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Half Moon Run, impeccable et fascinant

Half Moon Run a fait le choix d’ouvrir son premier album Dark Eyes sur son single. Un jeu souvent risqué pour un groupe ; livrer dès le commencement un titre accompli sans amener la primeur d’autres découvertes. Après mes premières écoutes, il faut bien l’admettre, ce choix est payant, incontestablement.

Full Circle, c’est donc cette mise en bouche magistrale offerte par Half Moon Run, trio canadien d’Ottawa installé depuis peu à Montréal, qui fait déjà fort bien parler de lui outre-Atlantique. Avec leurs mélodies folks et un trio de voix sublime, la magie opère sur ce titre sans tarder. De la grande et belle musique, aux arrangements fins et aux rythmiques envahissantes.

Call Me in The Afternoon enchaine avec un hymne ensoleillé porté par la voix jeune et rafraichissante de son chanteur Devon Portielje. Une ballade indie folk construite comme l’écriture d’un scénario, dans une progression palpitante digne d’un road movie.

No More Loosing The War prend une direction dramatique, authentique et intimiste, à contre sens des premiers titres.

Puis She Wants To Know nous ramène explorer les premiers territoires conquis par le groupe, et c’est finalement bien plus qui se produit. Le son prend une ampleur considérable, renforcé par les touches insistantes du clavier et des chœurs aux airs de spectres.

Le blues s’invite ensuite et sur Need It, un exercice de séduction se met alors en place. Nous nous retrouvons entrainés dans un slow parfaitement amené accompagné d’une instrumentation en parfaite adéquation, orgue et cordes en fond. Un ensemble sublime.

Alors que Give Up livre une autre de ces belles ballades, rythmées et sensibles aux complets qui viennent nous prendre par la main, un titre s’égare particulièrement, Judgement, pop-rock électrique pas vraiment raccord avec le reste. Perdu et étrangement positionné.

A l’inverse, Drug You, nous ramène dans le droit chemin, vers cette ambiance atmosphérique, où Devon entre dans une transe secondaire en présence de ses acolytes Dylan et Conner. Magistral, planant et brillant.

Nerve change une nouvelle fois la donne avec une carte postale pop aux parfums des tubes des 80s. Un écart délicieux qui se laisse apprécier cette fois-ci.

Fire Escape nous dirige vers la sortie de l’album, sur cet avant-dernier titre, aux harmonies épurées et aux instrumentations effacées ;  guitare, harmonica, voix et chœurs. Un minimalisme, une intimité, qui dévoile tout son charme et vient flatter notre oreille, une fois de plus.

21 Gun Salute clôture ces quarantes minutes d’un premier album infiniment abouti, sur un titre appelant l’univers électro-indie expérimental des New-Yorkais de Phantogram, osons même d’Alaska In Winter.

Quand on découvre Half Moon Run, il y a de la familiarité, une impression de déjà entendu ; peut-être, simplement parce que leurs morceaux réussissent ce pari insensé de s’inscrire dès la première écoute dans notre esprit pour ne plus le quitter.

Sorti le 27 mars dernier au Canada, il y a fort à parier que le succès pour le groupe se répète dans nos contrées ! En un seul et premier coup d’essai, Half Moon Run réalise un album remarquable et mémorable comme le furent Everything All the Time de Band of Horses et Absolutes de Barcelona.

Une chance, vous pouvez, dès maintenant, découvrir Dark Eyes en intégralité et le commander en digital sur leur page bandcamp : halfmoonrun.bandcamp.com et vous pourrez surtout les découvrir dans nos contrées françaises dans quelques semaines. Ils seront en effet à la Flèche d’Or le 27 avril et pour les angevins comme moi le 2 mai prochain au Chabada. Un rendez-vous que je souhaite de tout cœur ne pas manquer.

halfmoonrun.indica.mu/fr/

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Une réponse à Half Moon Run, impeccable et fascinant

  1. oliv 26 septembre 2013 à 21 h 17 min #

    Le meilleur groupe que j’ai eu le loisir d’écouter, certainement un devenir de grand groupe comme Coldplay ou Radiohead. Si tu as un EP inconnu, je suis preneur. Bravo pour ton article, need it me donne des frissons !

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