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[Interview] The Amazons

Note for our readers : for the ENGLISH LANGUAGE VERSION of the interview, CLICK HERE.

The Amazons : un groupe ravageur pour jeunes filles en fleur ? Certainement pas ! Sous leurs faux airs de bad boys préconçus se cachent un authentique groupe garage, bien décidé à se faire entendre.

crédit : Matt Goff

  • Il y a peu, vous avez fait deux tournées européennes : l’une en solo, l’autre aux côtés de You Me At Six. La pression était-elle différente ? Avez-vous eu l’impression que votre musique n’était pas accueillie de façon similaire par les différents publics ?

Matthew Thomson (chant, guitare) : Ouin totalement. Le public de You Me At Six est majoritairement composé de jeunes dont beaucoup de femmes. C’est un public très réceptif à notre musique, ils veulent découvrir de nouvelles musiques, de nouvelles choses. C’était une bonne expérience d’être avec YAM6, mais il n’y a rien de comparable, rien de mieux que de jouer son propre concert, comme celui à la Mécanique Ondulatoire. C’était génia,l parce que c’était notre premier concert à Paris, notre premier concert en France. Avoir tant de personnes qui voulaient connaître le groupe et chanter avec nous est très précieux. Il y avait ces gens qui achetaient un single, d’autres qui nous découvraient pour la première fois mais qui, de ce fait, s’intéressaient à nous. C’était vraiment bien de jouer nos propres concerts.

  • Adaptez-vous votre façon de jour au lieu où vous vous produisez ? Pouvez-vous, un jour, jouer dans une salle immense et le lendemain dans une petite cave intimiste ?

Matt : Je pense que c’est plus le choix des chansons en fonction du temps accordé qui compte. Nous avions tout juste une demi-heure avec YMA6. Tandis qu’avec ton propre concert, tu peux faire ce que tu souhaites. Tu peux jouer une heure ou deux. Nous étions habitués à jouer plus, à montrer au public qui nous sommes, et interpréter davantage de nos morceaux. Mais je pense que, pour le son et les choses qui se rapportent à la musique, le rock’n’roll est à la maison ou dans n’importe quel petit espace le même que sur une grande scène. Le son couvre tout. Donc, je pense que c’est surtout le choix des chansons qui varie.

  • Votre premier album, « The Amazons », qui sort le 26 mai prochain, débute avec « Stay With Me ». Derrière les paroles qui traitent d’amour et de rupture, vouliez-vous envoyer un message à l’auditeur ?

Matt : Non pas vraiment. J’étais préoccupé par ce que je voulais écrire. Mais placer ce titre au début pourrait signifier « restez un petit peu, vous serez surpris ».

Matt : (rires) Nous l’avons placé au début parce que c’était la première chanson vraiment écrite pour l’album. Il a été décidé très tôt de placer cette chanson sur l’album. C’est surtout parce qu’elle est très rythmée et rapide ; nous voulions que les gens soient excités dès lors qu’ils poseraient le disque sur la platine. C’était la raison principale de mettre « Stay With Me » à cette place plutôt qu’à une autre, ou de demander aux auditeurs d’écouter l’album jusqu’au bout.

  • Tous vos titres précédents apparaissent sur l’album, hormis « Nightdriving » ; pourquoi ?

Matt : Yeah ! Nous pensions que… j’aimais la chanson, mais j’ai compris que nous ne pouvions pas la placer sur l’album, car il aurait été trop long pour un premier opus, et nous ne voulions pas non plus rester dans ce que nous avions fait précédemment. Nous voulions de l’espace pour de nouvelles chansons et, sur le plan du son, nous sentions que l’album allait être plus sombre, plus lourd que « Nightdriving », qui serait finalement un peu éloigné.

Chris (guitare) : Nous avons enregistré « Nightdriving » lors d’une session séparée de l’album. Nous n’avons pas essayé de la faire sonner différemment, mais ça s’est fait parce que c’était six mois avant l’album.

  • Est-ce que vous dressez une métaphore au travers de la junk food dans « Junk Food Forever » ? Le personnage est-il à ce point perdu dans ses pensées sur ses relations qu’il est terriblement affamé ?

Matt : (rires) Non, non la junk food serait plus comme… tu ne bois pas d’alcool seul, tu bois de l’alcool avec tes amis. Quand tu bois avec tes amis, ce n’est jamais vraiment pour l’alcool en soi, c’est plutôt pour être avec tes amis. C’est une chanson sur la nostalgie. Je l’ai écrite à une époque où tous mes amis partaient pour travailler, voyager ou à l’université et je me suis retrouvé seul, coincé à Reading, d’où nous sommes originaires et qui est une ville plutôt silencieuse. C’était une façon de rassembler tous ces souvenirs en une chanson. Quand je dis « junk food forever », je parle des souvenirs que nous avons ensemble et à jamais.

  • Qui est l’homme dont vous parlez dans « Palace » ? Est-ce un titre inspiré d’une histoire vraie ?

Matt : Oui, absolument, et ce ne sont pas des personnes qui ont occupé une grande place dans ma vie ; c’est juste que, lorsque nous avions dix-huit ou dix-neuf ans, nous sortions dans des bars, des clubs, ce genre de choses. J’avais un ami qui était plutôt fermé, et elle, elle entretenait une relation avec un trou du cul, elle était traitée comme de la merde. Je ne comprenais pas vraiment, en tant que jeune homme, pourquoi elle restait avec lui. Voilà de quoi cela traite.

  • Nous retrouvons beaucoup de couleurs sur votre album : certains rythmes, tels que celui de « Burn My Eyes », rappellent Royal Republic, tandis qu’« In My Mind » est on ne peut plus garage. Toutefois, une sorte de sentiment « pop-emo » apparaît dans chacun des morceaux. Est-ce volontaire ? Ce sentiment fait-il partie de l’essence du groupe ?

Matt : Nous ne sommes pas vraiment uniquement inspirés par un ou deux groupes. Ce que nous faisons est le résultat d’années et de milliers de diverses chansons et styles musicaux mélangés pour aboutir à notre musique. Peu importe si, en regardant le passé, vous vous rendez compte que cette chanson a cette couleur musicale, ou si celle-ci est influencée par ce type de groupe. Le truc, c’est que rien n’est jamais prédéterminé, rien n’est jamais prémédité ; vous pouvez prendre du recul et relier les points de ce qu’il s’est passé.

  • Comment avez-vous rencontré Catherine Marks, la productrice de l’album ? Qu’attendiez-vous d’elle ?

Matt: Elle est entrée en contact avec nous et elle a mixé la première version de « Junk Food Forever ». Nous avons apprécié le résultat et nous somme doncs entrés en session pour « Ultraviolet », qui est sur un EP précédent. Elle a mixé tout l’EP tout aussi bien et, à ce moment-là, nous avons su que nous voulions faire « Nightdriving » avec elle. Nous avons travaillé pour un ensemble de chansons et nous avons pris la décision de faire finalement l’album avec elle. Dès ce moment, nous avons su quel genre de direction nous voulions que l’album prenne : quelque chose comme un vrai album habité, direct et vivant. Nous faisions tout pour atteindre ce but, continuer dans une pièce et jouer vraiment tous ensemble et peut-être sans métronome, ou jouer au clic (« click track »). Le rôle de Catherine en tant que productrice était de mettre en forme ce qui sortait de nous, notre expression. Elle pouvait parfois être dans la pièce où nous jouions ; elle était comme le cinquième membre du groupe.

  • C’est pour cela qu’un vrai sentiment impulsif, spontané, s’échappe de l’album ?

Chris Alderton (guitare) : Oui, parce que nous l’avons enregistré en live. Tant de choses sur les morceaux sortent totalement du cadre, les guitares sonnent comme… je ne sais toujours pas comment nous les avons fait sonner, c’est juste arrivé et Catherine battait le rythme et disait des choses telle que « Oui, cette chanson est géniale ! »

Matt : Oui, et elle laissait la porte ouverte pour éclairer et capturer ce que nous faisions, pour capter un moment particulier : un jour, nous avons fait telle chose et, six mois plus tard, nous tentions de la recréer. C’était clairement son rôle en tant que productrice ; nous devons conserver cette chose précise et ce super son.

  • Vous êtes originaires de Reading. Il y a deux ans, vous vous produisiez sur la scène BBC Introducing du Reading Festival et, cette année, vous êtes programmés sur la Republic Stage de ce même festival. Ceci reflète une indéniable croissance. Pensez-vous que ce concert sera un tournant majeur pour le groupe ?

Matt : Oui, surtout le Reading Festival, où nous sommes souvent allés. Il est certain que ça va être spécial. Vous savez, vous pouvez miser de l’argent sur un concert, vous pouvez parier qu’un concert sera un tournant, et ce sera probablement celui du Reading Festival. Ça symbolise beaucoup pour nous, nous sommes de la même ville. Ça touche vraiment votre rapport au succès quand vous y êtes allés chaque année. Quand vous pensez au rock’n’roll et aux groupes, je pensais au Reading Festival.

  • Vous avez ouvert pour YMA6. Ce soir, vous jouez avant Last Train. Pensez-vous que votre musique est proche de la leur ? Nous remarquons une même batterie assez ronde et forte, des guitares heavy…

Matt : Nous avons écouté quelques-unes de leurs chansons, nous étions très familiers de leur musique. Ils ont l’air d’être à peu près l’équivalent français de The Amazons. Nous semblons être à un niveau égal ; l’unique différence est qu’ils sont français et, nous, britanniques. Nous les avons rencontrés il y a à peu près une heure, ils sont cool et très heureux pour nous de jouer ce soir. C’est plus intéressant, parce que YMA6 était un groupe britannique donc l’expérience est différente et ces types sont un groupe très français. Il sera intéressant de voir à quoi ressemblera le public.

  • Pour finir, souhaiteriez partager avec le public français certains artistes que vous appréciez ?

Matt : Yeah ! Il y a un groupe irlandais, de Dublin, dénommé Otherkin. Ils ont tourné avec nous en octobre, mais pas en mars. Ils étaient géniaux : c’est punk, ils ont de très bons morceaux. Il y a aussi The Pale White de Newcastle. Ils sonnent comme le dernier album d’Arctic Monkeys, « AM », mixé à du Nirvana. C’est sexy, groovy, mais aussi très sautillant. Ils sont géniaux, vraiment bons, ils sont dans notre top 10 de nos groupes favoris.

“The Amazons” de The Amazons, sortie le 26 mai 2017 chez Fiction Records. Le groupe sera de nouveau en concert au Point Ephémère le 22 novembre prochain.

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ENGLISH

crédit : Matt Goff

  • A little time ago, you have made two Europeans tours: one solo, the other as supporters of You Me At Six; Was the pressure different ? Did you feel that your music was received in different ways by the crowd ?

Matt: Yeah, definitely. You Me At Six’s crowd is a kind of predominantly younger people, a lot of females, they’re super receptive to our music and they wanna discover new music and stuffs. It was a good experience with YMA6, but nothing beats, nothing’s better than play your own shows like what we did at La Mécanique Ondulatoire. That was amazing because it was the first show we played in Paris, the first show we played in France. To have that many people who wanted to know about the band and wanted to sing along and a lot of stuffs: that means a lot to us. People who bought a single of the band, they just discovered us for the first time but it was actually people who really care about the band. It was good we liked play our own shows.

  • Do you adapt your way to play according to the place where you are about to perform your songs ? As a matter of fact, you can play on a huge stage one day and in a small and intimate cellar  on the next day.

Matt: Well, I think it’s more about the choice of songs for how long you have to play to the audience. We really had half an hour for YMA6’s tour. With your own shows you can do whatever you want. You can play one hour or two, so we were able to play more… to show to the people of who we are, and play more of our songs.

But I think, in terms of sounds and stuffs like… kinda music, rock’n’roll is at home, as small venues, as it is in a big stage ; it just covers all in terms of the sound of it. It’s just more about choice of songs, that’s what it is.

  • The album starts with « Stay With Me », including lyrics about love and heartbreaks. Did you want to send a message to the listener through this particular song ?

Matt: Not really, I was concerned about the goal I was write in… No, but to put this song at the beginning of the album could also mean « stay a bit, you’ll be surprise ».

Matt: Haha, actually we put it at the beginning because it was the first song that was really written for the album, it was the earliest song we chose to be on the album. It’s just the way it sounds is really quick and fast, we just wanted people to be excited from the moment they put on the record. So, that was the reason behind having « Stay With Me » first rather than any… cool for them to stay with us, or something like that.

All your previous songs appear on the album except « Nightdriving » ; why?

Matt: Yeah ! We thought that… it was quite a bit disgusting mood in the band, I really liked the song but I understood that we didn’t want having an album that was too long for the debut, and we also didn’t want to keep on for everything that we released before. We wanted space for new songs and sonically we felt the album was a little bit darker, a bit heavier, than « Nightdriving » kind of… would stick out a little bit.

Chris: We recorded « Night Driving » in a separate session to the album. We didn’t try to make it sound different, but it just did because it was six months before we did the album.

  • In « Junk Food Forever » is junk food a metaphor of something ? What does it mean ? Is the character that much lost in his thoughts about his relationships that he’s very hungry ?

Matt: Haha, no, no… junk food is more like… it’s like you don’t drink alcohol if you’re alone, you drink alcohol with friends. When you get drunk with friends it’s never really about the alcohol, that’s just a prop for being with your friends. It’s a song about nostalgia and I wrote it at a time when all my friends were leaving for work, travelling or to the university and I was just alone, stuck in Reading, where we’re from which is quiet town. It’s was just a way of collecting all this memories into a song. When I say « junk food forever » I really mean the memories that we have together and forever.

  • Who’s the man you are talking about in « Palace » ? Is that song inspired by a true story ?

Matt: Yeah, yeah and they’re not people who took a real part of my life, it’s just we were eighteen and nineteen like going out to bars and clubs and that kind of stuffs. I just had a friend, he was quit locked, and she was in a relationship with a real asshole, she was just treated like shit. I don’t really understand, as a young man, why she stayed with him, that’s what is about.

  • On this first record, one can distinguish many different colours: some rhythms as « Burn My Eyes » recall Royal Republic’s style, while « In My Mind » is clearly garage. But a sort of « pop-emo » feeling is still present on each song. Is that a voluntary choice ? Does it take part of the essence of the band ?

Matt: Well, we are never really influenced by one or two bands, what we make is a product of years and hundreds of different songs and music bleeding into our music. It’s any way you look back that song has that kind of age, or that song is influenced by that kind of band. The point is that it’s never predetermined, it’s never premeditated, and you can look back and then connect the dots of what happened.

How did you meet your producer, Catherine Marks ? What did you expect from her ?

Matt: She came in contact and she mixed the first « Junk Food Forever » recording. We liked what she did and then we go into session for « Ultraviolet », which is on an EP that we did, and she mixed the whole EP as well and then we knew that we would to do « Nightdriving » with her. We worked for a couple of songs and then we decided to do the album with her. And by that point we knew what kind of move we wanted to make: it was like a very role-direct- life album. What we did was to achieve that, to keep on in a room together and play together really and maybe not having a metronome or a click on the tracks. Catherine’s role as the producer was about drawing performances out of us. She would be in the room where we’re playing; she was like the fifth member of the band.

  • Is that why there is a real feeling of impulsiveness or spontaneity on the record ?

Chris: Yeah, because we did it live, that so much stuffs on all the tracks totally back in, guitars sound like…I still don’t know how we made them, it’s just happened and Catherine rhythmed around and she was like « yeah that’s song is great ».

Matt: Yeah, and she just kept the door open just to make stuffs on a spot and capturing it, just having as a moment and yeah one day we did it and six months later we wanna recreate. That was her role basically as a producer, we have to keep this exact thing right and this sound right.

  • You are from Reading. Two years agon you played on the BBC Introducing Stage at the Reading Festival and, this year, you are booked on the Republic Stage of the festival. It reflects an undeniable growth ; do you feel like this gig will be a major turning point for the band ?

Matt: Yeah, especially Reading Festival where we’ve been going. It gonna be special any way. You know you can put money on a show, you can bet on one show being a turning point, probably the Reading Festival set. It means a lot to us, being from the same town. It really affects how you look to success when you got that festival every year. When you think about rock’n’roll and bands I just thought about Reading Festival.

  • You supported YMA6 and, tonight, you play before Last Train. Do you think your music is closed to theirs ? As a matter of fact, on can, indeed, notice a same strong drum, heavy guitars…

Matt: Yeah, well, we’ve listen to some of their music, we were originally familiar with their music. They seem to be for most the equivalent of The Amazons in France. We seem to be at a similar level, the only difference is that they’re in France and we’re in the UK. We met them about one hour ago, they’re very cool and they were happy for us to play today. It’s more interesting because You Me At 6 was a British band so it’s a different experience and these guys are very much a French… band so it’ll be interesting to see what the crowd would look like.

  • As a conclusion, are there any artists tyou would like to share with France?

Matt: Yeah ! There’s a band from Ireland, in Dublin, called Otherkin. We had them on tour with us in October; no we had them on tour in March. They were amazing, that’s punk, with really good songs. There’s a band called The Pale White from Newcastle. They sound like Arctic Monkeys’ new album “Am” mixed with Nirvana. It is sexy, groovy but also really brushing jumps, they’re amazing, really good; they would be in our top ten.

« The Amazons » from The Amazons will be out on May 2017, 2017 through Fiction Records.

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