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Ce genre d’interview avec Alexandre Barbier

Alexandre Barbier, c’est ce genre de mec qui aime faire épouser des mélodies pop à la langue française. Ce genre de mec qui donne de l’importance aux choix des mots. C’est aussi à ce mec que j’ai proposé une interview, pour ce genre de raisons et pour discuter autour de « Ce genre de fille », premier extrait de son futur EP.

  • Salut Alexandre, tu te définis toi-même comme un chanteur de « pop française ». Cette pop française, c’est quoi pour toi ?

Pour moi, la pop c’est quelque chose qui se situe entre la variété et le rock.
Pop française, parce que j’écris en français, c’est ma langue. Je n’ai jamais eu de doute sur l’identité linguistique de ma musique. La langue française est suffisamment riche pour essayer d’écrire de bonnes chansons. Si j’écrivais dans une autre langue, je serais incapable de jouer avec le sens et le son des mots, je ne pourrais pas donner plusieurs sens de lectures à une même phrase.
Je pense que si j’écrivais dans une autre langue, mes chansons seraient vides.

  • Biébar est devenu Alexandre Barbier, qu’est-ce qui a motivé ce changement ?

Le nom déjà. Je ne me retrouvais pas ou plus dans ce pseudo. J’avais souvent le droit à : « Justin Biébar, c’est ça ? » ou encore : « C’est drôle, Biébar c’est presque Bénabar, mais tu chantes comme Raphaël ! » J’avais de plus en plus de mal à parler de mon travail, ce nom commençait à me faire baisser les yeux.
Alors que j’avais déjà beaucoup de doute sur le patronyme de mon projet, Alan Gac (manager de Katerine, fondateur de Cinq7…) m’a fait prendre conscience que mon vrai nom était cool, qu’il se retenait facilement grâce à son côté « imagé ».
Et puis, ça sentait quand même la fin d’une époque. J’avais l’impression de ne pas pouvoir emmener mes chansons plus loin dans cet état.

  • Fonctionnes-tu toujours sur le principe du projet solo avec des intervenants ou peut-on dire qu’Alexandre Barbier est le projet d’un groupe ?

Oui, c’est plus que jamais un projet solo. Pour moi écrire une chanson est un acte solitaire, presque un acte de solitude. J’imagine que si je composais en groupe, ma pudeur prendrait le dessus sur le reste, et j’aurais énormément de mal à me livrer comme j’essaie de le faire.
Une fois que j’ai réussi à obtenir un squelette de chanson qui tient à peu près debout, j’aime bien m’entourer. J’ai souvent une idée assez claire de là où je veux emmener un morceau, mais comme je suis un musicien moyen, ça sonne moins bien que dans ma tête, donc je me résous à faire appel à des amis musiciens.
Pour mon EP, comme j’avais peur de me tromper sur cette idée claire, j’ai fait appel à un réalisateur : le leader de « La Californie ». Groupe d’éléctro-pop qui va bientôt sortir un premier EP produit par Florent Livet (The Rapture, Chromeo, Phoenix…).

  • Il y a plus d’un mois, tu présentais ton premier titre  » Ce Genre de Filles  » à l’ambiance pop feutrée, un peu électronique comme les relations dont tu parles dedans. « On se parle sans se connaître, on se regarde dans des fenêtres ». Tu y dresses un portrait réaliste de notre société, celles des jeunes qui préfèrent faire leurs rencontres numériquement que par un contact véritable. Est-ce un regard détaché de ce phénomène que tu poses dans cette chanson ou à l’inverse un regard critique sur ta propre relation au numérique ?

Ce n’est pas exactement le bilan de ma relation au numérique, mais c’est encore moins un regard détaché de ce phénomène. Tous les gens (ou presque), qui ont un Facebook sont amenés un jour ou l’autre à « discuter » avec des inconnus. J’ai écrit cette chanson il y a 2 ans. Une fille que je ne connaissais pas vient me « parler » et sa première phrase, j’exagère à peine, était: « je veux te rencontrer ».
À l’époque j’ai trouvé ça dingue. Cette histoire m’a trotté dans la tête et c’est devenu « Ce Genre de Filles ». Mais je crois que si c’était arrivé aujourd’hui, j’aurais trouvé ça presque normal parce que la drague virtuelle s’est banalisée.

  • Tu prépares actuellement un premier EP. Vise-t-il ce but, décrire ta vision du monde d’aujourd’hui en prenant pour objet d’étude les relations les uns aux autres, celles du voisin de palier, du conducteur de bus ou que sais-je du facteur ?

Il va décrire la vision de mon monde à moi, de mon propre rapport aux autres.
C’est mon quart d’heure égocentrique d’écrire des chansons. Et puis je sors trop peu pour rencontrer mon facteur !

  • Tu collabores sur ce projet avec l’illustratrice Vanessa Grünbaum, comme ce fût le cas – dis-moi si je me trompe – sur ton précédent projet, Biébar. Qu’apporte-t-elle à ton univers et comment collaborez-vous ensemble ?

J’ai travaillé avec d’autres illustratrices auparavant, mais avec Vanessa, c’est récent. Elle participe à la quasi-totalité de mon univers graphique. C’est une artiste complète, elle a un style bien à elle autant avec un crayon dans la main qu’avec un appareil photo devant les yeux. J’accorde beaucoup d’importance à la partie visuelle dans ma musique.
Maintenant avec internet, les gens voient souvent l’univers graphique d’un artiste avant d’écouter son travail, c’est donc important de donner envie.
Avec Vanessa, on confronte nos idées, on essaie également de les canaliser pour arriver, j’espère, à un ensemble harmonieux.

  • Tu vas très prochainement sortir ton premier clip, illustration en vidéo de « Ce genre de filles », tu peux m’en parler un peu ?

On le « fabrique » de manière très artisanale avec des bouts de ficelle, sans budget, sans grande connaissance technique. C’est sans doute pour ces raisons que ça prend plus de temps que prévu. Comme la chanson est plutôt narrative, on a choisi le contre-pied en le voulant avant tout esthétique.

  • En concert, Alexandre Barbier, ça va ressembler à quoi ? Intimiste, passionné, dansant, fou ?

Je commence seulement à réfléchir doucement aux concerts, parce que j’avais envie de ne surtout pas y penser pendant l’enregistrement des premiers titres.
Avoir des contraintes c’est bien, mais avoir celle du live, c’est assurément trop.
Je pense que pour commencer, je me présenterai seul avec une boite à rythmes et une guitare donc ça restera « intimiste ».  Je veux faire ça par « goût » des concerts en solitaires, mais aussi par réalisme. Je suis au début de mon projet, c’est l’étape des présentations et j’ai l’impression qu’il vaut mieux être en formation allégée pour se faire une petite place sur scène. Mais j’ai déjà ma short-list de musiciens en tête si par la suite je suis amené à avoir plus de pouvoir. Ce jour-là, ce sera sans doute un peu plus sautillant.

  • Où as-tu prévu de passer au cours des prochaines semaines pour présenter tes premiers titres ?

Pour l’instant, je vais encore passer un peu de temps en studio pour finaliser les morceaux. Ensuite, j’y verrai un peu plus clair. On m’a proposé des « DJ set », ça m’a surpris, mais ça va peut-être se faire. Après pour ce qui est des concerts, c’est encore flou pour l’instant, il y en aura c’est sûr ! Où et quand ? Sans doute à Paris pour commencer, dès la rentrée.

  • Dernière question, pas trop dérangeant d’avoir un homonyme footballeur au stade de Reims ? Ça pourrait t’inspirer une chanson ?

C’est un peu dérangeant sur le web parce que pour l’instant quand on me cherche, on le trouve lui. Si un jour j’en viens à écrire sur ce genre de thèmes, j’espère que mes proches auront la décence de me dire que je me trompe de chemin.

Alexandre Barbier est à retrouver sur sa page facebook, et sa musique sur sa page soundcloud.

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