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[Live] Yalta Club et Aymeric Maini au Ferrailleur

La soirée était belle et le soleil radieux au Ferrailleur, le jeudi 9 février dernier. De l’intime à l’emphase, de l’acoustique à l’électro, le public a apprécié la sincérité et le talent d’Aymeric Maini et de Yalta Club.

Yalta Club – crédit : Fred Lombard

En 2017, une guitare et une voix peuvent encore surprendre et graver dans nos têtes des mélodies belles et tenaces. Assurant in extremis la première partie de Yalta Club au Ferrailleur, Aymeric Maini a séduit l’audience au fil de chansons imprégnées de soul et de blues. Avec beaucoup de génie et de classe, le répertoire de l’album « Sun Is Back On The Way », sorti en 2016, est présenté dans un format épuré. Secondé par David Le Deunff aux chœurs, Aymeric Maini démontre la force de ces titres délestés des boucles de claviers et autres roulements sur les toms qui seront de retour sur cette même scène le 15 juin prochain. Pour l’heure, la prestation est juste et appréciée.

Les accords de guitare lestes et percutants donnent le (up)tempo et les harmonies vocales finissent de parfaire le tableau. On pense facilement aux grands noms de la dynastie soul ; et c’est bel hommage que leur rend, de sa voix chaude, Aymeric Maini. Les compositions conservent en tous points, dans ces arrangements live minimalistes, leur fraîcheur et leur énergie. La prestation parfaite aura eu le mérite de réchauffer l’âme du public avant l’entrée en scène de Yalta Club, qui s’avérera aussi généreux quoi qu’œuvrant dans un registre bien différent.

Élégants, les cinq musiciens investissent, à leur tour, le plateau, et ce sont alors des sonorités pop qui nous submergent. Le récent « Hybris » est défendu corps et âme et la ferveur se propage dans les rangs. Saluons l’audace du groupe qui trouve sa voie au long de morceaux faussement simples, loin des schémas de composition par trop entendus. L’effervescence dont témoigne le nouvel album est bien présente. Un clavier indus pousse un mellotron vers la sortie avant que des accords synthétiques de pop fluo ne s’incrustent en remuant. L’ensemble est chaloupé et l’Afrique a fait le déplacement aussi bien derrière les fûts qu’à la guitare. 30 ans après sa sortie, « Graceland » de Paul Simon continue d’entraîner les jeunes pousses dans son sillage. Le point d’orgue de la soirée a lieu avec « Exile », qui relate l’actualité récente souvent dramatique. Longues nappes aériennes, chœurs en apesanteur ; le temps se suspend et le résultat est sublime. L’émotion est palpable et la tension est délivrée dans un sursaut final où le public est invité à la danse. Déchaînement paroxystique également sur « Love », voulu comme un pied de nez à la terreur et donnant une envie irrépressible de fraternité et de rassemblement.

Le public saute et ondule, la liesse se propage de la scène à la fosse, un clavier chaâbi s’emballe et la partie est gagnée pour le groupe qui réussit à transposer en live la production soignée et exaltée de son dernier LP. Des passages a cappella surviennent entre beats afro et envolées électro-pop. Loin d’être désorienté, on aime à se perdre dans ce Neverland tour à tour coloré, grave, joyeux et lascif. La prestation s’élève et prendra fin avec le retour des chœurs de « Exile », à nouveau entonnés à l’unisson. Très beau final que le rappel ne gâchera en rien. Le groupe vient se placer au cœur du public pour reprendre « Love » et les harmonies vocales rejailliront sans artifice. Les voix des Yalta Club se mêlent pour se sublimer, rejointes par celles des spectateurs, et l’apothéose survient lorsque ce petit monde se reprend à danser. Sous le signe de la générosité, Yalta Club convainc ; et gageons que ses cinq membres attireront beaucoup de monde avec eux sur leur route.

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