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Entrez dans le vortex…

Vendredi soir, j’avais donné rendez-vous au groupe rennais Vortex dans un bar de la capitale bretonne. Ils m’ont parlé de leurs projets, de leur suivi artistique ainsi que de la sortie de leur 1er album. Et tout ça, c’est à découvrir dès maintenant sur indiemusic à quelques jours de leur concert en compagnie d’X-Makeena, vendredi soir.

  • Salut les gars, pour ceux qui ne vous connaissent pas, Vortex qu’est-ce que c’est ?

Gilles : Vortex, ça part de pleins de trucs et ça arrive sur des choses qui n’ont pas forcément grand-chose à voir entre elles, mais qui étrangement sont liées toutes ensemble…
A la base, on ne voulait pas faire de la musique conventionnelle et cela nous a amenés à dériver sur de l’électro, sur du métal et sur plein d’autres trucs. On voulait vraiment que cet esprit-là, expérimental, se retrouve aussi dans les textes. On s’est interdit de parler de politique ou d’écrire des textes engagés. On voulait avant tout créer un univers et on a lancé l’idée de faire une histoire par album.
Si l’occasion se présente de faire dix albums, il y aura dix histoires à découvrir, on l’espère.

Guillaume : Le but est quand même de faire de la scène et de faire bouger les gens, en foutant bien le bordel. Vortex, ça se résume à quelque chose d’assez dark quand même. Notre musique est joyeuse, fin elle est dansante, mais si tu l’approfondis, si tu enlèves la musique et que tu écoutes les paroles, c’est relativement dark quand même. C’est un peu du conte pour adultes visibles par des enfants, parce qu’il y a un super masque de nounours qui a un pansement sur le front !

  • En résumé, à quoi se résume votre 1er album « L’ Héritage de Lyrix Von Grafenberg » ? Quelle est l’histoire de cet album ?

Gilles : C’est la vie d’un homme avec des idéaux discutables pour certains, moins discutables pour d’autres. Ça dépend de la position de chacun. Il devient schizophrène et on le suit dans toutes les étapes de sa vie, qui correspondent à des facettes de sa personnalité… Et plus ça avance, plus on le découvre dans la déchéance et c’est là qu’on tombe vraiment dans quelque chose de noir. C’est à la fois contemporain et complètement imagé.

Guillaume : Il y a de la folie ; c’est un personnage à la fois complet et complexe.

Gilles : Je pense que si l’on fait pas mal de dates, la trame sera sûrement développée. Il y aura des nouveaux morceaux qui permettront d’arriver sur de nouvelles séquences. Actuellement, on a fait avec le temps qu’on a eu, on est relativement content du résultat, mais je pense qu’on a encore beaucoup de choses à dire sur chaque personnage.

Guillaume : Et on a appris à bosser comme ça aussi. Avant l’histoire du premier album, il y avait les morceaux, mais on ne savait pas vraiment comment les exploiter sur scène, comment transmettre visuellement les émotions. On a eu la chance de travailler avec Vicking qui est l’un des chanteurs des X-Makeena, ce qui nous a apporté énormément.
On l’a rencontré à Rock aux Fées, sur une date qu’on avait en commun avec le groupe, et puis tout s’est fait naturellement. Et depuis un an et demi, on a réussi à faire la scénographie avec lui. On l’a même invité sur un titre de l’album.
Et là, on se retrouve en 1ère partie de leur dernière date à la Cité à Rennes, avec le grand retour de Strup X également. C’est une belle histoire.

Gilles : C’était une grosse aventure humaine ! Pour nous tout d’abord, parce qu’on a appris à bosser ensemble. On s’est vraiment pris la tête à certains moments, mais comme toute bonne relation de travail, y’a toujours des moments où tu n’es pas d’accord. C’était aussi une grosse aventure de bosser notamment avec Vicking, et avec d’autres gens qu’on ne connaissait pas forcément très bien, ce qui n’était pas facile. Bref, c’est beaucoup de choses au final ! En plus, on fait notre sortie d’album quand X-Makeena arrête ; avec l’historique qu’on a en commun, c’est un beau concert qui nous attend.

Guillaume : Ça va être cool. On a appris beaucoup cette année ! Par exemple qu’il n’y avait pas que les répéts, la musique et les concerts ; qu’il y a toute une vie autour de ça.

  • Et comment faites-vous pour que l’image aille de pair avec la musique ?

Guillaume : On a beaucoup bossé la scénographie en résidence, avec la confection de costumes. Heureusement pour ça, on a eu les copines des zikos ou les copines des intervenants. Sans elles, c’était pas gagné parce qu’on n’est pas spécialement à l’aise avec du fil et une aiguille dans le groupe.
Ce qui a été chouette là-dedans, c’est qu’il y a beaucoup de gens qui sont venus se greffer autour du projet.
On a eu l’aide de Ronan du label Showmethesound pour la logistique, le Crij de Rennes qui nous a financé en partie le projet d’enregistrement et le Conseil Général qui nous a débloqué des bourses.
Au final, on a enregistré l’album à Paris dans un camping-car dans le 93, c’était complètement incohérent !
On sortait de studio et on allait dormir dans le camping-car. On a mangé des doubles-cheeses pendant 2 semaines quand il était encore à deux euros !
On était chez Mouss’ des Mass Hysteria à ce moment-là. Du coup, c’était cool aussi ! Une belle aventure, ce voyage à Paris. Le fait d’être tous dans un camping-car, tu sais vite si tu es compatible ou pas au final avec le reste de l’équipe, c’était le bon test.

Gilles : C’est vrai, c’était fatigant, éprouvant, mais c’est avant tout un super souvenir. On a eu cette chance de croiser beaucoup de monde et ça nous a aidés parce qu’on avait plusieurs idées sur pleins de choses ; sur l’histoire, sur les costumes, sur la scénographie, sur notre musique et ça nous a aidé à faire ces choix.
On a vraiment tout fait de A à Z, et après on s’est partagé le travail entre nous quatre.
Mais y’a pleins de choses où on ne savait pas comment s’y prendre. Plein de gens qui ont aimé notre projet nous ont filé un coup de main. Par exemple, les photos, si on s’était démerdé avec celles prises avec nos portables, ça aurait été du joli, tu vois!
C’est un coup de cœur pour tout le monde, je crois. C’est notre projet et on s’est bien entouré. On a toujours privilégié les gens qui aimaient le projet plutôt que les gens qui avaient envie de bosser. Les deux sont importants et on a réussi à joindre les deux au final, et c’est une bonne chose.

  • Et qui compose Vortex, combien êtes-vous et qui fait quoi ?

Guillaume : Julien est notre guitariste, il fait la programmation machine aussi. Il y a Kaly qui est le batteur, il a son Mac aussi en live et il balance les samples. Il y a Gilles à côté de moi qui est bassiste et qui fait un peu de chœurs, des voix, du back. Et il y a moi au chant.
Il y a aussi Flo’ qui est notre lighteux, Guit’ qui est notre sondier et on a eu Vicking en scénographe pendant un moment. Pour ce qui est de l’équipe de vidéo, pour l’instant, on bosse avec ForTheShoot et Ronan de Showmethesound qui nous a filé pas mal de tuyaux.

Gilles : C’est tout un truc quoi ! Concrètement Vortex, c’est nous quatre, on a commencé à trois au départ en section rythmique et Guillaume nous a rejoint quelques années plus tard au chant.

  • Au début, c’était donc uniquement de l’instrumental ?

Gilles : Au début, quand on a commencé y a déjà quelques années, on voulait vraiment quelque chose d’instrumental, on ne voulait pas s’emmerder avec des paroles, sans non plus tomber dans de la musique progressive avec des solos dans tous les sens. On aimait bien l’électro, on aimait bien le métal et au final, on s’est quand même retrouvé vite à manquer de chant pour amener quelque chose.

  • Il fallait combler le vide en gros…

Gilles : Oui voilà, c’est un peu ça. Guillaume est arrivé avec nous et ça a déclenché pas mal de choses. Maintenant, il a sa place dans le projet aussi, c’est vraiment quelque chose qui se fait à quatre. On se partage entre nous le boulot et ça rend plutôt pas mal pour l’instant. On est vraiment content.

Guillaume : On apprend tous sur ce projet-là en fait, on a tous eu plus ou moins d’autres formations avant. Des petits groupes dans le garage de nos parents, qui se sont éclatés ; parce que soit, chacun partait en cours à droite à gauche, soit à cause de mecs qui n’avaient pas envie d’en faire quelque chose de plus concret. Vortex, il se trouve que c’est un projet qui rattache tout le monde à cette envie d’aller faire de la scène et de présenter bien plus qu’un concert traditionnel ; d’apporter un truc avec un côté visuel, des personnages, des décors sur scène, en entrainant le public dans une histoire.

Gilles : Faut vraiment que pendant une heure le public ait l’impression d’être dans un bouquin, avec un peu d’adrénaline en mélangeant les différents arts visuels et sonores. Avec Guillaume, on aime bien écrire. L’histoire, on l’a beaucoup bossé tous les deux. Les textes, moi j’en ai écrit une partie, Guillaume a fait l’autre partie, et après on a assemblé le tout en espérant que ça marche !

  • Visuellement, y a-t-il de la vidéo sur scène, cela repose-t-il avant tout sur des jeux de lumière ?

Guillaume : Il y a de la lumière, des décors et des costumes ainsi que des changements de personnages, mais non, pas de vidéo. On fait en sorte que l’expérience sonore et visuelle monte autant en tension qu’en relâchement, tout en conservant un côté dansant ! Si on joue notre musique à 20h les gens vont plus privilégier le côté visuel et écouter l’histoire, si on joue à 2h du matin, les gens vont être plus sensibles à l’ambiance globale, vraiment dansante, où ça part un peu en folie généralisée. C’est énergique, mais ça reste doux quand même.

  • Votre album sort mercredi, où pourra-t-on le retrouver ?

Gilles : En fait, on le reçoit mercredi ou jeudi, et on le met en vente vendredi soir lors du concert à La Cité.
On n’a pour l’instant pas de distributeur. On peut cependant l’obtenir en le commandant ; en nous téléphonant ou en nous envoyant un mail. S’il y a des gens de Rennes, on se démerde, on va se boire une bière ensemble et pis on fait l’échange. Peut-être qu’on verra éventuellement pour le déposer dans certains magasins.

Guillaume : Il y aura des points de vente, sinon on le livrera à domicile. On le vend 8 euros donc je pense que ça reste raisonnable… Il reste 2 euros sur un billet de 10 pour aller boire une bière, c’était le mot d’ordre !

  • Avez-vous reçu des propositions de labels qui veulent vous signer ou d’autres propositions intéressantes ?

Gilles : Concrètement non, y’a des gens qui se participent à leur façon au projet, qui nous aident un max et tout, mais ce n’est pas du label qui signe ou quoi que ce soit, c’est juste vraiment de l’aide ponctuelle parce que le projet plaît.

  • C’est donc une aventure humaine avant un projet dont vous pourriez vivre pour l’instant ?

Guillaume : C’est tout à fait ça. Par exemple, le label de Ronan, Showmethesound, nous aide à trouver les bons endroits où jouer. C’est très gentil de sa part, car il nous fait profiter de son réseau et en plus, humainement avec lui, ça passe très bien. Il m’a toujours dit au début que Vortex, ce n’était pas du tout sa came, mais moi je l’ai tanné pendant un ans, et au final l’humain a pris le dessus et il a commencé à s’y intéresser. De fil en aiguille, il nous a branchés avec Fortheshoot qui a réalisé notre teaser et qui revient à La Cité pour faire les plans publics, c’est chouette !

  • Et à l’avenir, qu’est-ce que vous comptez faire ? Enchainer les dates ?

Guillaume : DU ROCK’N ROLL ! Ouais, ça serait bien d’enchainer les soirées, on parlait éventuellement de retravailler une formule pour bouger un peu plus loin, avec une formation un peu plus réduite. On a cette envie de jouer également dans des endroits un peu plus petits, parce que là, le fait d’avoir les costumes, les décors, ça prend un maximum de place. L’idée serait de réduire nos contraintes financières pour le déplacement au strict minimum à travers une formule qui coûterait peu cher et qui serait adaptable en fonction de l’endroit et de la place qu’il y a.
Par exemple, on ne peut plus jouer dans les petits bars ; ce qui est dommage, parce qu’on est un peu tributaire des costumes et des décors. Sans les décors et les costumes, on ne reflète pas notre univers.

  • Le fait d’avoir bossé avec un des membres des X-Makeena, en l’occurrence Vicking, qu’est-ce que ça vous a apporté ?

Gilles : Ça nous a vraiment aidés, en tous points.

Guillaume : Plus qu’une aide même, ça nous a donné une orientation sur scène. Moi, il m’a filé pas mal de tuyaux pour améliorer ma manière de chanter.
Il a beaucoup insisté sur l’écriture, le placement sur scène ; il a vraiment mis un pied dans le projet qu’on n’espérait pas. On se disait que ça serait cool d’avoir son aide, mais il a été au-delà de ce qu’on attendait et s’en est devenu un ami, un mec avec qui on se fend la gueule et avec qui on apprécie de bosser bien sûr.

  • On peut donc dire que vous avez un bon agent artistique ?

Guillaume : Totalement, après c’est nous qui prenons la décision, mais on a les bonnes orientations, et les bonnes personnes qui nous aident.

  • Vortex, c’est au final une expérience humaine en permanence ?

Guillaume : Complètement. Ce n’est pas facile tous les jours car qui dit groupe, dit plusieurs personnes, donc plusieurs avis. On confronte souvent nos opinions, nos ambitions et nos projets.

  • C’est là qu’on reconnait si ça marche ou non, j’imagine.

Guillaume : Voilà ; c’est ça ! Il faut savoir concilier les oui et les non de tout le monde. C’est ce qui est le plus important.

Gilles : Au bout d’un moment, l’humain devient plus important que la musicalité finalement.

Guillaume : Totalement. C’est ça qui est dur, c’est de pas se faire rattraper par ce côté où faut faire les choses parce qu’il faut les faire. Il y a des priorités sur certaines dates, il y a des priorités sur certaines choses mais il ne faut pas oublier les envies de chacun, même si des fois, cela implique de faire des choses sur lesquelles on n’est pas d’accord. Il faut trouver le juste milieu entre les deux, il faut s’entendre.

  • Pour vous retrouver sur scène, avez-vous des dates de prévues ?

Guillaume : Pour l’instant, c’est en préparation. On attend d’avoir le support cd pour commencer le démarchage.
Depuis le début, on fonctionnait avec un ou deux titres sur internet qu’on renouvelait de temps à autre quand on avait du nouveau. Là, c’est le premier album depuis le début du groupe il y a 7 ans. Je pense qu’il était temps de le sortir maintenant qu’il y a eu la maturité des morceaux et un vrai côté scénique installé. On est prêt à aller faire de la date maintenant, on va prospecter, et se trouver de bons supports.

  • Je vous remercie les gars de m’avoir accordé de votre temps. A bientôt ! Si vous avez un dernier mot, allez-y !

Guillaume : Et bien, merci beaucoup Aloïs, c’était un plaisir, bonne continuation pour la suite des événements.

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