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[Live] Das Kinø au Ferrailleur

Pour fêter la sortie du sublime « The Call Of A Vision », le duo Das Kinø a choisi l’intimité. Au plus près de la centaine de « happy fews » présents au Ferrailleur, des claviers se font face dans la fosse et forment avec la batterie un triangle parfait, assurant de l’harmonie des mélodies et arrangements qui vont choyer nos oreilles durant le set à venir. Guirlandes lumineuses et discrètes ampoules ajoutent à la douceur du lieu. Léa Colombet et David Darricarrère prennent place derrière instruments et machines pendant que leur acolyte, Hibu Corbel, s’installe aux fûts. L’introduction se fait calme et, bien que les sonorités puisent dans une source électronique et industrielle, la chaleur des sentiments gagne de suite l’auditoire.

Das Kinø – crédit : Fred Lombard

Soufflant le chaud et le froid, les compositions saisissent et apaisent, prennent leur envol. Les voix de Léa et David, tour à tour, se répondent et s’entrelacent. Affrontant leurs peurs sur « Out Of The Shadows » tout en exposant avec grâce leur vulnérabilité, tous deux se rassurent et se renforcent. L’osmose est aussitôt présente et ne quittera à aucun moment les lieux.

Des mélodies africaines s’invitent, des accords progressifs ajoutent de la tension à la beauté de ce duo qui n’est assurément pas un duel. « Ton Exil » invite à la danse, comme si la cold wave avait pris un méchant coup de soleil. Frôlant l’éther, Léa ouvre la porte au jazz le temps d’un solo de piano en phase avec les accords funky de la Telecaster de David. Les morceaux se succèdent et les intros s’amusent à ne pas annoncer ce qui va suivre. Une longue et belle plainte romantique bascule soudainement dans une folle rythmique house et les claviers s’amusent aussi à bondir de la synthpop estampillée 80’s à l’électro la plus débridée.

Le funk blanc débraillé et clinquant de « Wicked Love » fait mouche et provoque à nouveau les déhanchements parmi le public ; puis une cadence afro-beat s’invite nonchalamment mais sûrement dans une ballade langoureuse contre laquelle on se loverait non sans s’empêcher de remuer le bassin. Entre ensorcellement et magie blanche, le trio alterne avec subtilité les ambiances feutrées ou explosives.

« Electric Jungle » s’étire durant de longues minutes. L’atmosphère est calme et pourtant inquiétante, comme si nous découvrions une terra incognita. David et Léa, tels des guides, nous prennent par la main et nous mènent au-delà de nos limites où, après une suite d’accords grandioses, les couleurs explosent et des kaléidoscopes prennent la place de nos cerveaux. La transe opère et l’on savoure instantanément toutes les émotions encore vivaces éprouvées depuis le début du set.

Subtil et précieux, « The Call Of A Vision » est sublimé sur scène. Du recueillement à l’extase, entre nappes planantes et claps électro, Das Kinø nous emporte à travers une splendide B.O. et réussit l’exploit de transposer la douceur manifeste sur les dix pistes du LP, tout en en délivrant l’énergie qu’on devinait prête à bondir.

Heureux à l’issue de ce concert malheureusement trop court, il nous tarde déjà de danser à nouveau parmi la foule au son de ces titres d’une classe folle. À bientôt Das Kinø !

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