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Groove caniculaire au Chabada : Union et General Elektriks

Jeudi dernier, il est 20h30 quand j’arrive au Chabada pour récupérer mon pass photo pour le concert d’Union et General Elektriks.
J’y rencontre, dès mon arrivée, l’un des responsables du lieu, François Delaunay, admiratif du travail réalisé par notre média et me propose de poursuivre la discussion devant la grande scène.

Je descends donc, pass en ma possession, dans la grande salle où je retrouve l’ami Jordane Chaillou, photographe assidu des rendez-vous du Chabada, déjà présent à la soirée canadienne où Half Moon Run et Monogrenade étaient à l’honneur.
Je suis vite rejoint par François, qui me présente avec passion son rôle au sein de sa structure et son action de suivi et d’encadrement de groupes, en prenant l’exemple du collectif C2C (Beat Torrent et Hocus Pocus) à l’affiche le 22 septembre prochain.

Avant que ne démarre le concert, je peaufine les réglages de mon appareil, pour ne pas rater mes premiers clichés de la soirée, et le premier groupe de la soirée ne tarde pas à apparaitre à travers le brouillard lumineux couvrant l’ensemble de la salle.

Le duo parisien Union s’installe aux claviers, lançant des samples depuis leur mac ou la MPC, pour nous présenter des extraits choisis de leur debut album « Analogtronics », sorti il y a quelques mois.
Le public est déjà bien présent dans la salle pour l’ouverture, et semble plutôt apprécier ce premier acte de la soirée, sorte de sound system mélangeant samples hip-hop aux feats de renom (Talib Kweli en tête) et sonorités électroniques léchées.

Le son, parlons-en. Les beats sont bien présents, et nous plongent dans une ambiance nord-américaine un peu underground rappelant NAS et son World Is Yours mâtiné d’un soul décontracté.

Même si musicalement donc le set est étonnamment bien construit et prenant – les puristes de la culture hip-hop présents ce soir-là ne le nieront pas – le jeu de scène, quasi absent, pour les deux MCs avait de quoi décevoir.
Dans leur bulle, à un bon mètre du sol, j’aurais aimé décoller davantage en leur compagnie, eux qui ont davantage livré un set intimiste et calibré pour un auditoire déjà conquis, que pour un public qui, ce soir, attendait un spectacle détonnant à l’image de la tête d’affiche.

Un son maitrisé, mais sans prise de risque réelle… un manque de communion avec le public, voilà ce qui a certainement fait défaut à cette courte première partie d’à peine trente minutes.
Les avis seront d’ailleurs, à la fin de ce set, très partagés, entre une musique intéressante avec  un bon rythme dans les compos et des enchainements bien gérés, et ce côté un peu autarcique ressenti par quelques membres de l’auditoire.

L’entracte ensuite. Le public se rafraichit au bar pendant que les techniciens du Chab s’activent pour mettre en place les nombreux claviers et autres installations des très attendus General Elektriks.
Sans être un grand aficionado du dernier album « Parker Street », j’attends impatiemment de voir les titres révélés sur scène.

Quand tous les branchements sont faits, c’est dans une obscurité quasi totale qu’apparait Hervé Salters. Et ça démarre en trombe sur The Spark, premier single du dernier album.
Le public est à fond dès les premières notes, le titre étant sur toutes les langues et dans tous les esprits.
Le leader de GE saute, croise les jambes en cadence suivi par le reste du groupe.

Il faut dire que ceux qui l’entourent ne sont pas en reste et assurent leur part du spectacle !
Jessie Chaton, leader à temps partiel des déjantés Fancy vient donner sa part de folie so glam à une salle comblée et sous le charme, alors qu’Éric Starczan, sorte de Miles Kane à la française s’éclate avec classe à la guitare. Derrière eux, Norbert Lucarain, livre une épatante démonstration de vibraphoniste et de batteur, tandis que Jordan Dalrymple, montre qu’il est maitre de son MPC.

Des bêtes de scène, assurant aux spectateurs un divertissement autant sonore que visuel. D’ailleurs, les jeux de lumière participaient grandement, ce soir-là, à l’immersion du public avec les larges blocs rectangulaires en LED en arrière-plan rappelant le côté électrique du projet.

Le public ne pouvait qu’entrer dans le jeu du chanteur claviériste fou, au groove délirant accompagné par une formation instrumentale à la hauteur. Et c’est peu dire !
Le groupe enchainera pendant une bonne heure et demie, avec deux beaux rappels euphoriques,  des titres des trois premiers albums dont l’incroyable « Raid The Radio » du second album Good City For Dreamers , un « Show Me Your Hands » où le public a répondu présent à 200% (extrait de Parker Street), et « Tu m’intrigues », succès français du premier album Cliquety Kliqk.

Le public angevin était ce jeudi soir chaud bouillant, et alors que le temps devenait enfin estival, ce fût la vraie canicule dans la salle.
Hervé et sa bande ont totalement métamorphosé le public, l’entrainant dans leur saine folie, bras en l’air, le sourire aux lèvres.

Une très belle prestation qui a su me prouver qu’entre une version studio et une version live, le ressenti d’un album peut se trouver totalement chamboulé pour le plus grand plaisir des sens.

Tracklist de General Elektriks :

The Spark
Take Back The Instant
Helicopter
Frost On Your Sunglasses / Warhol
The Genius And The Gangster
Pack Up Your Bags & Go
Little Lady
Show Me Your Hands
Raid The Radio
David Lynch Moments
Tu m’intrigues
Tomorrow
Holding Down The Fort
Bloodshot Eyes

soundcloud.com/unionmusic
general-elektriks.com

Un grand merci à l’équipe du Chabada, et notamment à Silke et François, pour l’invitation à cette soirée une nouvelle fois réussie.
Crédit photos : Fréd Lombard (moi-même) / fred@indiemusic.fr

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Une réponse à Groove caniculaire au Chabada : Union et General Elektriks

  1. agnes 30 mai 2012 à 13 h 31 min #

    Entre le texte (belle plume !!) et les photos (bel œil !!) il ne manque plus que le son pour se sentir transporté dans la salle du Chabada !!!
    Je dis : ENCORE !!!!

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