
Mais qui est Arne Vinzon ? Le buzz qui a suivi leur prestation sur France O a été retentissant. Le morceau « Lente dépression » laissait une impression de Joy Division un peu kitch et difficile à interpréter : farce potache au second degré ? Ou authentique artiste décalé ? Le 4e album de ce duo, « Le Monde Entier », apporte des réponses. Alors certes, le nom des chansons, comme « Mon petit lapin mort » ou « Mon téléphone il est super », n’aide pas à s’y retrouver.
Et oui, la poésie psychédélique qui constitue les paroles, et qui contribue grandement à l’ambiance de l’album, peut avoir un rendu un peu bizarre, comme lorsqu’on se retrouve face à des wapitis tout doux.
Mais si cet univers peut paraître dénué de tout sens et sans queue ni tête, c’est justement l’inverse qui apparaît au fur et à mesure.
La musique d’Arne Vinzon pourrait être l’équivalent d’un tableau de Dali, ou d’un film comme Rubber, a priori décousu et halluciné, mais dans lequel le tout se révèle finalement complètement cohérent et surtout plus profond que ce que l’on pouvait imaginer au départ.
« Lente dépression » justement, qui peut paraître totalement absurde et sinistre à la première écoute, se dévoile peu à peu comme une machine de guerre redoutable. Sombre, pénétrante, mais surtout incroyablement entêtante.
Musicalement, on découvre deux visages, dont l’alternance rend l’écoute de l’album riche et pleine de surprises. La pop moelleuse aux accents électroniques, qui rappelle les meilleurs moments de Mickey 3D ou d’Elista, se mélange et s’entremêle à une cold-wave plus sévère, mais toujours aussi décalée.
Arne Vinzon pourrait être le groupe qui aurait mérité d’exploser dans les années 80 et devenir culte, ou d’être le chef de file d’une « nouvelle vague froide » barrée dans un futur pas trop lointain.
Finalement, le secret de la musique et des motivations d’Arne Vinzon pourrait bien être révélé dans la lumineuse « Tempête du mois doux » : « J’aimerais faire une chanson incroyable dont le sens inconnu toucherait le cœur des pauvres gens ».
L’univers d’Arne Vinzon est un marshmallow acide obsédant et touchant pour celui qui accepte de s’y laisser entrainer.