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[LP] H-Burns – Kid We Own The Summer

À ceux qui en douteraient encore, le Français Renaud Brustlein, alias H-Burns, est définitivement l’un des meilleurs songwriters pop actuels. Son nouvel album, « Kid We Own The Summer », en est d’ailleurs la preuve la plus formelle à ce jour. Depuis son opus « Night Moves », H-Burns s’affranchit en effet de plus en plus de sa propre généalogie, s’éloignant du folk alternatif symbolisé par Bonnie Prince Billy et dépassant les déflagrations indie américaines des années 90 pour plonger dans une musique de plus en plus personnelle et de plus en plus mature. Maturité n’est néanmoins ici absolument pas synonyme de profonde gravité, tant ce disque est parcouru par une délicieuse candeur, qui n’oublie pas d’être sensible le moment venu.

« Kid We Own The Summer » s’ouvre comme une évidence sur le tendre « We Could Be Strangers », qui annonce d’emblée la couleur. Sans en faire trop, ce morceau convoque des arrangements précieux et précis, soulignant avec bonheur des harmonies vocales légères et généreuses. La simplicité est au rendez-vous ; une simplicité heureuse et intelligente, qui vise au plus juste et ne nous quittera pas pendant toute la durée du voyage. Il faut oser débuter un album de la sorte, sans craindre de laisser son auditoire sur sa faim. Or H-Burns a opté pour une solution imparable : ne jamais faiblir d’un pouce et aligner des pop-songs parfaites comme des perles, épaulé par son excellent groupe du moment, élégant et malin. Plus facile à dire qu’à faire, et pourtant… Sur « This Kind Of Fire », H-Burns nous ferait ainsi facilement oublier les beaux moments passés avec Ben Gibbard, la voix de Death Cab For Cutie et The Postal Service. Le chant s’élève au dessus d’un nuage de claviers et de guitares évanescent, bientôt rejoint par la batterie énergique de Yann Clavaizolle.

À la première écoute, ce LP a même quelque chose de totalement agaçant, tant chaque nouvelle plage induit un ravissement ébahi. Pas étonnant de retrouver, une nouvelle fois, l’empreinte de Rob Schnapf dans le dessin final d’une esthétique musicale forcément marquée, mais qui rend indéniablement grâce aux très belles chansons de Renaud et à son interprétation tout en retenue. Et il faut bien attendre les premières notes acoustiques de « Linger On » pour redescendre sur terre. Car c’est une certitude : « Kid We Own The Summer » est une formidable invitation vers un ailleurs où ces doux instants empreints d’une nostalgie finement « eighties », permettent de mieux regarder la vie droit dans les yeux. En toute sincérité, voilà ce que nous racontent en substance « Minor Days » et « I Sail In Troubled Waters » qui, après plusieurs écoutes, sont devenus nos petits chouchous.

crédit : David Canadas

À l’image des plus passionnants musiciens/songwriters américains « indie », comme Lou Barlow, Jay Mascis, Troy Von Balthazar ou encore Jason Lytle, H-Burns vient tout simplement de livrer l’un des plus beaux disques de pop de ces dernières années, véritable contre-pied sensible et humain à la dépression post-industrielle qui envahit la sphère musicale actuelle.

« Kid We Own The Summer » de H-Burns est disponible depuis le 3 février 2017 chez Vietnam / Because Music.

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