock » ; certes les guitares des Anglais produisent un son proche du pop-rock, mais bien plus soutenu que les derniers souvenirs que vous gardez d’eux.

Venue défendre leur deuxième effort, la bande emmenée par Kieran Shudall déclenche une incroyable euphorie dans la fosse où les festivaliers s’introduisent sans trêve, au grand dam de la sécurité. Eh oui, ce groupe d’enfants sages façon Vampire Weekend se révèle bien plus brut que ce qu’il laisse penser et si la version studio sonne comme du déjà entendu, il n’en est rien en live !

Nous profitons de la prestation de Two Door Cinema Club pour nous restaurer avant d’enchaîner avec le concert de The Kills. Les Irlandais interprètent l’ensemble de leurs (nombreux) tubes ainsi que quelques titres issus de « Gameshow » leur dernier album.

Bien que sympathique et dansant, le trio ne surprend pas et pourrait à terme paraître terne… soit tout le contraire d’Alison Mosshart et Jamie Hince.

En une heure, The Kills offre l’un des meilleurs shows de tout le festival. Dans la plus pure tradition rock, la formation américaine allie à merveille une guitare saturée, sèche, tranchante à des basses rondes, mattes et lourdes. Entre classiques et nouveautés, pas si neuves puisqu’« Ice and Ash » a maintenant un an, le public secoue vigoureusement la tête.

Et que dire de l’incroyable riff de « Doing It to Death », si ce n’est qu’il colle à la peau, qu’il est addictif, bref qu’il est parfait ! Les tambours de « Post and Pan » annoncent la fin de ce concert radieux remercié par un tonnerre d’applaudissements.

The Kills – crédit : Alice Tabernat

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