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[Interview] Bonfire Nights

Note for our readers : for the ENGLISH LANGUAGE VERSION of the interview, CLICK HERE.

Élevé au rang de formation psych rock prometteuse après la sortie de son formidable album « Entopica Phenomica », Bonfire Nights entame une tournée européenne de plusieurs dates afin de défendre son petit protégé, véritable disque tourmenté, sombre et éthéré qui marque les esprits longtemps après son écoute. L’occasion pour nous de discuter avec Ruth, l’une des têtes pensantes de ce groupe qui nous réconcilie aussi bien avec des influences 70’s trop souvent égarées et un son beaucoup plus actuel et onirique.

crédit : Lilly Elizabeth Creightmore

  • Bonjour et merci de bien vouloir répondre à nos questions ! Tout d’abord, peux-tu nous présenter Bonfire Nights : quand le projet a-t-il vu le jour ? Qui êtes-vous ? Et depuis quand jouez-vous et composez-vous de la musique ensemble ?

Steve et moi avons commencé à composer ensemble il y a environ huit ans, alors que nous habitions encore en Australie. Bonfire Nights était, à l’origine, un side project, chacun de nous jouant dans des groupes différents à cette époque, mais c’est rapidement devenu notre priorité. Notre tout premier concert a eu lieu en 2010, dans la petite ville de Toowoomba, pas très loin de Brisbane. Moins d’un an après, nous avons décidé de déménager à Londres et c’est à ce moment-là que nous avons rencontré Suzie, qui venait elle aussi de Brisbane, et Leon.

  • Venons-en au fait avec votre nouvel album, « Entopica Phenomica ». Tout d’abord, combien de temps a duré son processus de composition ? Et où l’avez-vous ensuite enregistré ?

L’album a été composé sur une durée de plusieurs années. Il y a un dicton qui dit que tu as toute la vie devant toi pour écrire ton premier disque ; et je suppose que, dans un sens, c’est vrai. Certains des titres (« Low », « Ego Death ») ont été enregistrés en 2013 ; d’autres (comme « Signal Failure ») l’ont été juste avant de commencer les sessions d’enregistrement en 2015 avec Olly Betts aux studios Crows Nest, à London Fields. Nous avons pris tout notre temps pour composer l’album ; on peut donc nous qualifier de perfectionnistes.

  • Votre musique ne ressemble à rien de ce que j’ai pu entendre auparavant. Comment parvenez-vous à donner à vos chansons un côté à la fois rock, psyché et éthéré ? Est-ce quelque chose que vous avez à l’esprit au moment de commencer à composer et créer vos chansons ?

Je pense que notre éventail d’influences est très étendu et varié, mais nous avons décidé très tôt que nous ne voulions pas ressembler aux influences que nous aimions. Nous n’avons jamais essayé d’imiter la musique d’autres artistes ou groupes. Je crois plutôt que notre approche a évolué au fil du temps, en mélangeant le rock’n’roll, le psyché, la synthwave et le folk. Mais je ne peux pas vraiment dire que ce sont des éléments auxquels nous faisons attention lorsque nous composons. C’est plus une expression de notre subconscient, de tout ce que nous avons absorbé durant notre existence.

  • « Mesmer Isles » pourrait être considéré comme un hit, mais c’est également une chanson très intimiste, si je puis dire. Elle parle directement à l’âme de l’auditeur, notamment à travers le dialogue entre les claviers et les guitares. Comment créez-vous la structure de vos titres ?

J’ai composé les parties de clavier de ce titre il y a plusieurs années. Je ne sais pas vraiment jouer du piano, mais j’avais à l’esprit l’idée d’une mélodie qui flotte au-dessus d’un arpège séquencé sur mon synthé Roland SH101. J’aimais beaucoup la mélodie romantique qui naissait du clavier, juxtaposée au pattern plus mécanique du synthé, mais je n’arrivais pas à écrire une véritable chanson autour de cette structure précise. Je l’ai laissé mûrir pendant un certain temps, puis je l’ai fait écouter à Steve, qui l’a arrangé et a écrit une véritable chanson en quelques jours. J’ai adoré ce qu’il en a fait avec les guitares ; il a utilisé une reverb à l’envers et une pédale d’écho pour obtenir le son idéal, qui complète à la perfection l’aspect onirique des claviers et synthés.

  • « Low » est une sorte de moment calme avant la tempête, le tout dans un seul et même titre, et c’est un élément que l’on retrouve souvent dans votre musique. Comment définiriez-vous votre langage musical, votre originalité en termes de composition ? Est-ce quelque chose de l’ordre de la mélancolie et de la colère mêlées, ou est-ce plus complexe que ça ?

Je pense qu’il y a toujours eu une mélancolie sous-jacente dans notre musique. Nous passons de moments contemplatifs à des excès de d’extrême férocité, et ce, même dans une seule chanson. Nous aimons mélanger les ténèbres et la lumière, le calme et l’explosion sonore. Cette juxtaposition apporte une saveur, une intensité différentes à chaque mouvement de nos morceaux.

  • L’aspect le plus intéressant de votre musique est que n’importe quoi peut arriver à n’importe quel moment, sans prévenir. Elle est continuellement pleine de surprises. Par exemple, la dernière partie de « Ego Death » est tellement puissante qu’elle est aussi percutante qu’efficace. À quel moment prenez-vous conscience de la manière dont une chanson va évoluer, et laissez-vous un peu de place à l’improvisation sur vos compositions ?

Nous voulions écrire une chanson avec une fin à double tranchant, afin de donner à l’outro une intensité beaucoup plus puissante. C’est également un réel plaisir de la jouer en concert, et on peut carrément se lâcher en quelques instants, sans crier gare. Nous improvisons un peu, ici ou là, mais ce que nous interprétons sur scène a énormément été répété en amont, chacun de nous travaillant ses propres parties, afin que nous sachions qui fait quoi à un moment donné.

  • Peux-tu nous parler du titre « Bo Diddley Did Me » ?

C’est une sorte de chanson tribale et horreur vaudou un peu barrée. Nous aimons le rock’n’roll et nous avons toujours voulu écrire une chanson qui utilise un rythme à la Bo Diddley. le mélange d’une batterie old school, des guitares tremolo et d’un clavier assez flippant ont contribué à ce que le titre sonne comme s’il sortait d’un film d’horreur. J’ai ensuite ajouté quelques gémissements à la musique pour renforcer encore plus ce sentiment.

  • « Signal Failure » est un instrumental ambient aussi original que crucial sur l’album. C’est comme une respiration pendant son déroulement. Pourquoi avez-vous choisi de le faire figurer pratiquement à la fin du disque, et non pas, par exemple, au milieu ? Est-ce une sorte d’intro non-officielle profonde à votre dernier morceau, « Crossing The Wires » ?

« Signal Failure » est l’un des derniers titres que nous ayons enregistrés pour l’album et, de ce fait, il semblait normal qu’il apparaisse vers la fin. Pendant un moment, nous avons réfléchi à le mettre comme titre final, mais je pense que « Crossing The Wires » est une sortie beaucoup plus épique et puissante. Je crois également que « Signal Failure » est trop étrange pour trouver sa place au milieu du disque ; il donnerait l’impression de ne pas être là où il devrait, ce serait discordant pour l’auditeur. Nous voulions que l’ensemble de l’album coule de manière régulière et souple, d’une chanson à l’autre, et « Signal Failure » s’ancrait parfaitement en tant qu’introduction à « Crossing The Wires ».

  • Qui a réalisé la pochette de l’album, et que signifie-t-elle pour vous ?

Steve a réalisé la pochette (il est designer graphique) en utilisant l’une de mes photographies. Je suis très intéressée par la photographie analogique et la manière dont elle permet de capter des images de nous comme si nous étions des fantômes du passé. Parfois, je développe moi-même mes pellicules chez moi, ce qui donne des résultats assez inattendus. Par exemple, la pochette est un mélange de deux photographies : un cliché en noir et blanc d’une de nos amies, Erin, et un autre en couleur d’un pilier en béton. L’aspect étrange, vert d’eau de la photo en couleur est tel qu’elle est ressortie au moment où j’ai développé la pellicule, sans aucune manipulation par ordinateur. La pose en apparence païenne d’Erin sur la structure monolithique derrière elle crée ce sentiment d’être dans un autre monde, surtout quand on sait que les deux photos ont été prises dans deux pays différents et à plusieurs années d’intervalle. C’est comme un collage de vieilles photos dénichées dans un magasin d’antiquités et que l’on aurait mises ensemble pour leur donner une signification totalement différente de celle qu’elles avaient auparavant.

Peux-tu nous parler du titre de l’album, « Entopica Phenomica » ? Que signifie-t-il, et pourquoi avoir choisi deux mots si particuliers pour définir votre disque ?

« Entopica Phenomica » est un jeu de mots axé sur ce que l’on appelle le « phénomène entoptique », qui définit les effets visuels ou les illusions créées par l’œil, comme par exemple les effets de lumière que nous avons l’impression de voir quand nous fermons les yeux. Je suis fascinée par la nature fantasmagorique de telles expériences. Quand on pense au psychédélique, on imagine forcément des hallucinations provoquées par l’ingestion massive de drogues, mais je suis admirative devant le fait que de tels effets puissent être produits par notre corps seul, par nous-mêmes.

  • Comme nous l’avons dit, votre musique est aussi immédiate que complexe. Comment parvenez-vous à recréer l’atmosphère de vos chansons en concert ?

Nous utilisons des loops et des pédales d’effets pour recréer ce son sur scène. Tout ce que nous avons composé et enregistré sur l’album peut être réinterprété en live, et nous nous focalisons d’ailleurs sur ce point précis lorsque nous composons. C’est une question d’éthique. Nous souhaitons faire revivre cette expérience lors des concerts mais, inévitablement, les titres sonneront de manière différente dans un environnement scénique. Ceci dit, ça ne nous pose aucun problème, vu qu’il y a quelque chose d’unique dans le fait de jouer en live.

  • Comment envisagez-vous vos prestations scéniques ? Est-ce une manière d’interpréter différemment votre musique ?

Parfois, nous ajoutons des éléments nouveaux, ou nous improvisons en allongeant l’outro d’un titre. D’autres fois, nous le faisons également entre deux chansons, afin de maintenir une certaine cohérence dans le set. Nous n’aimons pas les longues pauses ou les silences quand nous sommes sur scène, nous nous sentons beaucoup plus à l’aise quand il y a un maximum de bruit autour de nous !

  • Quelles ont été les réactions du public à la sortie de votre nouvel album ? Comment les gens ont-ils réagi après l’avoir écouté ?

Je pense que nous avons eu majoritairement des réactions positives ; les auditeurs explorent vraiment l’album de fond en combles. Certains ont remarqué un son en particulier, d’autres la manière dont chaque titre s’imbrique naturellement au suivant. Je n’ai pas encore eu de retours négatifs, même si je me doute bien que ça ne peut pas plaire à tout le monde.

  • Vous allez bientôt venir jouer en France. Y a-t-il quelque chose que tu souhaiterais dire au public qui vous attend ici ?

Nous sommes impatients de venir jouer en France, ce sera notre première apparition dans votre pays. Nous aimons énormément la culture et l’histoire françaises, et nous avons hâte de pouvoir jouer à Paris et à Nancy. J’espère que ce sera la première visite d’une nombreuse série, à l’avenir.

  • Souhaites-tu ajouter quelque chose ?

Merci pour votre temps ! (en français dans le texte, NDLR)


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ENGLISH

Slowly becoming one of the greatest psych rock sensations of the decade, English band Bonfire Nights has just started an European tour to promote its long-awaited first record, ‘Entopica Phenomica’ ; a tormented, dark and ethereal album which keeps haunting us long after we have played it. It was then about time to discuss with Ruth, one of the project’s masterminds, who accepted to talk to us about the band, its ambitions and the amazing way it can perform both 70’s-influenced atmospheres and modern soundscapes.

crédit : Lilly Elizabeth Creightmore

  • Hi and thanks for answering a few questions ! First of all, can you introduce us to Bonfire Nights : when is it officially born ? Who are you ? Since when are you playing and composing music together ?

Steve and I started writing music together about eight years ago, when we were still living in Australia. Bonfire Nights was initially a side project for us as we were both playing in other bands at the time, but then it became our primary focus. Our first ever gig was in 2010, in the rural town of Toowoomba, just near our hometown of Brisbane. Less than a year later, we decided to move to London and that’s where we met Suzie, who is originally from Brisbane too, and Leon.

  • Let’s go straight to your new album, ‘Entopica Phenomica’. First of all, how long did the process and composing last ? And how and where did you record it ?

The album was composed over several years. They say you have your whole life to write your first album, and I guess that is somewhat true. Some of the tracks (‘Low’, ‘Ego Death’) were recorded in 2013, others (‘Signal Failure’) were written just before recording sessions began in 2015 with Olly Betts at Crows Nest Studios in London Fields. We take a long time to write – we might be described as perfectionists.

  • Your music sounds like nothing else I have heard before. How do you manage to give a rock, psych and ethereal mood to your songs ? Is it something you have in mind when you are composing and creating music ?

I think we have a really diverse range of influences between us, but we decided early on that we didn’t want to sound like our favourite bands. We’ve never wanted to replicate someone else’s music. I think our approach has evolved over time, blending our love for rock n roll, psychedelia, synth wave and folk. I can’t say it’s something that we actively think about when we are writing, it’s more of an expression of our subconscious, of the things we have absorbed through our lifetimes.

  • ‘Mesmer Isles’ could be considered as a hit song, but it is also a really intimate one, if I may say so. It talks to one’s soul, and especially, through the dialogue between keyboards and guitars. How do you manage to organise the different parts of your songs ?

I wrote the keyboard parts for this song a few years ago. I can’t really play piano but I had an idea to compose a melody that floated over the top of an arpeggiated sequence from my Roland SH101 synthesizer. I liked the romantic melody of the keys, juxtaposed with the mechanic pattern of the synthesizer, but I couldn’t seem to write a song out of this idea. I had it sitting around for ages, then I showed it to Steve, who went off and wrote the whole song in a couple days. I loved what he did with the guitars; he used a backwards reverb/echo pedal to get the sounds, which I think complements the dreaminess of the keyboards and synths.

  • ‘Low’ represents the calm before the storm, and all in one song, and this kind of performance often appears in your music. How would you define your own, musical language ? Is it something about spleen, melancholy and wrath, or is it more complex ?

I think there has always been an underlying melancholy to our music. We move between moments of moody contemplation to extreme ferocity, even in the same song. We like mixing light and darkness together, quietness with loudness. The juxtaposition brings a different flavour, a different intensity to each part of a song.

  • The most interesting thing about your music is that anything can happen at any time. It is full of surprises. For example, the last part of ‘Ego Death’ is so powerful that it is as striking as efficient. When are you conscious of the way a song is going to sound like, and do you keep space for improvisation in your music ?

We wanted to write a song with a double-time ending, to give the outro a powerful punch. It’s also a lot of fun to play live and you can totally freak out in this bit. We improvise a little bit, here and there, but what we play on stage tends to be well rehearsed, with all our parts practiced so we each know what the other person is going to play.

  • Can you tell us more about ‘Bo Diddley Did Me’ ?

It’s a bit of a tribal, voodoo horror freak-out song. We love old rock n roll music and always wanted to write something using the ‘Bo Diddley’ beat. The combination of the old school rhythm, tremolo guitars and spooky organs contributed to the horror movie feel of the song. I added some wailing vocals in the instrumental to fit that vibe.

  • ‘Signal Failure’ is an ambient, instrumental track which sounds as original as crucial on the album. It is like a breathtaking moment. Why did you choose to put it almost at the end of the record, and not in the middle, for example ? Is it a non-official introduction to the depths of your last song, ‘Crossing The Wires’ ?

‘Signal Failure’ was one of the last songs recorded for the album, so it felt like it should go near the end of the record. We did think about placing it as the last track, but I think ‘Crossing the Wires’ is a much more powerful, epic sign-off. I think it’s too weird to go into the middle, it would seem so out of place, almost jarring for the listener. We wanted everything to flow, from each song to the next, and ‘Signal Failure’ just seems to move effortlessly into ‘Crossing the Wires’.

  • Who designed the album cover, and what does it mean to you ?

Steve designed the cover (he’s a graphic designer) using some of my photographs. I have an interest in analogue photography and the way it captures our images like ghosts from the past. I sometimes develop my film at home, which has unexpected results. For instance, the cover blends two photographs together: a black and white picture of our friend Erin, and a colour photograph of a concrete pillar. The weird, aqua-green shift of the colour photograph is exactly how the negatives turned out, without any digital manipulation. Erin’s pagan-like pose against the monolithic structure in the background creates this otherworldly feeling, especially as both the photographs were taken years apart in different countries. It’s like a collage of old photos found in a vintage store bin, brought together to create a new meaning that was not there in the original.

  • Can you tell us more about the album title, ‘Entopica Phenomica’ ? What does it mean, and why did you choose such particular words to illustrate your record ?

‘Entopica Phenomica’ is a word-play on ‘entoptic phenomenon’, visual effects or illusions created in the eye, such as the lights we see in our vision after we rub our eyes. I’m fascinated with the phantasmagorical nature of these experiences. When we think of psychedelia, we often think of hallucinations triggered by the ingestion of psychedelic drugs, but I’m fascinated how we can create these phenomena within ourselves.

  • Your music, as we have seen, is as immediate as complex. How do you manage to re-create the atmosphere of your songs when you are on stage ?

We use loops and effects pedals to help recreate the sound on stage. Nothing that we have created on record can’t be played live, and we tend to approach our songwriting with that ethos. We want to recreate the full experience on stage but inevitably it will sound a little different in the live environment. We are ok with that however, as there is something unique about the live performance.

  • How do you consider playing live ? Is it a way to perform your music differently ?

Sometimes we might add extra parts, or jam on a longer outro to a song. Sometimes we improvise a little bit in-between songs, to keep the set flowing. We don’t like long pauses of silence on stage, we are more comfortable surrounded by noise!

  • What kind of reactions did you get from your audience after your new album went out ? How do people react while listening to it ?

I think it has been mostly positive reactions, I think people are really digging the record. Some have remarked on the unique sound, how each song seems to flow into the next. I haven’t heard anything bad yet, but I know it’s not to everyone’s taste.

  • You are about to come to France. Anything you want to tell to your public there ?

We can’t wait to play in France, it will be our first ever performance there. We really love the culture and history of France, and we are so excited to be playing in Paris and Nancy. I hope this will be the first of many visits.

  • Anything else you would like to say ?

Merci pour votre temps !

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