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[Live] Foals au Zénith Arena de Lille

On avait laissé Foals en 2013 à l’Aéronef avec le sentiment d’avoir vécu un très, très grand concert ; de ce ceux dont on aime à se rappeler. Mémorable, c’est le mot. Entretemps, le groupe a encore grandi avec la sortie de « What Went Down », comme il le fait à chaque album, élargissant un peu plus sa fanbase. Ce qui l’amène à remplir des Zéniths. Enfin remplir Avouons que le Zénith Arena de Lille est loin de faire salle comble en ce 29 février. Et avouons aussi qu’on appréhende un peu. Alors qu’on a déjà fait une croix sur la qualité sonore du concert (le Zénith de Lille a l’une des pires acoustiques qui puisse exister), et si le public n’était pas au rendez-vous ? Pire, et si le groupe décevait ?

Foals, Zénith Arena de Lille, 29 février 2016

Foals – crédit : David Tabary

La soirée débute avec le groupe Her. On se contentera de dire qu’on n’a pas très bien compris leur musique mêlant soul, pop et rock, et qu’on a cherché en vain un trait d’union avec Foals.

Quand le concert de Foals débute, on sait que Yannis Philippakis est un diesel, et on a prévu de lui laisser un peu de temps pour faire ses preuves. Le concert démarre avec « Snake Oil », issu du dernier album. Très vite, les deux rampes d’enceintes du Zénith s’arrêtent de fonctionner et le son ne nous parvient plus que de la scène. Mauvais signe ? Le problème ne dure qu’une quinzaine de secondes, mais le groupe ne s’arrête même pas de jouer et enchaîne directement avec un morceau du premier album, « Olympic Airwaves », puis décoche tout de suite un « My Number » qu’on n’aurait pas imaginé si tôt dans le concert. Manifestement, pas de préchauffage cette fois-ci : Philippakis et sa bande semblent avoir décidé de s’imposer tout de suite, et les premiers slams apparaissent au milieu de la foule.

Pourtant, l’intensité du concert retombe d’un cran avec les pourtant excellents « Birch Tree » (sans doute un des meilleurs morceaux du dernier album) et « Give It All », sans doute trop nuancés et calmes pour ce type de concert. Philippakis adresse à la foule un « Lille, on a entendu parler de vous ! » qui donne envie de lui rétorquer « Hey mec, on s’est déjà vu à l’Aéro ou au Splendid ! ». Un peu trop en pilote automatique, Foals ? Peut-être. Ou, en tout cas, un peu trop dans l’envie de satisfaire tous les fans, ceux de « Balloons » et ceux de « Providence » (les deux morceaux suivants), mais aussi ceux qui ont découvert Foals en se disant : « Tiens, elle est sympa, la musique de cette pub Pages Jaunes ! Je vais regarder sur Google ce que c’est ». On caricature, mais on sent vraiment le groupe un peu paumé.

On est sur le point de se résoudre à un concert « honnête mais sans plus » de Foals quand, soudain : « Spanish Sahara ». Qui aurait pu croire que ce morceau d’inspiration très post-rock pouvait, avec son introduction douce et son crescendo intense, fonctionner comme une catharsis sur le groupe ? À partir de cet instant, plus rien ne sera comme avant. Philippakis semble totalement libéré et on a même l’impression que le son du concert devient meilleur. « Red Sock Pugie » frappe alors la foule comme un coup de folie. Les bras se lèvent, les corps s’agitent dans un grand moment de chaleur et de partage. Vient « Late Night », moment vibrant et touchant. Alors que le morceau se termine et que Foals s’apprête à enchaîner directement avec « A Knife in The Ocean », Philippakis est obligé de s’arrêter net car une partie du public face à lui continue de chanter « Stay with me ! ». Ce à quoi il finira par répondre : « Nous sommes là avec vous, nous n’allons nulle part ! ».

Et que dire d’ « Inhaler » ? Dernier morceau joué avant de sortir de scène, où Yannis Philippakis donne toute la mesure de la puissance et de la force de sa voix ; un peu comme si, alors qu’il hurle « I can’t get enough space », ce gigantesque Zénith n’offrait plus assez d’espace pour contenir son timbre.

Alors que le rappel est l’occasion pour les photographes d’entrer en piste (jolie initiative du groupe, qui offre les trois derniers morceaux plutôt que les trois premiers, pour favoriser des images plus vivantes), Philippakis remercie le public alors que cette date marque la fin de la tournée européenne de Foals. Si le groupe s’offre une petite respiration en jouant « London Thunder », c’est bien une dernière explosion qui clôturera le concert avec l’enchaînement des gigantesques « What Went Down » et « Two Steps, Twice », deux titres qui donneront l’occasion à Philippakis d’aller se frotter une dernière fois à la foule.

Les lumières se rallument et le groupe sort de scène en nous laissant le souffle court. On se demandera une nouvelle fois comment ce groupe, qui communique finalement assez peu, et son leader, au charisme inversement proportionnel à sa taille, peuvent nous faire cet effet-là. Mais peu importe la réponse ; on en redemande encore et encore.

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